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Avant de prescrire : mode d’emploi du guide - 04/12/11

Doi : 10.1016/B978-2-294-71155-8.00052-0 

Les médecins trouveront ici l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour prescrire avec succès des médicaments homéopathiques. Organisé comme une « fusée à trois étages », ce livre s’adresse :

(1) Au médecin intéressé par l’homéopathie sans la connaître vraiment et qui, avant d’aller plus loin, veut s’essayer à quelques prescriptions.
(2) Au médecin qui, voulant acquérir l’essentiel de la méthode, a besoin de connaître les principaux médicaments homéopathiques afin de baser ses prescriptions sur des symptômes fiables.
(3) Au médecin homéopathe confirmé qui recherche un éventail plus large de médicaments ou des arguments supplémentaires pour prescrire les médicaments qu’il connaît déjà.

Le lecteur pourra aisément passer du stade (1) au stade (2), puis (3), au fur et à mesure de sa réflexion et suivre ainsi un processus de perfectionnement dans l’acquisition de ses connaissances.

Pour chaque maladie étudiée, les étapes mentionnées ci-dessus sont clairement identifiables grâce à une présentation typographique particulière, ce qui permet une consultation rapide et progressive de l’ouvrage.

Vous débutez en homéopathie

Intéressez-vous à la première étape (« Ordonnance type ») de chaque séquence thérapeutique, c’est-à-dire aux solutions « prêtes à prescrire ». En homéopathie ces conseils représentent une gageure. Les résultats en sont nécessairement aléatoires. Les ordonnances type ont été préparées avec l’idée de signaler les médicaments les plus fréquemment indiqués dans une circonstance pathologique donnée. Ces prescriptions systématiques offrent une vraisemblance suffisante pour permettre des résultats encourageants. Naturellement, elles doivent être assorties du conseil d’approfondir les principes de base de l’homéopathie. Il faut savoir, en effet, que les prescriptions ne se font pas, comme en allopathie, d’après le nom de la maladie ou sa forme clinique, mais en fonction des symptômes particuliers du patient porteur de la maladie.

Dès que vous vous poserez des questions (Pourquoi cette prescription a-t-elle été suivie de succès ? Pourquoi cette autre s’est soldée par un échec ?) étudiez ou reprenez les principes de bases de l’homéopathie (voir ci-dessous page V), et passez à la deuxième étape de chaque étude thérapeutique (« L’essentiel pour la prescription courante »). Vous pourrez ainsi interroger vos patients en détail. Cette partie présente, en effet, une série de médicaments classiquement connus en homéopathie pour leur indication dans la maladie étudiée. Les symptômes qui les concernent ont été sélectionnés comme étant les plus significatifs et les plus discriminatoires. Le patient ne présentera pas obligatoirement tous les détails décrits. Il faudra choisir le tableau qui ressemble le plus au cas étudié. Vous pourrez ainsi vous familiariser avec les médicaments les plus fréquemment indiqués dans la pathologie qui vous intéresse. Il vous faudra en parallèle suivre des cours d’homéopathie et des consultations hospitalières.

Quand vous aurez acquis une base solide, la troisième étape (« Pour une prescription élargie ») vous évitera de passer à côté de médicaments moins fréquemment retrouvés en clinique mais pouvant être utiles dans le cas du patient qui vous fait face.

Vous avez déjà des notions d’homéopathie

Commencez directement à la seconde étape (« L’essentiel pour la prescription courante »). Elle vous offre un choix déjà large de médicaments typiquement indiqués dans la maladie considérée et centrés, avant tout, sur la similitude locale. Si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez, jetez un coup d’œil à la troisième étape (« Pour une prescription élargie »), qui vous propose des médicaments plus rarement indiqués. N’hésitez pas, dans tous les cas, à lire la matière médicale située en fin de volume. Elle vous permettra d’élargir votre prescription à n’importe quel symptôme qui pourrait être présent chez votre patient. En effet la première partie ne reprend que les symptômes statistiquement significatifs.

