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Journal de radiologie
Vol 78, N° 11  - novembre 1997
p. 1187
Doi : JR-11-1997-78-11-0221-0363-101019-ART74
Société Française de Radiologie
et d'Imagerie Médicale
Section Ile-de-France
 

J Radiol 1997; 78 : 1187-1191.

© Editions françaises de radiologie, Paris, 1997.

Compte rendu JR 430

Société Française de Radiologie
et d'Imagerie Médicale
Section Ile-de-France
21 avril 1997
Ecole d'Application du Val de Grâce
Scanner spiralé - indications
Responsable :
M Bléry

PROGRAMME

COMMUNICATIONS LIBRES

Intérêt du scanner hélicoïdal dans le contrôle postopératoire des endoprothèses

JL Sablayrolles, F Besse, A Ferrario (Centre Cardiologique du Nord, Service de Radiologie, Saint-Denis)

DISCUSSION

Apport des traitements 2D et 3D des données acquises en scanographie volumique dans la pathologie aortique et iliaque

G Leblanc, PY Laffy, C Michel (Centre Médico-Chirurgical de l'Europe, Le Port-Marly)

Dépistage et caractérisation des retours veineux pulmonaires anormaux et contrôle des RVP corrigés par scanographie 3D

G Leblanc, C Michel, PY Laffy (Centre Médico-Chirurgical de l'Europe, Le Port-Marly )

FORMATION MÉDICALE CONTINUE
MISES AU POINT SUR

Actualités technologiques

P Legmann (Hôpital Cochin)

L'irradiation en tomodensitométrie hélicoïdale

YS Cordoliani, V Hazebroucq, E Jouan, B Vincent, C Lévêque, JL Sarrazin (HIA du Val de Grâce)

APPLICATIONS

L'Exploration du thorax

P Grenier, C Beigelman, S Lenoir (Hôpital Pitié-Salpétrière)

L'Exploration du foie, des voies biliaires et du pancréas

Y Menu, A Denys (Hôpital Beaujon)

L'Exploration de la pathologie ostéo-articulaire

A Chevrot, JL Drapé, D Godefroy, AM Dupont, E Pessis, L Sarazin, A Minoui (Hôpital Cochin)

L'Exploration des polytraumatisés

JC Solacroup, JH Tourrette, B Palmier, B Muyard (HIA Saint-Anne, Toulon Naval)

L'Exploration des vaisseaux (15')

P Dubayle, B Boyer, H Darbois, P Leclainche, A Ait Hameur

(HIA Saint-Mandé)

L'Exploration en Neuroradiologie

A Zouaoui, B Marro, M Sahel, I Bonan, D Furet, C Marsault

(Hôpital Pitié-Salpétrière)

Intêrêt du scanner hélicoïdal dans le contrôle postopératoire des endoprothèses

JL Sablayrolles, F Besse, A Ferrario, Service de Radiologie du Centre Cardiologie du Nord 93200 Saint-Denis

Objectifs : les auteurs se proposent d'analyse l'apport des techniques volumiques du scanner pour le contrôle des angioplasties avec mise en place de stents.

Matériel et méthodes : entre 1995 et 1997, 120 patients ont été explorés par une acquisition scanner hélicoïdale contemporaine d'une opacification vasculaire. Les images ont été traitées en 2D, MIP, 3D et endoscopie virtuelle.

Nous avons analysé les critères suivants : perméabilité et dimensions du stent et des segments vasculaires adjacents, position du stent par rapport au vaisseau lui-même et aux collatérales, rapports avec la paroi et la lumière vasculaire.

Les résultats obtenus sont comparés aux données de l'angiographie et des explorations ultrasoniques.

Conclusion : l'acquisition volumique en scanner, permet une analyse fine des résultats postopératoires. Elle devrait permettre de fournir des éléments prédictifs de resténose et parfois inciter à des reprises précoces visant à améliorer le résultat immédiat. De manière prospective, elle pourrait modifier nos choix d'enoprothèses et nos options techniques.

