Incidence des complications infectieuses après biopsies de la prostate en France : étude PROSBIOTATE 2 - 31/10/26
, A. Peyrottes 2, M. Lefèvre 3, F. Gerbaud 4, S. Lebdai 5, O. Karray 6, M. Guandalino 7, J. Anract 8, F. Mondet 9, F. Dugardin 10, A. Gryn 11, T. Dalin 12, B. Mesnard 13, G. Stoica 14, P. Valtille 15, P. Menut 16, O. Rouvière 17, F. Bruyère 18, G. Ploussard 19, C. Dariane 20Résumé |
Introduction |
Les recommandations SFAR-AFU de 2023 ont remplacé les fluoroquinolones par la fosfomycine-trométamol (FT) comme antibioprophylaxie de référence avant biopsies prostatiques transrectales (BPTR). Depuis cette modification, une augmentation du taux de complications infectieuses a été rapportée de façon informelle. L’objectif principal était d’évaluer l’incidence des complications infectieuses après BPTR à l’ère de la FT. L’objectif secondaire était de comparer l’incidence des complications infectieuses après biopsies prostatiques par voie transrectale (TR) ou transpérinéale (TP).
Méthodes |
Étude rétrospective (à inclusions prospectives) observationnelle multicentrique binationale. Inclusion de tous les patients sur une période de 12 mois ayant eu un geste de BPTR ou TP. Le critère de jugement principal était la survenue d’une infection urinaire post-biopsie selon les critères standardisés de Bilsen. Avis favorable de la CNIL (CHU86-RECH-R2025-03-04) et du CERU (CERU-2025009).
Résultats |
Au 01/04/2026, 3698 patients avaient été inclus, mais avec des données encore incomplètes du fait de la période de suivi. L’âge médian était de 70 ans [64–75]. Les biopsies ont été réalisées par voie TR pour 67,5 % des patients et par voie TP chez 32,5 % des patients. Une antibioprophylaxie a été administrée dans 71 % des cas, principalement par FT (78 %) et ofloxacine (14,6 %). L’incidence globale des infections urinaires était de 3,8 % ( n = 105), dont 79 prostatites (2,8 %), 11 cystites (0,4 %), 11 bactériémies (0,4 %), 1 épididymite et 1 choc septique. Soixante-cinq patients (2,3 %) ont nécessité une hospitalisation conventionnelle, un patient a été admis en réanimation. Aucun décès n’a été observé. Le taux d’infection était supérieur après BPTR versus BPTP : 4,8 % versus 1,4 % ( p < 0,001). Dans 68,5 % des cas, l’infection était liée à E. coli . En analyse multivariée, l’usage de la FT et le diabète étaient significativement associés à une augmentation du risque infectieux, respectivement (OR 5,01 ; IC95 % 2,07–16,5 ; p < 0,002) et (OR 1,95 ; IC95 % 1,21–3,05 ; p = 0,0047), tandis que la voie TP était associée à une réduction du risque infectieux (OR 0,28 ; IC95 % 0,14–0,51 ; p < 0,001).
Conclusion |
La FT semble associée à un risque accru de complications infectieuses comparativement aux fluoroquinolones, sans augmentation démontrée des infections graves. À l’inverse, la voie TP réduit significativement le risque infectieux, sans usage par ailleurs d’une antibioprophylaxie, et devrait être privilégiée chaque fois que possible ( Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3 ).
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Vol 36 - N° 7S
P. S59-S60 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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