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Avant-propos - 07/06/11

Doi : 10.1016/B978-2-294-08874-2.00046-3 
Michel Janier

Cet ouvrage qui traite toutes les MST est très attendu par les médecins et les étudiants qui n’ont pas d’autre ouvrage de référence en français1 . Ils trouveront également dans cet abrégé un aperçu rapide et richement illustré des pathologies infectieuses et non infectieuses des organes génitaux.

Cet ouvrage collectif est le fruit de la collaboration efficace des meilleurs spécialistes en matière de MST. La grande majorité des co-auteurs sont dermato-vénéréologistes et le plus souvent membres de la section MST de la SFD. Mais nous avons également fait appel à l’expertise de collègues d’autres spécialités (gynécologie, urologie, microbiologie, maladies infectieuses, épidémiologie, anatomie, hépatologie et médecine légale) car si la spécialité chargée des MST est bien la dermato-vénéréologie, une bonne prise en charge du patient doit s’appuyer sur d’autres spécialités et notamment la microbiologie (le plateau technique est d’importance majeure) et la gynécologie (chez la femme les frontières entre nos deux spécialités sont minces).

Pourquoi la dermato-vénéréologie ? Ce n’est pas seulement historique, les MST étant nées de la syphiligraphie (partie de la Dermatologie traitant de la syphilis). La raison principale qui pérennise cette appartenance est plus pragmatique et d’ailleurs vraie dans le monde entier de Buenos Aires au Caire et de Brest à Bangkok : il est beaucoup plus facile à un dermatologiste d’apprendre à faire un prélèvement urétral qu’à un non dermatologiste d’apprendre toutes les subtilités de la pathologie muqueuse. En effet, la plupart des MST se traduisent par des signes dermatologiques locaux sur les organes génitaux et nombre de patients consultant dans les structures MST spécialisées ont des pathologies muqueuses non sexuellement transmises. Les seuls à se singulariser sont les Britanniques qui ont créé une spécialité à part, comportant 5 ans de formation post doctorale, appelée GUM (Genito-Urinary Medicine) puis aujourd’hui Sexual Health (englobant le VIH et l’andrologie). Tous les autres restent attachés à la dermato-vénéréologie et il n’y a pas de raison de priver les patients de cette compétence.

MST ou IST? Voilà une discussion à la fois récurrente et quelque peu oiseuse. Il n’y a aucune honte à être malade et le terme IST, censé favoriser l’information des populations en insistant sur le fait que l’on peut être infecté sans être malade, est beaucoup utilisé, je le dis avec un peu de provocation, par les gens qui ne voient pas de malades. Penser qu’une maladie est toujours apparente cliniquement est évidemment inexact ou pour le moins naïf et il est aussi incongru d’imaginer que l’infection VIH, les chlamydioses, les hépatites ou la syphilis ne sont pas des maladies sous prétexte que l’examen clinique peut être normal. Le diabète, les hyperlipidémies ou l’insuffisance rénale ne seraient pas des maladies pour les mêmes raisons? Les MST sont évidemment des maladies infectieuses (encore le mot maladie… ), il serait sot de le nier. Les maladies vénériennes2 , terminologie datée mais si jolie, englobaient non seulement des infections mais également toutes les pathologies en rapport avec l’activité sexuelle. Il est vrai que beaucoup la confondaient avec la phlébologie. Les Grecs parlent encore d’Aphrodisiologie3 . Le terme importe peu : les Anglais disent STI (IST) et les Américains STD (MST). Le point important pour lequel nous militons est que l’utilisation du terme IST, s’il est à la rigueur adapté au dépistage de sujets asymptomatiques (ce qui peut être réalisé par beaucoup de personnels de santé pas forcément des médecins) tend à faire oublier que les malades existent, et qu’ils ont besoin des compétences médicales ad hoc. Cette crainte d’une démédicalisation n’est pas virtuelle : dans la loi dite de décentralisation d’août 2004, réorganisant la lutte contre les IST, tout a été prévu pour le dépistage des sujets sains, à grande force de counselling (cet horrible verbiage banni de cet Abrégé) mais rien pour la prise en charge des malades. Au contraire, le législateur ingénu ou mal conseillé a considérablement compliqué la tache des médecins en prévoyant l’anonymat pour tous les patients malades ou pas, alors que personne ne souhaite autre chose que la stricte confidentialité propre à notre art.

Les MST sont un domaine passionnant, plus compliqué et varié qu’il n’y paraît, allant des pathologies les plus bénignes (d’ailleurs non exemptes de complications ie les stérilités tubaires compliquant les chlamydioses) jusqu’aux maladies les plus graves (outre le sida, les cirrhoses et les cancers du foie, la neurosyphilis, les herpès chroniques des immunodéprimés, la syphilis congénitale et l’herpès néonatal, enfin les cancers génitaux PVH-induits). Toutes peuvent favoriser la transmission du VIH. Notre arsenal thérapeutique s’est considérablement amélioré, y compris contre les maladies virales. En particulier, n’oublions pas les deux premiers vaccins capables de prévenir des cancers (hépatite B et PVH). La prise en charge des MST en France a aussi bénéficié ces dernières années de fantastiques méthodes diagnostiques (PCR) et de la prise de conscience de l’importance du suivi épidémiologique de ces maladies (InVS). Enfin, les implications humaines, sexuelles, relationnelles, sociétales, voire déontologiques ou judiciaires, inhérentes à ces maladies impliquant toujours au moins deux individus, font que les MST, même considérablement dédramatisées aujourd’hui, resteront longtemps des maladies originales.



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