Atteinte ganglionnaire pathologique après néphrectomie pour carcinome rénal non métastatique : facteurs prédictifs et devenir oncologique (étude ancillaire UroCCR no 178) - 31/10/26
, P. Bigot 2, T. Waecquel 3, M.O. Timsit 4, B. Karim 5, N. Branger 6, F.D. Benjamin 7, J.C. Bernard 8Résumé |
Introduction |
L’atteinte ganglionnaire pathologique (pN+) des carcinomes rénaux non métastatiques est rare, mais associée à un pronostic défavorable. La suspicion ganglionnaire clinique (cN+) repose sur des critères morphologiques radiologique et reflète imparfaitement le statut ganglionnaire réel. L’objectif était d’évaluer prévalence, facteurs prédictifs et impact pronostique du pN+ des patients atteints de carcinome rénal M0 issus du réseau multicentrique français uroCCR.
Méthodes |
Nous avons conduit une étude rétrospective multicentrique incluant les patients opérés d’une tumeur rénale non métastatique entre 2000 et 2023, avec recueil du suivi jusqu’en 2025. L’incidence et les facteurs prédictifs du pN+ étaient étudiés par régression logistique. Les survies sans récidive (SSR), spécifique (SP) et globale (SG) ont été estimées selon Kaplan-Meier et comparées par test du log-rank. L’impact de l’atteinte pN+ versus les facteurs pronostiques indépendants était évalué par modèles de Cox multivariés.
Résultats |
Parmi 2046 patients, 2015 avaient un statut ganglionnaire pathologique connu, dont 152 pN+ (7,5 %). Parmi les 176 patients classés cN+, 110 (62,5 %) étaient finalement pN+. Les facteurs préopératoires prédictifs de pN+ en analyse multivariée étaient le statut cN+ (OR = 53,22) l’envahissement veineux radiologique (OR = 2,8) et l’âge (OR = 1,02). La taille tumorale supérieure à 10 cm est à la limite de la significativité (OR = 1,85 [0,98-3,5], p = 0,057). Aussi, la probabilité de pN+ en cas de cN+ était corrélée au type histologique : 51,8 % pour les CCR à cellules claires, 83,3 % pour les CCR papillaire, 50 % pour les CCR chromophobe. Chez les patients pN+, la médiane de SSR était de 10,4mois après chirurgie versus 110,6mois chez les pN0 ( p < 0,001). Les récidives étaient majoritairement métastatiques à distance (64,6 %). En analyse de Cox multivariée, le pN+ demeurait indépendamment associé à la récidive (HR 1,98 ; IC95 %1,45–2,71), à la mortalité spécifique (HR 2,93 ; IC95 %1,87–4,59) et à la mortalité globale (HR 2,86 ; IC95 %1,98–4,12).
Conclusion |
Dans cette cohorte multicentrique contemporaine, la prévalence du pN+ était de 7,5 %, la valeur prédictive positive de la tomodensitométrie était de seulement de 62,5 % et l’atteinte pN+ était associée à un pronostic péjoratif. Nous avons mis en évidence des profils d’atteinte ganglionnaire très différents selon le type histologique. La détermination du sous-type histologique avant chirurgie d’une tumeur cN+ pourrait permettre de mieux évaluer le risque de pN+ pour mieux argumenter la stratégie thérapeutique.
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Vol 36 - N° 7S
P. S75-S76 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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