Apport des traitements 2D et 3D des données acquises en scanographie volumique dans la pathologie aortique et iliaque

G Leblanc, PY Laffy, G Michel, Centre Médico-Chirurgical de l'Europe, 78560 Le Port-Marly

But : présenter le potentiel d'analyse à partir des reconstructions 2D et 3D des données acquises en scanographie volumique. Préciser le champ d'application de la méthode.

Méthode : l'acquisition volumique des données s'effectue en mode hélicoïdal pendant 20 à 30 secondes d'exposition synchronisée à une injection IV de PDC iodé. Après enrichissement des données par interpolation, les coupes reconstruites sont transférées sur une station de travail affectée au traitement numérique de l'imagerie. Cinq programmes de reconstruction sont utilisés : rendu de surface externe, reconstruction volumique multiplanaire, angioscopie virtuelle, recons-
truction oblique et reconstruction courbe.

Les résultats ont été analysés en terme d'efficacité diagnostique, fiabilité des mesures (bilan d'implantation, percutanée d'endoprothèse) et prédiction de l'état de la paroi artérielle, après confrontation des éléments fournis par l'imagerie et la chirurgie.

Résultats : le traitement numérique des données réalisé par utilisation d'un ou deux modes de reconstruction 2D et deux ou trois modes de reconstruction 3D apporte des informations nouvelles pesant sur la stratégie thérapeutique (sélection des patients, choix des matériels, modélisation de l'intervention). Le champ d'application de la méthode est vaste : exploration en urgence (dissection, embolie, fissuration) bilan préopératoire (anévrisme, sténose, occlusion) et contrôle post-interventionnel (pontage, endoprothèse).

Conclusion : l'abondance et la précision des informations fournies par les traitements 2D et 3D d'une part et le caractère peu invasif, peu onéreux et facilement reproductible de la technique d'acquisition d'autre part, placent la scanographie volumique au premier plan dans les algorithmes d'exploration de la pathologie aortique et iliaque.

Dépistage et caractérisation des recours veineux pulmonaires anomraux et contrôle des RVP corrigés par scanographie 3D

G Leblanc, C Michel, PY Laffy, Centre Médico-Chirurgical de l'Europe, 78560 Le Port-Marly

But : proposer un protocole d'examen pour dépister et caractériser les RVPA au cours du bilan de certaines malformations cardiaques (essentiellement CIA, mais aussi CIV et Tétralogie de Fallot) et contrôler des RVP corrigés, sans cathétérisme répété. Cette nouvelle application de la scanographie 3D est d'autant plus opportune que la chirurgie réparatrice des CIA évolue vers des techniques moins invasives, guidées par thoraco-vidéoscopie, qui privent le chirurgien d'une exploration peropératoire des RVP.

Méthodes : l'acquisition volumique rapide des données s'effectue en mode hélicoïdal (20 à 30 secondes d'acquisition). La synchronisation entre l'acquisition et l'injection IV de produit de contraste iodé tient compte d'une évaluation préalable de la vitesse circulatoire. L'exploitation des données repose sur l'utilisation de deux algorithmes de reconstruction : rendu de surface externe et reconstruction volumique multi-planaire.

Résultats : la méthode permet de déterminer les formes anatomiques de RVPA (retour dans VCS, OD, VCI, tronc innominé gauche), de mettre en évidence une autre anomalie vasculaire associée (VCS gauche, hypoplasie des AP, canal artériel, coarctation), d'évaluer la distance entre l'abouchement du RVP corrigé et le site de réimplantation, et donc de prévoir la taille des prothèses ou greffons à utiliser. Après confrontation des données fournies par l'imagerie et la chirurgie, la scanographie 3D s'avère fiable.

Conclusion : la scanographie 3D s'impose comme examen de première intention tant pour le dépistage et la caractérisation des RVPA que pour le contrôle des RVP corrigés. La méthode est peu invasive, peu onéreuse et facilement reproductible.