Les « Repères cliniques » donnent des renseignements sur la pathologie considérée : définition, épidémiologie, étiologie, anatomo-pathologie, biochimie, principaux signes cliniques, examens paracliniques, évolution, facteurs prédisposants, etc. Ces indications permettent non seulement une révision de la nosographie, mais peuvent également faciliter le choix des médicaments. Du fait que l’homéopathie n’a pas d’action sur les lésions organiques, sauf lorsqu’elles sont réversibles, ces renseignements fournissent automatiquement les limites de la prescription. Le traitement homéopathique figurant dans ce livre au titre des maladies organiques y est proposé à titre de complément de l’allopathie.

Principes de base de l’homéopathie

La définition de l’homéopathie est la même pour les trois types de prescription. La profondeur de l’analyse est le seul élément variable d’une étape à l’autre. Il s’agit, à chaque fois, d’appliquer le principe de similitude, c’est-à-dire la règle de base de l’homéopathie.

Au niveau de la première étape (« Ordonnance type »), on peut considérer qu’il s’agit d’une application du principe de similitude sans le savoir vraiment. La deuxième étape est plus conforme à l’esprit de la méthode. La troisième ne diffère de la précédente que par un élargissement de la vue générale des médicaments.

L’homéopathie repose sur trois principes : la similitude, l’infinitésimal, et l’individualisation des cas1 .

Le principe de similitude énonce que, pour guérir un patient, il faut lui administrer la substance capable de provoquer sur des êtres humains des symptômes comparables à ceux qu’il présente. On cherche à faire coïncider le tableau symptomatique clinique recueilli par le médecin chez son patient avec le tableau symptomatique expérimental d’une des substances essayées antérieurement sur des individus en bonne santé. Ceci veut dire qu’on ne prescrit pas à partir d’un symptôme isolé, mais qu’on cherche à découvrir la substance qui couvre le maximum (ou encore mieux l’ensemble) des symptômes du patient. La liste des symptômes propres à chaque médicament est nommée « pathogénésie » et la collection des pathogénésies constitue une « matière médicale ». On trouvera une telle matière médicale à la fin de l’ouvrage. Elle est destinée à permettre une compréhension en profondeur des médicaments. Elle se termine, pour chaque substance, par une liste des principales indications cliniques. C’est, en quelque sorte, un énoncé en miroir de ce que l’on trouve dans la première partie. Il est recommandé au débutant de la consulter systématiquement avant de prescrire.

L’infinitésimal est un corollaire du principe de similitude. Il n’entre pas dans la définition de base de l’homéopathie stricto sensu. Il ne suffit pas qu’un médicament soit atténué à l’extrême pour qu’il ait le statut de médicament homéopathique. Il faut, avant tout, qu’il soit correctement choisi, c’est-à-dire qu’il corresponde aux symptômes du patient. C’est alors seulement que la dose infinitésimale développe sa puissance d’action. La préparation des médicaments à usage homéopathique se fait essentiellement au centième. On part de la substance de base, dite Teinture Mère (du moins pour les souches animales et végétales) que l’on dilue au 1/100 à l’aide d’un solvant fait d’eau et d’alcool. On obtient ainsi la « 1 CH », c’est-à-dire la première Centésimale Hahnemannienne (par référence à Hahnemann, qui découvrit l’homéopathie en 1790). La 1 CH est elle-même diluée au 1/100, ce qui fournit la 2 CH. Cette 2 CH est donc une dilution au 1/10 000 de la substance de base. On continue ainsi à faire des dilutions au 1/100 les unes des autres. La 3 CH est une dilution au millionième (10-6), la 30 CH atteint 10-60. On voit ainsi que le nom d’infinitésimal n’est pas usurpé. On élabore sur le même modèle des dilutions au dixième les unes des autres dénommées « Décimales Hahnemanniennes » et notées « DH ».

