Hypotension peropératoire et retard de reprise de fonction du greffon après transplantation rénale : étude de cohorte rétrospective sur 9 ans - 31/10/26
, A. Bourgeois 1, C. Cirenei 1, L. Cadart 2, C. Geay 3, M. Genin 2, S. Bouye 4, M. Maanaoui 5, G. Lebuffe 1, F. Provot 5, T. Ghestem 6, R. Lenain 5, D. Rousseleau 1Résumé |
Introduction |
Le retard de reprise de fonction du greffon (DGF) survient dans 20 à 50 % des transplantations rénales à partir d’un donneur décédé et augmente le risque de rejet aigu de 38 % et de perte du greffon de 41 %. L’impact du temps cumulé d’hypotension peropératoire sur la survenue du DGF reste mal défini, avec des seuils de pression artérielle moyenne (PAM) variant de 55 à 85 mmHg selon les études.
Méthodes |
Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant 933 adultes transplantés rénaux à partir d’un donneur en état de mort encéphalique (2015–2024). Les transplantations préemptives, à donneur vivant et les protocoles Maastricht II–III étaient exclus. Le critère de jugement principal était le DGF, défini comme le recours à l’épuration extrarénale dans les 7 premiers jours postopératoires (hors hyperkaliémie isolée). La variable d’intérêt était le temps cumulé passé en dessous de seuils de PAM de 75, 70, 65 et 60 mmHg, extrait automatiquement du système anesthésique. Des modèles de régression logistique non ajustés puis ajustés sur 12 covariables périopératoires ont été utilisés.
Résultats |
Un DGF est survenu chez 138 patients sur 933 (14,8 % ; IC 95 % : 12,6–17,2 %). En analyse ajustée, le temps passé en dessous de 65 mmHg supérieur à 20 minutes était indépendamment associé au DGF (OR 1,69 ; IC 95 % 1,02–2,81). Pour le seuil de 60 mmHg, les durées de 11 à 20 minutes (OR 2,38 ; IC 95 % 1,15–4,92) et supérieure à 20 minutes (OR 2,26 ; IC 95 % 1,16–4,38) étaient également associées au DGF. Aucune association significative n’était retrouvée pour les seuils de 75 et 70 mmHg. Les épisodes hypotensifs survenaient principalement lors de la fenêtre induction–incision, antérieurement à la reperfusion.
Conclusion |
Une hypotension peropératoire prolongée en dessous de 65 et 60 mmHg est indépendamment associée au DGF. L’effet-seuil observé et la concentration des épisodes lors de l’induction suggèrent que la prévention de l’hypotension doit commencer dès l’induction anesthésique et non seulement à la reperfusion. Ces résultats plaident pour l’intégration d’une cible de PAM ≥ 65 mmHg dans les protocoles dédiés ( Fig. 1, Fig. 2 ).
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 36 - N° 7S
P. S41-S42 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
