Troubles urinaires féminins : pourquoi si peu de femmes consultent-elles un urologue ? - 31/10/26
, I. Ktir 1, S. Naidja 2, S. Salhi 1, A. Belbaali 1, A. Barki 1, F. Ayadi 1, W. Ketab 1, R. Benfetima 1, R. Sayoud 1Résumé |
Introduction |
Les troubles du bas appareil urinaire chez la femme sont fréquents et souvent responsables d’une altération importante de la qualité de vie. Pourtant, de nombreuses patientes retardent ou évitent une consultation urologique malgré la présence de symptômes. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact des déterminants cliniques, sociopsychologiques, et culturels sur la décision des femmes de consulter chez un médecin spécialiste en urologie.
Méthodes |
Il s’agit d’une étude transversale descriptive à visée analytique menée auprès de 141 femmes de la population générale recrutées lors d’une campagne de sensibilisation. Les données recueillies concernaient les caractéristiques sociodémographiques, les symptômes urinaires, leur retentissement sur la qualité de vie ainsi que les barrières potentielles au recours aux soins. L’analyse statistique comportait une approche descriptive (effectifs, fréquences, pourcentages) et analytique (tests du χ 2 , tests exacts de Fisher et régression logistique binaire).
Résultats |
74,5 % des participantes rapportaient au moins un symptôme urinaire. Seules 8,5 % des participantes ont consulté un urologue. La parité était associée à la présence de symptômes urinaires ( p = 0,035), les femmes ayant déjà accouché présentant un risque 2,85 fois supérieur à celui des nullipares ( p = 0,009). La fréquence des symptômes augmentait également de manière significative avec l’âge ( p = 0,015). Les principaux freins au recours aux soins étaient la banalisation des symptômes (OR = 3,83 ; p = 0,018), la pudeur (OR = 2,84 ; p = 0,047) et les contraintes de temps (OR = 0,10 ; p = 0,036). Le genre du praticien s’impose comme un facteur déterminant : une préférence stricte pour une femme urologue était fortement associée à l’absence de consultation spécialisée ( p < 0,001), tandis que la difficulté à trouver une femme urologue constituait également un frein significatif au recours aux soins ( p = 0,020).
Conclusion |
Près de trois femmes sur quatre rapportaient des symptômes urinaires, mais moins d’une sur dix avait consulté un urologue. Des actions ciblées de sensibilisation et une meilleure accessibilité aux consultations pourraient contribuer à réduire ce retard de prise en charge ( Fig. 1, Fig. 2 ).
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Vol 36 - N° 7S
P. S77-S78 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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