Tomodensitométrie hélicoïdale, actualités technologiques

P Legmann, Cochin, Paris

L'acquisition en mode hélicoïdal concerne l'ensemble de la gamme des machines présentées par les constructeurs. Les temps d'acquisition sont raccourcis, ce qui permet d'augmenter le volume exploré par unité de temps. La vitesse de rotation est inférieure à la seconde sur 360° pour certains, seul un constructeur conserve la double barrette.

D'une façon générale, la puissance des tubes à rayons X a été augmentée, avec une capacité thermique allant de 5 à 7 millions d'UC. L'augmentation de cette capacité thermique permet d'allonger la durée maximale d'une hélice : 60 à 100 secondes. La puissance des générateurs n'a pas été modifiée, car elle dépasse la puissance nécessaire aux tubes à rayons X actuellement utilisés.

Tous les constructeurs ont équipé leur scanner de détecteurs solides, certains avec des céramiques dopées de Gadolinium dont le rendement est accru. Des progrès ont eu lieu dans le domaine de l'informatique avec la possibilité de reconstruction des images au cours de la spirale, de 2 à 6 images par seconde en 2562.

Le temps de reconstruction des images s'est également réduit et s'effectue de façon parallèle à l'acquisition. Aucun constructeur ne propose un temps de reconstruction supérieur à 3 secondes.

Les consoles d'acquisition sont réellement multitâches, offrant de façon simultanée l'acquisition, le transfert et le traitement des images. Un certain nombre de logiciel sont proposés avec l'acquisition synchronisée à un signal extérieur : fréquence cardiaque, pic de contraste ou spiromètre, la possibilité de régler automatiquement les mAs en fonction de la corpulence, de façon à réduire la dose délivrée.

Les consoles secondaires sont de réelles stations de travail et de visualisation multimodalités, disposant de logiciels de post-traitement : 3D en temps réel, endoscopie virtuelle, 3D transparent, MIP, MINIP, density scoring, calcul de volume, etc. Des logiciels de simulation d'intervention, de calculs de dosimétrie, de fusions d'images entre plusieurs modalités : IRM, CT PET, SPECT sont également disponibles.

Toutes ces stations de travail répondent au standard Dicom 3 autorisant les transferts d'images et des données alphanumériques via les réseaux intranets ou internets.

Deux logiciels sont particuliers : le scanner interventionnel permettant le centrage de l'aiguille à biopsie par un laser, avec avancement automatique et scopie en temps réel, le Flexiscan, permettant à partir d'un repérage habituel, la reconstruction de l'image dans plusieurs plans.

L'avenir du scanner, sérieusement concurrencé par l'IRM, se fait vers le développement de nouveaux détecteurs solides, assurant une absorption complète des photons X et un rendement maximum, l'acquisition cônique autorisant la reconstruction dans tous les plans de l'espace, selon des épaisseurs variées, et une vitesse de rotation de 0,2 seconde sur 360°.

L'irradiation en tomodensitométrie hélicoïdale

Y-S Cordoliani, V Hazebroucq, E Jouan, B Vincent, C Lévêque, JL Sarrazin

But : rappeler les données physiques élémentaires de la délivrance de la dose en tomodensitométrie, les valeurs moyennes pour les explorations en mode conventionnel et hélicoïdal, et les moyens de diminuer ou, au moins, de ne pas augmenter inconsidérément les doses délivrées.

Méthode : rappels de la géométrie de l'irradiation au scanner et notion de dose moyenne multicoupes. Données des mesures de dose pour des appareillages courants.

Résultats : énoncé de l'ordre de grandeur des doses délivrées par les examens courants, en valeurs absolue et relative (par rapport aux examens courants et à l'irradiation naturelle).

Évaluation des modifications de doses dues à l'utilisation en mode hélicoïdal :

-- facteurs de réduction de dose :

* « pas » supérieur à 1,

* obtention d'un volume brut, réutilisable permettant des modifications a posteriori :

- de l'incrément de reconstruction (« pseudo coupes fines » complémentaires sans irradiation supplémentaire)

- de l'orientation du plan de coupe (reconstructions, notamment dans les plans obliques permettant d'éviter une inclinaison du statif, plus irradiante).

