Le test HPV urinaire proposé comme alternative au frottis cervico-utérin : étude pilote dans le département du Maine-et-Loire - 03/10/14
Résumé |
Objectif |
L’infection à papillomavirus humains (HPV) oncogènes est un facteur obligatoire dans l’émergence du cancer du col utérin. Actuellement en France, le dépistage du cancer du col de l’utérus repose sur l’examen cytologique d’un frottis cervico-utérin (FCU) chez les femmes âgées de 25 à 65 ans. Malheureusement, le taux de couverture du frottis reste insuffisant puisqu’il n’était que de 58 % en France entre 2006 et 2008. Dans le but d’augmenter la couverture de ce dépistage, nous avons mené une étude pilote dans le département du Maine-et-Loire dont l’objectif était de mesurer l’adhésion des femmes à un test HPV urinaire par rapport au frottis cervico-utérin. Ce projet a été réalisé en collaboration avec la structure de gestion Cap Santé 49 et a reçu un financement de la Ligue départementale contre le cancer.
Méthodes |
Entre novembre 2012 et janvier 2013, 5 000 courriers ont été envoyés à des femmes âgées de 40 à 65 ans ne souhaitant pas bénéficier d’un FCU après deux lettres d’incitation au frottis espacées de neuf mois. Ce courrier proposait de faire un prélèvement urinaire pour évaluer une nouvelle méthode de dépistage du cancer du col. Le prélèvement était ensuite envoyé au laboratoire de virologie du CHU d’Angers. La recherche des HPV dans les urines a été réalisée à l’aide d’une technique de PCR en temps réel commercialisée par les laboratoires Abbott (Abbott Real Time High Risk HPV). Cette technique permet le génotypage simultané des HPV 16 et 18 et la détection d’un complexe de 12 autres HPV oncogènes (HPV HR). En cas de résultat positif, la patiente était contactée par son médecin afin de réaliser un FCU dans les plus brefs délais.
Résultats |
771 prélèvements ont été reçus au laboratoire et 678 ont été analysés. Parmi eux, 29 étaient positifs pour l’HPV. 2 infections HPV 16, 4 coïnfections HPV 16 + un autre HPV HR, 1 coïnfection HPV18 + un autre HPV HR, 22 infections avec un HPV HR autre que HPV 16 ou 18. Les FCU, réalisés chez toutes les femmes dont le test HPV était positif, ont révélé la présence de 9 FCU normaux : 3 ASC-US, 1 ASC-H, 2 LSIL et 3 HSIL. Les investigations complémentaires ont permis de confirmer 3 lésions stade CIN3.
Conclusion |
Notre étude montre l’adhésion plus facile au test HPV urinaire pour les femmes qui refusaient le FCU. Nous avons pu dépister des lésions cervicales de haut grade chez ces femmes qui n’étaient pas suivies régulièrement. Le test HPV urinaire pourrait être une alternative au dépistage classique par frottis permettant d’étendre la couverture du dépistage du cancer du col en France, notamment chez les femmes en situation précaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2014 - N° 465P2
P. 9 - septembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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