La maladie n’est pas le microbe : pour une approche évolutive des infections (et une prudence dans le diagnostic rétrospectif en paléopathologie) - 27/10/26
Disease is not the microbe: Towards an evolutionary approach to infections (and caution in retrospective diagnosis in paleopathology)

Résumé |
Le diagnostic rétrospectif des maladies anciennes est complexe, car les maladies du passé ne correspondent pas forcément à celles d’aujourd’hui. Même si l’on peut identifier des agents infectieux anciens grâce à la génétique et à la protéomique, les physiologies humaines, les microbiotes et les environnements étaient radicalement différents. On plaide ici pour que les maladies soient donc envisagées comme des phénomènes évolutifs, influencés par la co-évolution entre hôtes, microbes et milieux de vie. Des exemples récents montrent que certaines infections anciennes présentaient des formes aujourd’hui rares ou inattendues sur le même territoire. Les transformations de l’hygiène, de l’alimentation, des antibiotiques, des vaccins et des modes de vie ont profondément modifié nos réponses immunitaires et nos microbiotes. Les termes médicaux anciens eux-mêmes sont polysémiques et ne correspondent pas forcément aux catégories modernes. Ainsi, appliquer directement les diagnostics contemporains aux pathologies anciennes conduit souvent à des anachronismes. On plaide ainsi pour une approche contextuelle, écologique et évolutionniste des maladies passées. Notre réflexion vise à éclairer aussi la médecine actuelle, en rappelant que les maladies contemporaines restent des réalités dynamiques et changeantes. La paléopathologie devient ainsi un outil utile pour penser une médecine plus souple, personnalisée et intégrée dans une perspective de « One Health » et de santé globale.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
The retrospective diagnosis of ancient diseases is complex, as past illnesses do not necessarily correspond to those of today. Even though ancient infectious agents can be identified through genetics and proteomics, human physiology, microbiomes, and environments were radically different. This paper argues that diseases should therefore be considered as evolutionary phenomena, influenced by the co-evolution of hosts, microbes, and living environments. Recent examples show that some ancient infections presented forms that are now rare or unexpected in the same region. Transformations in hygiene, diet, antibiotics, vaccines, and lifestyles have profoundly altered our immune responses and our microbiomes. Even ancient medical terms are polysemous and do not necessarily correspond to modern categories. Thus, directly applying contemporary diagnoses to ancient pathologies often leads to anachronisms. This paper therefore advocates a contextual, ecological, and evolutionary approach to past diseases. Our reflection also aims to shed light on current medicine, by reminding us that contemporary diseases remain dynamic and changing realities. Paleopathology thus becomes a useful tool for envisioning a more flexible, personalized, and integrated medicine within a “One Health” and global health perspective.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Paléopathologie, Histoire de la médecine, Épistémologie, Histoire des maladies, Éducation médicale, Santé publique
Keywords : Paleopathology, History of medicine, Epistemology, History of diseases, Medical education, Public health
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