Les dermatites de contact chez les coiffeurs colligées à l’unité de dermato-allergologie du CHU de Farhat Hached de Sousse, Tunisie : aspects cliniques, professionnels, allergologiques et intérêt des patchs tests - 24/09/26
Contact dermatitis among hairdressers compiled at the dermato-allergology unit of the university hospital of Farhat Hached in Sousse, Tunisia: Clinical, professional, allergological aspects and interest of patch tests
, A. Brahem a, c, d, I. Kacem a, c, d, A. Aloui a, c, d, M. Bouhoula a, c, d, A. Chouchane a, c, d, A. Fki a, b, d, C. Sridi a, b, d, N. Bel Hadj a, b, d, H. Kalboussi a, c, d, O. El Maalel a, c, d, S. Chatti a, c, d, N. Mrizak a, c, d, M. Maoua a, b, dRésumé |
Introduction |
Le secteur de la coiffure en Tunisie a connu une croissance spectaculaire ces dernières années avec l’avènement de procédés et produits chimiques nouvellement introduits dans le marché. Ces produits exposent à des dermatoses cutanées irritatives ou allergiques ainsi que le travail humide et l’utilisation inappropriée des gants.
Objectifs |
Déterminer le profil clinique et allergologique des coiffeurs atteints de dermatite de contact et identifier les facteurs d’aggravation professionnels et extraprofessionnels incriminés ainsi que l’intérêt des patchs tests dans l’identification des principaux allergènes mis en cause.
Méthodes |
Notre étude a recensé 30 professionnels exerçant dans le secteur de la coiffure. Ces patients ont été adressés à l’unité de dermato-allergologie au service de médecine du travail du CHU de Farhat Hached de Sousse durant une période d’étude entre 1989 jusqu’à 2020. Les patients ont bénéficié de tests épicutanés (BSE et batterie coiffeurs). Le recueil des données a été réalisé sur une fiche synoptique comportant les caractéristiques démographiques et professionnelles, le bilan clinique des lésions, l’enquête professionnelle et le bilan allergologique.
Résultats |
Dans notre étude, l’atopie constitue un facteur de risque important (13,3 % des cas). La dermatite de contact allergique était plus fréquente que la dermatite de contact irritative (75,9 % et 13,8 % respectivement). L’aspect initial des lésions était dominé par les plaques érythemato-vésiculeuses (57,1 % des cas). Le prurit représentait le maître symptôme (82,6 % des cas). Le siège prédominant des lésions était les mains (72,4 % des cas). Les principaux allergènes incriminés étaient les allergènes métalliques : nickel (53,3 %), cobalt (33,3 %), chrome (13,8 %), les parfums (10 %), le baume du Pérou (13,33 %), les conservateurs : le dibromodicyanobutane (17,6 %), les parabènes-mix (10 %), le quaternium-15 et le kathon CG (6,7 % chacun) ainsi que les allergènes du caoutchouc, retrouvées dans les gants. Une déclaration en tant que maladie professionnelle a été réalisée pour 47,6 % des coiffeurs ce qui illustre le statut indépendant des travailleurs et le mal organisation de ce secteur.
Conclusion |
Ces dermatoses sont souvent récidivantes, affectent la qualité de vie des coiffeurs et entraînent des répercussions négatives sur le plan socioprofessionnel. Une meilleure prévention et l’utilisation appropriée des gants peuvent les améliorer. Parfois, l’abandon du métier reste la seule solution. Des études futures devraient inclure des évaluations plus précises de l’exposition cutanée aux différents produits chimiques utilisés dans ce secteur et cartographier tous les aspects cliniques et étiologiques afin de prévenir l’apparition de ces dermatoses chez ce groupe professionnel.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Background |
The hairdressing sector has undergone spectacular growth in recent years with the advent of processes and chemical products newly introduced to the market which expose to dermatosis as well as the wet work and the inappropriate use of gloves.
Objectives |
To determine the clinical and allergological profile of hairdressers suffering from contact dermatitis and identify the main allergens implicated.
Methods |
Thirty hairdressers were referred to the Dermato-Allergology Unit in the Occupational Medicine Department of the Farhat Hached University Hospital in Sousse, (Tunisia) from 1989 to 2020. Patients underwent epicutaneous testing. Data were collected on a synoptic form including demographic and occupational characteristics, clinical and allergological assessment of lesions.
Results |
Atopy was found in (13.3%) of cases. Allergic contact dermatitis was more common than irritant contact dermatitis (75.9% and 13.8%) respectively. The initial appearance of lesions was dominated by erythemato-vesicular plaques (57.1%). Pruritus was the main symptom (82.6%). The predominant site of lesions was the hands (72.4%). The main allergens involved were metal allergens: nickel (53.3%), cobalt (33.3%), chromium (13.8%), perfumes (10%), balsam of Peru (13.3%), preservatives: dibromodicyanobutane (17.6%), mixed parabens (10%), quaternium-15 (6.7%) and kathon CG (6.7%) as well as rubber allergens, found in gloves. A declaration as an occupational disease was made in 47.6% of cases.
Conclusion |
These dermatoses are often recurrent, affect hairdressers’ quality of life and have negative socio-professional repercussions. Better prevention and appropriate use of gloves can improve the situation. Sometimes the only solution is to give up the profession.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Dermatites de contact, Coiffeurs, Tests épicutanés, Prévention
Keywords : Contact dermatitis, Hairdressers, Patch testing, Prevention
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Vol 87 - N° 5
Article 102988- octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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