Note sur la Traduction des Termes Chinois - 05/12/11
La terminologie utilisée dans ce livre suit en général celle de la première édition des « Principes fondamentaux de la médecine chinoise », de la « Pratique de la médecine chinoise » et de « Gynécologie et obstétrique en médecine chinoise ». Comme dans ces ouvrages, j’ai opté pour la traduction de tous les termes médicaux chinois à l’exception de Yin, Yang et de cun (unité de mesure).
J’ai aussi continué à utiliser des majuscules pour les termes qui sont spécifiques à la médecine chinoise. Par exemple, le « Sang » est l’une des substances vitales de la médecine chinoise, alors que le « sang » est le liquide qui coule dans les vaisseaux sanguins, par exemple, « Dans le Vide de Sang, le sang menstruel peut être pâle ». Je mets aussi des majuscules pour tous les aspects du pouls et pour les couleurs et les formes pathologiques du corps de la langue. Ce système n’est peut-être pas idéal mais il a semblé convenir aux lecteurs de mes livres précédents. Comme la plupart des enseignants (y compris moi-même) utilisent des termes chinois dans leurs conférences (par exemple Yuan Qi plutôt que Qi Originel), j’ai donné chaque terme en pinyin quand il est introduit pour la première fois. Un des changements introduits dans cette deuxième édition des « Principes fondamentaux de la médecine chinoise » est une utilisation plus fréquente, dans tout le texte, de termes en pinyin, et cela au moins une fois par chapitre. J’ai choisi cette solution pour éviter au lecteur de devoir consulter le glossaire trop souvent.
J’ai fait le choix de traduire tous les termes chinois (à l’exception de ceux cités plus haut) surtout pour des raisons de style. Je crois qu’un livre bien écrit se lit plus facilement qu’un texte parsemé de mots en pinyin. Laisser les termes chinois en pinyin constitue probablement l’option la plus facile mais cela n’est pas non plus l’idéal car un même mot en pinyin a souvent plus d’une signification ; par exemple, jing peut signifier « méridien », « règles », « Essence » ou « choc émotionnel», alors que shen peut signifier « Rein » ou « Esprit ».
Je suis bien conscient qu’il n’existe pas de traduction « correcte » d’un terme médical chinois et ma terminologie n’est pas proposée dans cet esprit ; en fait, les termes médicaux chinois sont par essence impossibles à traduire. La plus grande difficulté en ce domaine est que chacun de ces termes a plusieurs aspects et des significations différentes en fonction du contexte, ce qui fait qu’il est impossible qu’une traduction soit « juste » dans toutes les situations. Par exemple, le terme jue () a de nombreux sens différents ; une traduction ne peut correspondre qu’à un seul de ces aspects. Jue peut indiquer un état de collapsus avec perte de conscience, des mains et des pieds froids, ou une situation aiguë de rétention d’urines. Dans d’autres contextes, il a d’autres significations, par exemple jue Qi (
) est une situation de Qi chaotique, jue xin tong (
) une situation de douleur violente de la poitrine avec froid des mains, et jue yin zheng (
), le tableau du Yin Terminal (Jue Yin) dans le cadre de l’Identification des tableaux cliniques selon les Six Niveaux, avec Chaleur en haut et Froid en bas.
Les sinologues confirment que chaque mot chinois précis peut avoir une multiplicité de sens et peut donc se traduire de nombreuses façons différentes ; de manière paradoxale, chaque traduction amène à perdre une partie du sens du terme chinois car chaque terme chinois possède plusieurs sens simultanés. Comme Hall et Ames le disent :
Nous voudrions suggérer que chaque fois qu’un caractère quelconque apparaît, on puisse disposer de la liste complète et sans faille de ses sens. Et notre but, en tant qu’interprètes et traducteurs, est d’arriver à une compréhension qui soit sensible au contexte spécifique dans lequel ce caractère apparaît. Shen (), par exemple, est une notion complexe qui se trouve signifier à la fois « spiritualité humaine » et « divinité ». Shen ne signifie pas parfois « spiritualité humaine », et parfois « divinité ». Il porte toujours en lui ces deux sens et, qui plus est, il est de notre devoir d’essayer de comprendre, au niveau philosophique, comment il peut avoir ces deux sens en même temps.1
Même si des traductions variées des termes chinois peuvent poser des problèmes, ceux-ci sont aisément dépassés si l’auteur explique sa traduction dans un glossaire. De plus, le problème ne se manifeste que pour la forme écrite puisque, selon mon expérience, la plupart des conférenciers dans le monde occidental vont normalement préférer utiliser les termes pinyin à leur équivalent en langage occidental. Un conférencier parlera ainsi de Jing du Rein plutôt que d’Essence. En fait, personnellement, lorsque je donne des conférences, j’utilise généralement les termes pinyin plutôt que leur traduction et je m’efforce toujours de fournir à l’auditoire une idée du sens d’un caractère chinois précis, de sa signification et de son application en médecine chinoise.
Les traductions variées d’un même terme chinois peuvent même avoir un aspect positif dans la mesure où chaque auteur peut mettre en lumière une facette particulière du terme, ce qui va enrichir notre compréhension de la médecine chinoise. Si quelqu’un traduit zong Qi (), par exemple, par « Qi Initial », nous apprenons quelque chose à propos de la vision qu’a cet auteur du zong qi ; on ne peut dire de cette traduction qu’elle est « fausse » (personnellement je traduis le terme par « Qi Complexe »). Prenons un autre exemple. Si quelqu’un traduit yang qiao mai (
) par « Vaisseau de la Motilité Yang », cette traduction rend un aspect de la nature de ce vaisseau et, à nouveau, on ne peut qualifier cette traduction de « fausse » (je traduis le nom de ce vaisseau par « Vaisseau Yang du Talon »). Essayer d’imposer une traduction standardisée et « correcte » des termes de la médecine chinoise risquerait de mener à la disparition d’un débat des plus sains. J’espère donc que le lecteur continuera à bénéficier de la diversité des traductions des termes médicaux chinois et sera inspiré par le riche héritage de la médecine chinoise qu’elle représente.
Je n’ai pas changé de nombreux termes par rapport à la première édition, la principale exception étant « sensation d’oppression » pour men () que j’avais auparavant appelée « sensation de gonflement ». J’utilise désormais l’expression « sensation de gonflement » pour la sensation de pi (
). Le terme Pi peut renvoyer à de nombreuses autres réalités cliniques.
À la fin du livre, on trouvera un glossaire des termes en pinyin et en idéogrammes, accompagnés de leur traduction française. Se trouvent également inclus dans cet ouvrage, à la fois un glossaire pinyin-français et un glossaire français-pinyin.
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