Hémorragie digestive moyenne et basse pour l’anesthésiste-réanimateur - 20/10/26
Mid and lower digestive tract bleeding in intensive care
, Natacha Kapandji a, Emmanuel Pardo aRésumé |
Les hémorragies digestives basses (HDB), situées en aval de la valve de Bauhin, représentent 20–30 % de l’ensemble des hémorragies digestives. Leur incidence augmente avec l’âge. L’hémorragie diverticulaire est la cause principale, suivie par les colites notamment ischémiques et infectieuses et par les saignements hémorroïdaires. L’étiologie du saignement reste inconnue chez un patient sur cinq. L’hémorragie digestive basse cesse spontanément dans près de 80 % des cas, mais sa récidive est fréquente. Les hémorragies digestives moyennes (HDM) situées entre l’angle de Treitz et la valve de Bauhin sont plus rares. Parmi les étiologies, on retrouve les MICI, le diverticule de Meckel et les polypes du grêle ; chez les sujets âgés, il s’agit plus souvent d’angiodysplasies (en rapport avec une insuffisance rénale ou une maladie de Willebrandt) ou d’ulcérations (AINS). Le recueil des éléments cliniques permet une orientation diagnostique. Plusieurs scores (Oakland, âge-shock index) permettent d’apprécier la gravité de l’hémorragie. L’angioscanner abdominopelvien est l’examen recommandé en première intention en cas d’HDB avec instabilité hémodynamique ; si le patient est stable, c’est la coloscopie. La stratégie transfusionnelle est actuellement plutôt restrictive par analogie à celle des hémorragies hautes, mais doit être discutée en fonction de l’état hémodynamique et des comorbidités. Il n’y a pas de preuve suffisante pour recommander l’usage de l’acide tranexamique. Chez les patients instables, l’embolisation doit être la plus précoce possible. La place de la chirurgie est en revanche limitée. Chez un patient stable, la préparation colique doit être privilégiée au délai d’exécution de la coloscopie si l’on veut améliorer son rendement. En cas d’HDM, le diagnostic repose sur l’angio-TDM et la vidéocapsule. Les approches thérapeutiques reposent sur les analogues de la somatostatine, la thalidomide, et le bevacizumab et la coagulation sous entéroscopie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Lower gastrointestinal bleeding (LGIB) – defined as bleeding originating distal to the ileocecal valve – accounts for 20–30% of all gastrointestinal hemorrhages. Its incidence increases with age. Diverticular bleeding is the leading cause, followed by colitis (particularly ischemic and infectious forms) and hemorrhoidal bleeding. The etiology remains unknown in one in five patients. LGIB resolves spontaneously in nearly 80% of cases, though recurrence is common. Mid-gastrointestinal bleeding (MGIB)–occurring between the ligament of Treitz and the ileocecal valve–is less common. Etiologies include inflammatory bowel disease (IBD), Meckel's diverticulum, and small-bowel polyps; in elderly patients, angiodysplasia (associated with renal failure or von Willebrand disease) or ulcerations (often NSAID-related) are more frequent causes. Clinical assessment helps guiding the diagnostic approach. Hematochezia is typically indicative of LGIB. Several scoring systems (e.g., Oakland score, age-shock index) are used to assess hemorrhage severity. Abdominopelvic CT angiography is the recommended first-line investigation for hemodynamically unstable patients with LGIB, whereas côlonoscopy is preferred for stable patients. Transfusion strategy currently favors a restrictive approach – similar to that used for upper GI bleeding – though decisions must be tailored to the patient's hemodynamic status and comorbidities. There is insufficient evidence to recommend the use of tranexamic acid. In unstable patients, embolization should be performed as early as possible. Conversely, the role of surgery is limited. In a stable patient, prioritizing bowel preparation over the timing of the côlonoscopy itself is key to improving diagnostic yield. In cases of obscure gastrointestinal bleeding, diagnosis relies on CT angiography and video capsule endoscopy. Therapeutic approaches include the use of somatostatin analogues, thalidomide, and bevacizumab, as well as enteroscopy-guided coagulation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hémorragie digestive moyenne, Hémorragie digestive basse, Gastro-entérologie, Hémorragie digestive
Keywords : Lower digestive tract bleeding, Mid-digestive tract bleeding
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