Place de l’examen clinique des seins dans les stratégies de dépistage du cancer du sein. Recommandations pour la pratique clinique du Collège national des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) - 05/11/26
Place of clinical breast examination in breast cancer screening strategies. French College of Gynecologists and Obstetricians (CNGOF) recommendations for clinical practice
: Pr, Nicolas Taris 2
, Anne-Sophie Azuar 3
, Susie Brousse 4
, Foucauld Chamming’s 5
, Justine Chabeuf 6
, Yann Delpech 7
, Sophie Frank 8
, Enora Laas 9
, Sébastien Molière 10
, Jean-Yves Seror 11
, Catherine Uzan 12
, Xavier Fritel 13
, Vincent Lavoué 14 
Résumé |
La France, comme beaucoup de pays dans le monde, fait face à une augmentation de l’incidence des cancers du sein. De nombreux travaux ont montré que le risque de décès est lié au stade initial de la tumeur. Dans ce contexte, le dépistage mammographique a pour objectif de diagnostiquer les cancers à un stade infraclinique, afin de limiter la morbidité des traitements et de réduire la mortalité. Ce dépistage est recommandé en France tous les 2 ans pour les femmes âgées de 50 à 74 ans, alors que l’examen clinique des seins (ECS) par un professionnel de santé est recommandé par la Haute Autorité de Santé à partir de 25 ans de manière annuelle et sans limite d’âge. Cette pratique de l’ECS doit cependant être actualisée, en particulier son impact sur le nombre de cancers diagnostiqués, leur stade et la mortalité, au vu des nouvelles données de la littérature internationale.
Conception : La méthode GRADE ( Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation ) a été utilisée pour évaluer la qualité des données factuelles sur lesquelles ont été fondées ces recommandations.
Méthodes : La commission de sénologie (CS) du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français a étudié 16 questions concernant l’ECS, en individualisant quatre groupes de femmes (population générale avec ou sans dépistage mammographique, femmes âgées, femmes à haut ou très haut risque, femmes antérieurement traitées pour un cancer du sein). Pour chaque situation, il a été déterminé si la pratique d’un ECS, comparée à l’abstention de cet examen, permettait de détecter plus de cancers du sein, de diminuer la taille des tumeurs ou d’augmenter la survie. Une question a porté sur les modalités de formation à l’ECS.
Résultats : la CS a émis 3 recommandations visant à: 1) recommander l’ECS de manière annuelle pour les femmes de la population générale de 30 à 74 ans, 2) recommander l’ECS de manière annuelle pour les femmes antérieurement traitées pour cancer du sein sans limite d’âge, 3) recommander que l’ECS soit réalisé par un professionnel de santé formé. La CS a émis 4 prises de position visant à: 1) de ne pas conseiller un ECS pour les femmes de la population générale avant 30 ans, sa pratique entrainant un risque d’examens complémentaires inutiles dans une population où l’incidence des cancers du sein est très faible 2) conseiller la réalisation d’un ECS lors du dépistage mammographique des cancers du sein, 3) conseiller l’ECS de manière annuelle pour les femmes de plus de 75 ans, l’arrêt de cette pratique étant conditionnée par les comorbidités et l’espérance de vie. 4) conseiller l’ECS de manière annuelle pour les femmes à haut et très haut risque à partir de 20 ans.
Pour les experts de la CS du CNGOF, l’ECS doit être réalisé après l’obtention d’un consentement explicite et avoir fourni une information sur ses bénéfices et risques. La CS invite toutes les femmes qui détectent un changement ou une anomalie dans leurs seins à consulter sans retard leur médecin pour la réalisation d’un ECS.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
France, like many countries around the world, is facing a rise in the incidence of breast cancer. Numerous studies have shown that the risk of death is linked to the initial stage of the tumor. In this context, mammographic screening for breast cancer aims to diagnose cancers at a subclinical stage, to limit treatment-related morbidity and reduce mortality. In France, this screening is recommended every two years for women aged 50 to 74, while clinical breast examination (CBE) by a healthcare professional is recommended by the Haute Autorité de Santé (HAS) starting at age 25, to be performed annually with no upper age limit. However, the practice of CBE needs to be updated, particularly regarding its impact on the number of cancers diagnosed, their stage, and mortality, considering new data from international literature.
Design: The GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development, and Evaluation) method was used to assess the quality of the evidence on which these recommendations were based.
Methods: The Senology Commission (SC) of the French College of Gynecologists and Obstetricians examined 16 questions regarding CBE, distinguishing four groups of women (the general population with or without mammography screening, women over 70 years of age, high or very-risk women, and women previously treated for breast cancer). For each scenario, it was determined whether performing a CBE, compared with not performing it, led to the detection of more breast cancers, reduced tumor size, or improved survival. One question addressed the training requirements for CBE.
Results: The SC issued three recommendations aimed at: 1) recommending annual CBE for women in the general population aged 30 to 74, 2) recommending annual CBE for women who have previously been treated for breast cancer, 3) recommending that CBE be performed by a trained healthcare professional. The SC issued four position statements aimed at: 1) not advising CBE for women in the general population under the age of 30, as the procedure carries a risk of unnecessary follow-up tests in a group of women where the incidence of breast cancer is very low. 2) advising performing a CBE during breast cancer screening; 3) advising an annual CBE for women over 75 years of age, with the discontinuation of this practice depending on comorbidities and life expectancy. 4) advising annual CBE for women at high and very high-risk starting at age 20.
According to the experts of the CNGOF’s Scientific Committee, a CBE should be performed only after obtaining explicit consent following the provision of information on its benefits and risks. The SC urges all women who notice a change or abnormality in their breasts to consult their doctor without delay to undergo a clinical breast exam.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : cancer du sein, examen clinique des seins, palpation, dépistage
Key-words : breast cancer, clinical breast examination, palpation, screening
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