Évolution des profils cliniques et pathologiques sur 18 ans et 8358 patients opérés d’un cancer localisé de la prostate dans deux centres français experts - 31/10/26
, Y. Neuzillet, J.P. Barbosa De Oliveira, F. Rozet, E. Barret, P.O. Bosset, D. Bohin, C. Deleuze, T. Ghoneim, C. Lanz, P. Macek, L. Rodriguez Sanchez, Y. Soorojebally, V. Vanalderwerelt, T. Lebret, X. CathelineauRésumé |
Introduction |
La prostatectomie radicale (PR) est un traitement de référence du cancer de la prostate localisé. Cependant, les pratiques ont profondément évolué au cours des deux dernières décennies, sous l’influence de la généralisation de la surveillance active (SA) pour les cancers à faible risque et de la reclassification du score de Gleason (ISUP 2014). L’objectif de cette étude était de décrire l’évolution temporelle des caractéristiques cliniques et pathologiques des patients opérés par PR dans deux centres français à haut volume.
Méthodes |
Analyse rétrospective des bases prospectives de deux centres à haut volume incluant 8358 PR consécutives réalisées entre janvier 2007 et décembre 2025. Les patients ont été stratifiés selon la classification de D’Amico. Les tendances temporelles du PSA préopératoire, du grade ISUP, du stade clinique (cT), du stade pathologique (pT), du statut ganglionnaire (pN), ainsi que de l’âge, de l’IMC et du poids prostatique ont été évaluées sur trois périodes (2007–2012, 2013–2018, 2019–2025). Des analyses de tendance ont aussi été réalisées (test de Cochrane Armitage).
Résultats |
La proportion de patients à faible risque a diminué de 4,5 % à 0,6 % ( p < 0,001), tandis que celle des patients à haut risque a augmenté de 9,5 % à 21,7 % ( p < 0,001). La proportion de cancers de Gleason ≤ 6 a chuté de 48,0 % à 4,2 %, alors que celle des cancers GS 7 (4 + 3) ou ≥ 8 est passée de 17,9 % à 40,0 % ( p < 0,001). Le PSA médian est passé de 6,8 à 7,7 ng/mL ( p < 0,001). Les stades pathologiques ≥ pT3 ont augmenté de 30,5 % à 47,3 %, et les atteintes ganglionnaires (pN1) de 1,0 % à 5,4 % ( p < 0,001). L’âge médian à la chirurgie a augmenté de au fil des années ( p < 0,001) ( Fig. 1 ). Ces évolutions se sont accélérées après 2012–2014, parallèlement à la mise en œuvre des recommandations européennes et américaines en faveur de la surveillance active et de la reclassification ISUP.
Conclusion |
Cette large série bicentrique met en évidence une évolution majeure du profil de risque des patients opérés, avec une quasi-disparition des formes à faible risque et une augmentation des cancers à haut risque et localement avancés. Ces résultats reflètent l’implémentation des recommandations en faveur de la SA.
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Vol 36 - N° 7S
P. S35-S36 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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