L’individualisation des cas est indispensable pour l’efficacité du traitement. Elle revient à sélectionner, parmi les symptômes du patient, ceux qui sont caractéristiques de son état morbide et à identifier le nom de la substance susceptible de développer expérimentalement la même série de symptômes. On s’appuie, dans ce but, sur les symptômes les plus subjectifs et les plus originaux. Les symptômes objectifs et les symptômes banals, souvent utiles pour faire le diagnostic des maladies, appartiennent en général au tableau clinique de nombreux médicaments et ne sont pas très discriminatoires. Parmi les médicaments homéopathiques possibles on choisit celui qui convient à un patient donné, à l’exclusion des autres médicaments, dont on constate rapidement qu’ils couvrent moins largement le cas. Exemple caricatural : un patient qui n’a pas soif pendant la fièvre (Apis mellifica, Gelsemium, Pulsatilla) ne recevra pas les mêmes médicaments qu’un patient qui a soif (Aconitum napellus, Arsenicum album, Belladonna, Bryonia alba, Eupatorium perfoliatum, Mercurius solubilis, Phosphorus), ce qui permet un premier tri. Les détails cliniques propres à chacun de ces médicaments permettent ensuite de les différencier les uns des autres. L’individualisation découle du principe de similitude. Elle n’est pas compatible avec le diagnostic nosologique, en tout cas elle ne s’en accommode que partiellement. Chaque patient a ses particularités, sa manière de réagir à l’invasion par la maladie. Le choix du traitement dépend donc d’un interrogatoire bien conduit.

La rédaction de l’ordonnance

Lorsque vient le moment de rédiger une ordonnance, il ne suffit pas d’écrire le nom du ou des médicaments que l’on a sélectionnés. Il faut également préciser la préparation infinitésimale que l’on désire.

D’une manière générale, vous pouvez vous inspirer de la dilution indiquée lors de la première étape de chaque étude thérapeutique (« Ordonnance type »). Un patient vient vous voir pour une crise d’aphtes. En l’examinant vous constatez que sa bouche est le siège d’une salivation intense, qu’il a des gencives enflées et spongieuses, une langue dont le bord garde l’empreinte des dents et une mauvaise haleine. Vous avez reconnu l’indication de Mercurius solubilis. Vous constatez que ce médicament est recommandé à la rubrique « Aphtes » en 5 CH à l’étape de l’« Ordonnance type ». Vous pouvez inscrire sur votre ordonnance :

Mercurius solubilis 5 CH,
trois granules trois fois par jour, jusqu’à amélioration.

Le médicament est correctement sélectionné : cette dilution va donc donner des résultats positifs2 . Il faut savoir cependant qu’une dilution plus élevée, une 7 ou une 9 CH, serait également active. Le choix de la dilution importe moins que la sélection correcte du médicament. Retenez, en règle générale, que plus la similitude est nette plus on « monte ». Ici, Mercurius solubilis ne fait aucun doute, une 7 CH est préférable à une 5 CH et une 9 CH est préférable à une 7 CH. Vous pouvez donc aussi bien écrire :

Mercurius solubilis 9 CH,
trois granules trois fois par jour, jusqu’à amélioration.

Un autre patient a des aphtes saignant facilement au contact, et qui s’accompagnent d’une sensation de chaleur dans la bouche. Vous constatez ainsi que Borax « couvre le cas ». Vous remontez à l’« Ordonnance type ». Borax n’y figure pas mais les autres médicaments sont recommandés en 5 CH. Choisissez la même dilution pour Borax. Les autres dilutions pourraient convenir. Préférez-les si Borax vous paraît évident, en particulier après avoir parcouru la pathogénésie de ce médicament, située page 432. Vous avez par exemple affaire un nourrisson qui, en plus des aphtes typiques, présente une légère diarrhée. Le nombre de symptômes de Borax vient d’augmenter d’une unité, ce qui rend la prescription plus fiable. Prescrivez-le en 7 ou en 9 CH. Votre prescription devient :

Borax 7 CH,
trois granules trois fois par jour, jusqu’à amélioration.

Chez un troisième patient vous trouvez des symptômes correspondant à Borax et Mercurius solubilis, et vous hésitez entre les deux médicaments. Rien ne vous empêche de les prescrire en alternance. Écrivez :

Borax 5 CH,
Mercurius solubilis 5 CH,
trois granules de chaque en alternance trois fois par jour jusqu’à amélioration.

Dans ce cas, vous n’avez pas prescrit au-dessus de la 5 CH, car la similitude n’était pas totalement claire.