* optimisation de l'utilisation du produit de contraste diminuant les séries ou examens non contributifs.

-- facteurs d'augmentation de dose :

* réitération des séries dues à la facilité et la rapidité d'exécution.

Conclusion : l'utilisation rationnelle du mode hélicoïdal doit permettre une économie de dose et de temps.

Son utilisation irréfléchie conduit au contraire à une inflation de la dose délivrée, sans bénéfice diagnostique.

Les indications pour le thorax

P Grenier, C Beigelman, S Lenoir, Service de Radiologie, Hôpital Pitié-Salpêtrière, 75651 Paris Cedex 13

Elles se superposent grossièrement à celles du scanner conventionnel. L'apport le plus important de l'acquisition spiralée volumique, pour le thorax, est la possibilité d'acquérir un volume lors d'une seule apnée, évitant ainsi les erreurs par omission liées aux variations de volume pulmonaire, souvent incontrôlable en scanner conventionnel séquentiel.

Le scanner spiralé est largement supérieur au scanner conventionnel pour la détection des métastases pulmonaires dont la reconnaissance semble améliorée par les reconstructions chevauchées et la visualisation sur console en mode cinéma.

L'exploration du nodule pulmonaire solitaire est aussi facilitée, surtout dans la recherche de critères de bénignité.

Pour le diagnostic de dilatations des bronches, le scanner spiralé est supérieur au scanner en coupes fines, mais cette supériorité ne se justifie que dans le cadre du bilan d'extension préopératoire. Les reconstructions multiplanaires, après collimation de 3 mm, sont particulièrement utiles pour le bilan d'extension des cancers proximaux et des cancers de l'apex pulmonaire, ou pour le diagnostic des masses situées au contact du diaphragme.

Les reconstructions multiplanaires, 3D, et l'endoscopie virtuelle, n'apportent d'informations supplémentaires que dans le cadre très restreint du bilan préthérapeutique des sténoses trachéobronchiques soumis à l'endoscopie interventionnelle (pose de stent, laser, radiothérapie localisée).

L'apport le plus marquant du scanner spiralé en pathologie pulmonaire reste le diagnostic de l'embolie pulmonaire aiguë. Les performances diagnostiques d'angioscanographie spiralée pour le diagnostic d'embolie pulmonaire proximale (artères tronculaires, lobaires et segmentaires) ouvrent des perspectives pour l'inclusion de cette technique dans la stratégie diagnostique. Elle pourrait se substituer à la scintigraphie de ventilation-perfusion.

Exploration du foie, des voies biliaires et du pancréas

Y Menu, A Denys

Tous les examens hépato-biliaires et pancréatiques doivent être réalisés en acquisition hélicoïdale. Les deux avantages principaux sont les suivants :

- une exploration véritablement jointive du volume, éliminant les problèmes liés une apnée différente d'une coupe à l'autre ;

- la possibilité d'examiner tout le foie lors du passage artériel du produit de contraste puis du passage veineux.

Les autres avantages sont moins marquants : l'amélioration de la qualité de reconstruction multiplanaire, la possibilité de réaliser des images angiographiques d'assez bonne qualité et une diminution du temps de l'examen du point de vue du patient (mais pas du médecin).

D'un autre côté, les indications de la scanographie doivent être confrontées à celles de l'IRM.

A. Le foie

La détection et la caractérisation des masses hépatiques est une des indications les plus courantes de la scanographie. Pour la détection, les performances sont légèrement supérieures à celles de l'échographie, mais probablement pas suffisantes pour la remplacer en routine. Pour la caractérisation, les performances de la scanographie sont inférieures à celles de l'IRM, et en dehors des problèmes de disponibilité, la substitution par l'IRM devrait être quasi totale.

La scanographie reste indiquée dans le bilan d'extension des cancers, car elle montre bien les métastases hépatiques mais aussi les lésions surrénaliennes, ganglionnaires et plus généralement abdominales et thoraciques. En cancérologie, l'intérêt de la scanographie est encore confirmé par le caractère assez objectif des images, permettant une comparaison facile lors d'un suivi thérapeutique.

