Histoire de l’individualisation des thrombophlébites cérébrales - 06/11/26
History of the individualization of cerebral thrombophlebitis
Résumé |
Bien que quelques auteurs aient décrit des thromboses des sinus crâniens avant le XIX e siècle, un article de Louis Tonnellé (1803–1860), publié en 1829, demeure le premier travail spécifiquement consacré aux thrombophlébites cérébrales. Et c’est bien au cours de ce siècle que cette pathologie trouve droit de cité dans la nosographie neurologique. Après avoir été uniquement des découvertes d’autopsie jusque vers les années 1880, ces thromboses ne sont suspectées du vivant du patient qu’au cours de la première moitié du XX e siècle. L’imagerie moderne, notamment l’IRM, permet enfin un diagnostic précoce et un suivi évolutif. Initialement uniquement associée aux infections de l’oreille étendues au rocher, l’identification de l’origine de ces thromboses veineuses cérébrales se diversifiera peu à peu à mesure que s’améliore la compréhension de la circulation veineuse cérébrale et de celle des mécanismes de la thrombose. Les causes générales en lien avec une déshydratation sévère ou une infection généralisée (fièvre typhoïde, tuberculose), la misère physiologique (carences, dénutrition, phase terminale des cancers) mais aussi les traumatismes crâniens seront d’autres étiologies reconnues. Les infections cutanées de la face (furoncle, érysipèle) et de la sphère rhino-pharyngée complèteront peu à peu l’inventaire. Enfin, il faut attendre le début du XX e siècle pour que les thromboses veineuses cérébrales soient reconnues comme une complication obstétricale. La chirurgie de l’infection mastoïdienne est la première tentative thérapeutique au XIX e siècle. Au XX e siècle, celle-ci se complète par l’abord neurochirurgical des sinus et les anticoagulants.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Although a few authors described thrombosis of the cranial sinuses before the 19th century, an article by Louis Tonnellé (1803–1860), published in 1829, remains the first work specifically devoted to cerebral thrombophlebitis. And it was during this century that this pathology found its place in neurological nosography. After being discovered only at autopsy until around the 1880s, these thromboses were suspected in living patients only during the first half of the 20th century. Modern imaging, particularly MRI, finally allows for early diagnosis and follow-up. Initially associated only with ear infections that spread to the petrous bone, the identification of the origin of these cerebral venous thromboses gradually diversified as understanding of cerebral venous circulation and the mechanisms of thrombosis improved. General causes related to severe dehydration or generalized infection (typhoid fever, tuberculosis), physiological distress (deficiencies, malnutrition, terminal cancer), and head injuries were gradually recognized as further causes. Skin infections of the face (boils, erysipelas) and the nasopharyngeal area completed the list. Finally, it was not until the early 20th century that cerebral venous thrombosis was recognized as an obstetric complication. Surgery for mastoid infection was the first therapeutic attempt in the 19th century. In the 20th century, this was complemented by neurosurgical approaches to the sinuses and anticoagulants.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Thrombose veineuse cérébrale, Thrombose des sinus de la dure-mère, Louis Tonnellé, Mastoïdite, Hypertension intracrânienne
Keywords : Cerebral venous thrombosis, Dural sinus thrombosis, Louis Tonnellé, Mastoiditis, Intracranial hypertension
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