Les cellules CD14+ dérivées de la lignée monocytaire s’accumulent préférentiellement dans le microenvironnement des lymphomes diffus à grandes cellules B et représentent des précurseurs potentiels de cellules dendritiques - 21/02/08
B Marmey [1],
C Boix [2],
JB Barbaroux [2],
J Diebold [1],
J Audouin [1],
WH Fridman [2],
CG Mueller [2],
TJ Molina [1 et 2]
Voir les affiliationsButs du travail : CD14 est un marqueur classique de la lignée monocytaire, mais son expression par les histiocytes/macrophages tissulaires est peu documentée. Les études du transcriptome montrent une forte augmentation des transcrits de CD14 dans les lymphomes diffus à grandes cellules B (LDGCB). Notre but a été d’analyser l’expression de CD14 par immunohistochimie, grâce à un anticorps anti-CD14 reconnaissant un épitope résistant à la fixation et à l’inclusion en paraffine (Clone 7, Novocastra), dans différents types de lymphomes B et d’évaluer l’ontogénie des cellules CD14+. Méthodes Une étude immunohistochimique a été effectuée sur 56 cas de lymphomes B (LLC-B, Lymphome à cellules du manteau (LCM), lymphome folliculaire (LF), lymphome de la zone marginale splénique (LZMS), LDGCB ainsi que sur 15 ganglions réactionnels, évaluant l’expression de CD14, CD1a, CD68, MPO, CD21, CD20, CD3. Dans quelques cas, une purification des cellules CD14+ a été effectuée ainsi qu’un phénotype par cytométrie de flux. Enfin, les cellules CD14+ ont été cultivées soit en présence de M-CSF connu pour favoriser la différenciation en macrophages, soit en présence d’un cocktail de cytokines GIT (Gm-CSF, IL-4, TGFbeta) favorisant la différenciation en cellules dendritiques.
Résultats : Dans les ganglions réactionnels, la majorité des histiocytes des sinus, les cellules épithélioïdes, les cellules folliculaires dendritiques et de rares cellules interdigitées expriment CD14 alors que les macrophages à corps tingibles, les macrophages avec activité de phagocytose (anthracose, erythrophagocytose), et les monocytes plasmocytoïdes n’expriment pas cet antigène. Dans les lymphomes de localisation ganglionnaire, en dehors d’exceptionnelles cellules persistantes dans les sinus conservés des LLC-B, LCM, LF, les cellules CD14+ sont rares. Par contre, dans la majorité des LDGCB, les cellules CD14+ sont nombreuses et n’expriment pas CD1a. Ces cellules ne correspondent pas à des cellules folliculaires dendritiques, ni à des cellules épithélioïdes ou à des histiocytes sinusaux. Parfois elles ont un aspect plasmocytoïde avec un noyau arrondi, excentré et un cytoplasme abondant. L’isolement de ces cellules CD14+ de LDGC et leur culture pendant 72 heures sous M-CSF leur donne un aspect morphologique de macrophages spumeux. Par contre leur culture sous GIT donne à certaines cellules un aspect plasmocytoïde et une minorité de cellules exprime de faibles niveaux de CD1a. Cet aspect morphologique plasmocytoïde et ces données phénotypiques sont similaires aux cellules dendritiques interstitielles dérivées de cellules CD34+ de sang de cordon et cultivé sous GIT.
Conclusion : Des cellules CD14+ sont recrutées spécifiquement dans le microenvironnement des LDGCB. Ces cellules peuvent sous certaines conditions représenter des précurseurs de cellules dendritiques. Leur rôle potentiel dans la croissance, la survie et la différenciation des cellules B est en cours d’évaluation.
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Vol 24 - N° HS1
P. 145 - novembre 2004 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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