Le patient que vous traitez maintenant a des aphtes à répétition. Vous retrouvez chez lui la plupart des symptômes caractéristiques de Natrum muriaticum, et pour commencer la langue en carte de géographie, qui n’a somme toute rien d’extraordinaire quand on traite une maladie située dans la bouche. Plus surprenant (mais parfaitement logique pour ce qui concerne le principe la similitude) vous apprenez qu’il se sent toujours plus mal au bord de la mer et qu’il présente une allergie solaire. Dans la matière médicale de Natrum muriaticum (page 518) vous retrouvez certains des symptômes mentaux cités en référence, et d’autres détails comme l’attirance pour les mets salés. Vous venez de découvrir son médicament de fond, celui qui va éradiquer la tendance à avoir des crises d’aphtes. Revenez à la bouche : le patient vous signale qu’il éprouve une sensation de chaleur dans la bouche à chaque fois qu’il a une crise d’aphtes, ainsi qu’une légère diarrhée. Borax est donc le médicament qui couvre les symptômes locaux. Vous pouvez, sans problème, prescrire les deux médicaments sur la même ordonnance. Choisissez, par exemple, Borax en 7 CH, trois granules trois fois par jour. Cependant, si vous le donnez seul, votre patient va revenir vous consulter pour d’autres crises. Ajoutez Natrum muriaticum en doses de globules, à prendre une fois par semaine. Pour les médicaments de fond il est d’usage d’utiliser des hautes dilutions (au-delà de la 9 CH). Si vous avez un doute sur l’indication de Natrum muriaticum, donnez-le en 12 CH, si le cas est net une 15 ou une 30 CH conviennent encore mieux. Votre ordonnance devient par exemple :

Chaque dimanche à jeun une dose complète de :
Natrum muriaticum 12 CH (4 doses).
Les autres jours de la semaine (du lundi au samedi), prendre dix minutes avant les trois repas trois granules de :
Borax 7 CH (3 tubes).

Les mentions entre parenthèses correspondent aux quantités à prescrire pour un mois.

Si Natrum muriaticum vous paraît à peu près certain, remplacez « 12 CH » par « 30 CH ».

Vous attendiez un bon résultat et celui-ci n’est que partiel ? Vous reprenez l’étude thérapeutique (page 37) et vous lisez que Psorinum est utile en cas de récidive malgré des médicaments apparemment bien indiqués. Votre ordonnance devient maintenant :

Chaque dimanche à jeun une dose, en suivant l’ordre des numéros 1, 2, 3, 4 :
Natrum muriaticum 12 CH (1, 3) ;
Psorinum 12 CH (2, 4).
Les autres jours de la semaine (du Lundi au Samedi), prendre dix minutes avant les trois repas trois granules de :
Borax 7 CH (3 tubes).

Votre patient va ainsi prendre une semaine sur deux son médicament de fond (doses n° 1 et 3), une semaine sur deux un médicament complémentaire destiné à faire réagir celui-ci (doses no 2 et 4). Précisez-lui que les doses de globules et les granules sont à laisser fondre lentement sous la langue, sans croquer ni avaler. Il doit savoir également que plus le traitement est commencé tôt par rapport au début de la maladie plus l’efficacité de l’homéopathie est nette.

Les schémas d’ordonnances ci-dessus correspondent aux éventualités les plus courantes. Il vous est naturellement loisible de demander des renseignements complémentaires à vos enseignants3 .

En guise de conclusion

Vous trouverez dans ce livre l’étude détaillée de 260 maladies ou circonstances pathologiques, sans compter les entrées simples renvoyant à des rubriques pleines. En l’étudiant, vous découvrirez de nouveaux projets thérapeutiques, qui donneront à votre formation de généraliste ou de spécialiste une ouverture en résonance avec les aspirations de notre époque. L’homéopathie est complexe mais elle n’est pas compliquée. En vous familiarisant avec ses principes de bases et ses médicaments vous obtiendrez des succès thérapeutiques qui vous feront progresser dans la motivation, la formation et l’information. Je vous souhaite d’aller jusqu’au bout du processus d’acquisition des connaissances. Je pratique l’homéopathie depuis 1966 et je puis vous assurer que j’ai mis l’essentiel de mon expérience dans ce qui suit. Je vous l’offre avec la certitude que vous en tirerez, pour le plus grand bien de vos patients, des résultats concrets.

Alain Horvilleur



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