Évaluation des connaissances d’anatomie de surface : les limites du poumon - 28/02/08
M Benkhadra
Voir les affiliationsIntroduction : La plèvre et son atteinte traumatique iatrogène au cours de la mise en place d’un cathéter veineux central constituent une hantise pour les médecins et en particulier les anesthésistes pour qui ce geste est quasi quotidien. Le but de notre étude est d’évaluer les connaissances d’anatomie de surface d’anesthésistes et de chirurgiens concernant la projection cutanée de la plèvre pulmonaire.
Matériel et méthode : Nous avons demandé à 30 médecins (anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens, réanimateurs médicaux) de dessiner sur un schéma tiré de Testut [1] la projection de la plèvre pulmonaire. Nous avons ensuite confronté par transparence les résultats au schéma original de projection des poumons. Deux critères principaux ont été évalués : la hauteur ou limite supérieure de la plèvre et sa limite externe au niveau de la clavicule (intérêt lors de la ponction sous-clavière).
Résultats : Sur 30 médecins sondés, seulement 3 médecins (anesthésistes) ont répondu correctement en ce qui concerne la hauteur et la limite externe de la plèvre.
Pour ce qui est de la limite supérieure, 16 médecins l’imaginent plus bas qu’elle n’est ; 10 la placent correctement, et 4 la placent plus haut.
Pour la limite externe : 4 la situent correctement, 24 la placent plus externe qu’elle n’est et 2 plus interne.
Discussion : Il apparaît donc que pour une grande majorité, les médecins imaginent la plèvre plus externe (80 %) et plus basse (53 %) qu’elle n’est en réalité.
Conclusion : Nos résultats montrent qu’il existe une dérive des connaissances anatomiques de base apprises lors du premier cycle d’études médicales. Peut être la peur du pneumothorax iatrogène finit elle par l’emporter sur les données anatomiques et imaginer cet organe tel un ennemi invisible : partout et nulle part ?
Mots clés :
questionnaire
,
anatomie de surface
,
plèvre
© 2005 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 89 - N° 287
P. 195 - décembre 2005 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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