Pour les tumeurs malignes primitives et les tumeurs bénignes, bien que les performances de la scanographie soient excellentes, il semble que l'IRM lui soit supérieure.

B. Les voies biliaires

Malgré des performances plus intéressantes que celles de l'échographie, la scanographie n'a pas de rôle dans le diagnostic de la lithiase cholédocienne, s'effaçant derrière l'écho-endoscopie et la cholangio-IRM.

Elle est intéressante dans le bilan des obstacles biliaires de nature indéterminée, et dans le bilan d'extension des tumeurs de la voie biliaire. Elle a une excellente précision topographique pour déterminer la zone de l'arrêt et montre bien l'extension de la tumeur dans le pédicule, le parenchyme hépatique et les aires ganglionnaires.

Les performances sont supérieures à celles de l'IRM et de l'échotomographie.

C. Le pancréas

L'acquisition hélicoïdale permet d'améliorer la qualité technique des examens du pancréas. L'utilisation de coupes fines (2 à 2,5 mm) est courante et l'examen en double hélice, artérielle puis portale apporte des renseignements importants. La scanographie entre en concurence avec l'écho-endoscopie et l'IRM, dont les performances en matière d'imagerie pancréatique progressent rapidement.

Dans l'état actuel, la scanographie est un examen de 2e intention, après l'échotomographie pour les tumeurs du pancréas ou la pancréatite chronique et probablement de 1re intention pour la pancréatite aiguë.

Pour les tumeurs, elle a d'excellentes performances pour affirmer la non résécabilité d'un cancer et rend l'écho-endoscopie caduque dans ce cas. Inversement, lorsque la scanographie juge qu'une tumeur est résécable, l'écho-endoscopie est indiquée. Pour la pancréatite chronique, la scanographie permet le meilleur bilan topographique des lésions, mais la surveillance des kystes doit plutôt s'effectuer par échotomographie. Pour la pancréatite aiguë, la scanographie est actuellement le seul examen permettant un bilan morphologique complet des lésions, car l'échographie et l'écho-endoscopie sont trop limitées, tandis que l'IRM n'est pas encore évaluée.

En conclusion, l'acquisition hélicoïdale correspond à une réelle amélioration de la qualité des examens de la région hépatobiliaire et pancréatique. L'intérêt est majeur en cancérologie. En pathologie pancréatique, elle est indispensable et est parfois le seul examen morphologique utile. En pathologie hépatique et biliaire, elle entre en concurrence avec l'IRM, mais la différence de disponibilité des machines ne permet pas actuellement de jouer librement la substitution.

Résultats et indications de la TDM ostéo-articulaire. Apport du scanner spiralé

A Chevrot, JL Drapé, D Godefroy, AM Dupont, E Pessis, L Sarazin, A Minoui

Service de Radiologie B, Hôpital Cochin, Paris

Le scanner spiralé autorise l'étude du squelette et des articulations non seulement dans la dimension classique axiale, mais dans différents autres plans ou surfaces courbes de l'espace grâce aux reformatages. L'accès à l'imagerie 3D représente un indiscutable avantage. L'utilisation de l'imagerie en volume en MIP donne des espoirs dans l'exploration par scanner des prothèses et ostéo-synthèses métalliques.

La dose aux patients n'est pas significativement modifiée et reste négligeable pour l'étude des extrémités.

Une acquisition avec un Pitch de 1, une collimation de 1 mm, permet des reconstructions fines (1,3 mm), avec une incrémentation inférieure à 0,5 mm. Ceci autorise une bonne qualité des reformatages. Le champ est limité dans l'axe du coprs par la durée des hélices. En additionnant 1, 2, voire 3 hélices, on peut obtenir 60, 90, voire 120 mm de champ d'exploration. On obtient ainsi des vues panoramiques compétitives avec celles observées en IRM.

L'inijection intraveineuse n'est pas nécessaire. En revanche, l'injection intra-articulaire donne des explorations cartilagineuses d'excellente qualité. On accède à une étude méniscale presqu'aussi bonne qu'en arthrographie directe mais sourtout affranchie du problème de l'opérateur. Les indications se sont développées en traumatologie, dans l'exploration des tumeurs, des infections, dans l'implantologie dentaire.

