Quelle voie d’abord choisir en cas de surrénalectomie pour phéochromocytome ? - 31/10/26
, A. Saadi, M.A. Bedoui, S. Mokadem, B. Saidani, A. Hermi, H. Ayed, A. Bouzouita, M. Chakroun, R. Ben SlamaRésumé |
Introduction |
La surrénalectomie laparoscopique (SL) pour phéochromocytome tend à devenir la technique de référence. Cependant, l’existence fréquente d’un biais de sélection dans l’orientation d’emblée des patients porteurs d’une tumeur plus volumineuse vers la chirurgie ouverte (SO) complique la comparaison directe de ces deux techniques. L’objectif de cette étude était de comparer la morbidité périopératoire de ces deux voies d’abord en tenant compte de ce biais.
Méthodes |
Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique incluant 91 patients opérés d’un phéochromocytome entre 1992 et 2025 réparti en 2 groupes : groupe 1 (SL = 42), groupe 2 (SO = 49) entre 1992 et 2025. Les paramètres comparés incluaient : l’instabilité hémodynamique peropératoire (variations tensionnelles et/ou troubles du rythme), le taux de transfusions peropératoires, le temps opératoire, les complications postopératoires (Clavien-Dindo) et la durée du séjour postopératoire. Une analyse multivariée ajustée sur la taille tumorale a été réalisée pour isoler l’effet propre de la voie d’abord. Une analyse en sous-groupes (Seuil de 5 cm) a complété l’étude afin d’évaluer la morbidité de la voie laparoscopique pour les tumeurs volumineuses.
Résultats |
Les deux groupes étaient comparables sauf pour la taille tumorale (G1 = 35,7 vs G2 = 63,8 mm, p < 0,001, Tableau 1 ). Les patients du groupe 1 avaient présenté moins d’hypotension peropératoire ( p = 0,046), moins de troubles du rythme ( p = 0,012), moins de complications postopératoires ( p = 0,006) et un temps d’hospitalisation ( p = 0,036) plus court ( Tableau 1 ). En analyse multivariée, après ajustement sur la taille tumorale, ces associations restaient significatives : moins d’hypotension (OR = 3,87, p = 0,012), de troubles du rythme (OR = 5,82, p = 0,028), de complications mineures (OR = 3,12 ; p = 0,020) et un temps d’hospitalisation plus court (Δ = +2,3 jours ; p = 0,041) ( Tableau 2 ). Dans le sous-groupe des tumeurs > 5 cm, aucune différence entre les voies d’abords n’atteint le seuil de significativité avec des tendances cliniques qui restent cohérentes avec les résultats de la cohorte globale ( Tableau 3 ).
Conclusion |
Après ajustement sur la taille tumorale, la SL comparativement à la SO était associée à une incidence d’environ 4 à 5 fois moins importante d’épisodes d’instabilités hémodynamiques peropératoire (hypotension et/ou troubles du rythme) avec un temps d’hospitalisation plus court sans majoration du risque de complications postopératoires. L’analyse en sous-groupes n’a pas mis en évidence de surmorbidité associée à la voie laparoscopique pour les tumeurs ≥ 5 cm, bien que la puissance reste limitée par le faible effectif.
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Vol 36 - N° 7S
P. S82-S83 - octobre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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