Microbiote prostatique et dysbiose associée au cancer de la prostate - 31/10/26
, A. Gaudart 1, C. Cruzel 2, S. Droupy 3, J.P. Lavigne 4, F. Bruyère 5, P. Lanotte 6, E. Lechevallier 7, G. Dubourg 8, P.E. Fournier 8, R. Haider 9, L. Lotte 10, K. Youssef 11, L. Pfauwadel 1, B. Tibi 12, Y. Ahallal 12, S. Zouari 12, E. Fontas 2, M. Durand 12, R. Ruimy 1Résumé |
Introduction |
Le cancer de la prostate (CP) présente des facteurs de risque encore mal connus. L’inflammation liée au microbiote pourrait contribuer à la carcinogenèse prostatique. Les données sur le microbiote prostatique restent limitées et portent sur de faibles effectifs. L’objectif de l’étude multicentrique MICROPROSTK est de caractériser le microbiote sur du tissu prostatique pour rechercher une signature bactérienne associée au CP.
Méthodes |
MICROPROSTK est une étude interventionnelle multicentrique cas-témoins (6 centres) visant à comparer la biodiversité des microbiotes prostatiques entre patients atteints de CP et témoins présentant un adénome prostatique. Les microbiotes prostatiques, urinaires et fécaux ont été analysés. Les inclusions ont eu lieu entre février 2021 et juin 2023. Les prélèvements comprenaient un échantillon urinaire après toucher rectal, des biopsies prostatiques transrectales et un écouvillonnage rectal réalisés le jour des biopsies. Les analyses ont été effectuées par métagénomique ADNr 16S « full length », permettant une résolution taxonomique à l’échelle de l’espèce, pour la première fois dans ce type d’étude.
Résultats |
Parmi les 235 patients analysables, 141 disposaient de l’ensemble des prélèvements nécessaires pour une analyse comparative des trois microbiotes (72 CP, 69 témoins) ( Fig. 1 ). La comparaison des caractéristiques cliniques et paracliniques des groupes CP et témoins est présentée dans la Fig. 2 . Les patients atteints de CP présentaient une diversité bactérienne (α-diversité) plus élevée dans le tissu prostatique que les témoins. L’analyse comparative des microbiotes prostatiques a révélé un enrichissement de plusieurs espèces bactériennes, notamment Eubacterium rectale , Cutibacterium acnes , Bacteroides dorei et Ruminococcus torques , chez les patients atteints de CP. À l’inverse, Lactobacillus reuteri présentait une abondance relative plus importante dans le groupe témoins ( Fig. 3 ).
Conclusion |
Ces résultats suggèrent l’existence d’une signature bactérienne associée au cancer de la prostate. Le rôle potentiel de ces bactéries dans l’inflammation ou la protection du tissu prostatique sera exploré par des études fondamentales. À plus long terme, ces travaux pourraient permettre l’identification de biomarqueurs bactériens à visée diagnostique, pronostique ou thérapeutique, susceptibles d’être utilisés en pratique clinique.
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Vol 36 - N° 7S
P. S33-S34 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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