Région par région, on retient l'intérêt du scanner spiralé dans les circonstances suivantes :

- Traumatologie : tout type d'analyses 2D et 3D des fractures.

- Pathologie rachidienne : acquisition orthogonale en coupe de 3, reformatage dans le plan des disques, reformatage longitudinal, sagittal et frontal.

- Pathologie articulaire, cartilage d'encroûtement, corps étranger intra-articulaire.

- Pathologie de l'épaule pour les lésions de la coiffe des rotateurs par arthroscanographie.

- Pathologie des genoux pour l'étude des ménisques.

- Pathologie fine des petits os du carpe et du tarse, avec ou sans arthrographie, améliorée par des possibiltés de fines collimations à 0,5 mm possibles sur certains appareils (Elscint)

- Les reconstructions 3D autorisent les «dissections» ou les désarticulations» électroniques, utiles en orthopédie préopératoires.

- Des programmes MIP s'avèrent intéressant pour l'étude topographique des prothèses totales de hanche et d'autres prothèses ou ostéosynthèses métalliques.

Exploration des vaisseaux

P Dubayle, B Boyer, H Darbois, P Le Clainche, A Ait-Ameur, M Azennag, M Danguy des Deserts

HIA Begin, Saint-Mandé

L'angioscanographie est une des applications majeure du scanner spiralé et représente de plus en plus une alternative non invasive à l'artériographie RX grâce à l'exploration volumique qui permet l'obtention de coupes chevauchées nécessaires à des reconstructions 2D et 3D de qualité et à la rapidité d'examen qui se fait au pic de rehaussement en densité maximal des vaisseaux.

Les progrès technologiques récents, en matière de tube et de détecteurs, autorisent la réalisation de coupes fines en des temps de rotation inférieurs à la seconde, avec un milliampérage suffisant pour ne pas dégrader le rapport signal sur bruit.

Quelques principes guident l'acquisition. Un compromis entre la collimation et la vitesse de déplacement de la table est nécessaire en fonction de la longueur du volume exploré, de la durée possible de l'apnée et de la durée de l'injection de produit de contraste. L'épaisseur de coupe devra être la plus fine possible en particulier pour l'exploration des vaisseaux perpendiculaires à l'axe de déplacement de la table. L'injection de produit de contraste se fait à haut débit entre 3 et 5 ml/seconde avec des quantités de produit de contraste importantes comprises entre 120 et 150 ml de produit dosé à 300 mg d'iode par ml. Les coupes sont reconstruites chevauchées avec un incrément variable de l'ordre de 30 % et un filtre favorisant la résolution en contraste. L'algorithme d'interpolation linéaire de 360° ou 180° est fonction du pitch.

Si l'étude des coupes axiales reste fondamentale, les reconstructions bi et tridimensionnelles apportent des éléments très utiles en pathologie vasculaire pour l'analyse d'une sténose ou dans l'appréciation des rapports anatomiques. Il est important d'en connaître les avantages et les limites.

Les reconstructions bidimensionnelles sagittales, frontales, obliques et courbes sont de réalisation aisée et utiles, car elles conservent toutes les informations des coupes axiales. L'orientation du plan de coupe dépend de l'opérateur et devra être choisi soigneusement en fonction de l'anatomie vasculaire pour ne pas masquer ou simuler une lésion. Les reconstructions MIP conservent les informations de densité des coupes natives mais nécessitent une édition d'images consommatrice de temps afin d'éliminer les structures denses non vasculaires. Il s'agit d'une technique de projection ne donnant pas d'information sur les rapports dans l'espace, inconvénient compensé par la réalisation de multiples projections en particulier dans des orientations impossibles à obtenir par artériographie classique comme les projections cranio-podales.

