Exposition précoce aux perturbateurs endocriniens et développement du surpoids chez l’enfant et l’adolescent : enseignements des études épidémiologiques - 31/10/26
Association between early-life exposure to endocrine disruptors and the development of overweight in childhood and adolescence: Insights from epidemiological studies

Résumé |
Le surpoids et l’obésité infantiles constituent un enjeu majeur de santé publique en raison de leurs conséquences métaboliques, musculosquelettiques, psychologiques et sociales à court et à long terme. Chez l’enfant, une augmentation de la prévalence du surpoids a été observée au cours de la deuxième moitié du XX e siècle, et ce, à des âges très précoces, suggérant le rôle de facteurs agissant très tôt dans la vie de l’enfant. Parmi ces facteurs d’exposition précoces, les perturbateurs endocriniens (PE) pourraient jouer un rôle important au cours des mille premiers jours, fenêtre critique pour la programmation métabolique. Les PE regroupent une grande diversité de composés aux propriétés physicochimiques et aux profils toxicocinétiques variés, et sont généralement classés en trois grandes familles : les polluants organiques persistants (POPs), dont certaines substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) font partie ; les polluants non persistants, comprenant notamment les phénols et les phtalates, mais aussi certains pesticides ; et les éléments traces métalliques. Les données expérimentales soutiennent l’hypothèse d’effets des PE sur l’adipogenèse, l’homéostasie énergétique et la signalisation hormonale, mais des données humaines sont nécessaires pour la confirmer. Les cohortes mère-enfant en population constituent un outil privilégié pour étudier ces relations chez l’humain, malgré des défis méthodologiques importants. De telles études ont permis d’apporter des preuves solides d’une association entre des pesticides organochlorés, notamment le DDT/DDE et l’HCB, et les trajectoires d’IMC ou du risque d’obésité, depuis la petite enfance et jusqu’à l’adolescence. En revanche, les résultats restent hétérogènes pour les PFAS, les PCB, les phtalates, le bisphénol A et ses substituts, les parabènes et d’autres phénols, en partie en raison de la variabilité temporelle des expositions non persistantes et des difficultés de mesure. Les données sur les métaux, les pesticides non persistants et les mélanges de contaminants sont encore limitées et difficilement comparables. Cet article de synthèse souligne la nécessité de poursuivre les efforts de recherche chez l’humain, à partir d’études de cohortes de taille suffisante et permettant une estimation précise des expositions, aux périodes critiques vis-à-vis d’une potentielle programmation précoce des trajectoires métaboliques ultérieures.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Overweight and obesity in children are a major public health concern because of their short- and long-term metabolic, musculoskeletal, psychological and social consequences. In children, an increase in the prevalence of overweight was observed during the second half of the 20th century, including at very young ages, suggesting a role for factors acting very early in life. Among these early-life exposures, endocrine-disrupting chemicals (EDCs) may play an important role during the first 1,000 days, a critical window for metabolic programming. EDCs encompass a wide range of chemical compounds with diverse physicochemical properties and toxicokinetic profiles, and are generally classified into three major groups: persistent organic pollutants (POPs), some of which include per- and polyfluoroalkyl substances (PFAS); non-persistent pollutants, including phenols and phthalates, as well as certain pesticides; and trace elements (metals). Experimental data support the hypothesis that EDCs may affect adipogenesis, energy homeostasis and hormonal signalling, but human data are needed to confirm this hypothesis. Population-based mother–child cohorts provide a valuable tool for investigating these relationships in humans, despite some methodological challenges. Such studies have provided strong evidence of an association between organochlorine pesticides, particularly DDT/DDE and HCB, and BMI trajectories or the risk of obesity from early childhood through adolescence. In contrast, findings remain heterogeneous for PFAS, PCBs, phthalates, bisphenol A and its substitutes, parabens and other phenols, partly because of the temporal variability of exposure to non-persistent compounds and difficulties in exposure assessment. Evidence on metals, non-persistent pesticides and mixtures of contaminants remains limited and difficult to compare across studies. This review highlights the need for continued research in humans, based on sufficiently large cohort studies that enable accurate assessment of exposures during critical periods in relation to the potential early programming of subsequent metabolic trajectories.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Surpoids, Obésité, Perturbateurs endocriniens, Cohortes, Épidémiologie, Programmation métabolique, DOHaD, Exposome chimique
Keywords : Overweight, Obesity, Endocrine disruptors, Cohorts, Epidemiology, Metabolic programming, DOHaD, Chimical exposome
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Vol 20 - N° 7
P. 619-629 - novembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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