Les reconstructions volumiques avec rendu de surface sont utiles pour l'étude des rapports anatomiques vasculaires. Il s'agit d'une construction binaire qui ne conserve pas l'ensemble des informations sur la valeur d'atténuation des tissus et ne permet pas, par exemple, la distinction entre des calcifications pariétales et le contraste iodé intraluminal. D'autre part, le seuillage dépend de l'opérateur et un seuil inadapté va masquer ou au contraire majorer une sténose.

Les reconstructions 3D avec rendu de volume plus récemment développées sont très intéressantes car elles conservent l'ensemble des données sur la densité des tissus. Une valeur de gris ou une couleur sont attribuées aux voxels contenant tout ou partie de la structure que l'on veut explorer, la proportion de tissus au sein du voxel étant reproduite par des niveaux de brillance et d'opacité différents. La segmentation d'image n'est plus nécessaire, entraînant un gain de temps appréciable. Cette technique requiert des consoles de post-traitement évoluées, aux puissantes capacités de calcul, pouvant réaliser ces images en temps réel.

Les applications en pathologie aortique thoracique sont la recherche de dissection et le bilan des anévrismes. En effet, dans la recherche d'une dissection aiguë, la sensibilité du scanner spiralé égale celle de l'IRM et de l'ETO. Rapidement accessible, il autorise pendant toute la durée de l'examen la surveillance du patient. Le signe pathognomonique est l'image intraluminale de la membrane intimale flottante, délimitant un faux chenal circulant ou non.

Dans le diagnostic et le bilan préchirugical des anévrismes, l'angioscanographie spiralée apporte des renseignements sur la topographie, le collet et les rapports.

L'angioscanographie représente actuellement une méthode de choix peu invasive, rapide, fiable, économique, du diagnostic de l'embolie pulmonaire. Les signes positifs scanographiques de l'embolie pulmonaire sont la mise en évidence d'un thrombus intraluminal sous forme d'une hypodensité au sein du vaisseau opacifié, ou la non opacification d'une branche artérielle.

En pathologie neuro-vasculaire, l'évaluation des bifurcations carotidiennes représente une des indications majeures de l'angioscanographie avec une corrélation à l'angiographie supérieure à 90 %.

Le bilan préthérapeutique initial complet de la localisation, des contours et du collet des anévrismes intracrâniens est actuellement possible. Cet examen peut être réalisé en urgence au décours d'une hémorragie méningée.

L'exploration des anévrismes de l'aorte abdominale, réalisé en coupes de 3 mm, est au mieux réalisé en angioscanographie qui étudie les rapports du collet aux artères rénales aux artères digestives, l'extension en aval, la présence d'artères rénales accessoires, les calcifications et met en évidence les complications. Cette exploration profite de l'apport des techniques de reconstructions avec rendu de volume.

La recherche d'une sténose des artères rénales dans le bilan d'une HTA est bien réalisée par angioscanographie. Les reconstructions multiplanaires sont plus sensibles dans la détection des sténoses que les reconstructions MIP ou 3D avec rendu de surface.

En périphérie, la longueur du champ d'exploration est peu compatible avec la réalisation de coupes fines et les indications de l'angioscanographie sont limitées à l'exploration de segments vasculaires iliaques ou poplités dans le bilan d'anévrisme, de pièges poplités, dans le contrôle des prothèses endovasculaires et des pontages, ou dans l'étude préchirurgicale des rapports vasculaires des ostéomes.

Au total, l'angioscanographie est une méthode peu invasive, sensible, de faible coût dont la place par rapport à l'angio-MR est à définir. Parmi les techniques de reconstruction, les procédés de reconstruction en temps réel avec rendu de volume apparaissent les plus fiables.

Applications du scanner spiralé en neuroradiologie

A Zouaoui, B Marro, M Sahel, I Bonan, D Furet, C Marsault

Nous rapportons une expérience de plus de trois ans d'acquisition spiralée, dans le domaine de l'angio-scanner intracrânien (exploration des hémorragies méningées), de l'angioscanner des carotides endocrâniennes et des autres domaines : traumatismes faciaux, tumeurs cérébrales et tumeurs rachidiennes.

J Radiol 1997; 78

REFERENCE(S)


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