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Journal de radiologie
Vol 78, N° 11  - novembre 1997
p. 1192
Doi : JR-11-1997-78-11-0221-0363-101019-ART75
Réunion de Printemps de la SERMO
 

J Radiol 1997; 78 : 1192-1196.

© Editions françaises de radiologie, Paris, 1997.

Compte renduJR 431

Réunion de Printemps de la SERMO
Le Mans, 31 mai 1997

La séance de Printemps de la SERMO s'est tenue au Mans le samedi 31 mai 1997. Organisée par M Alméras, F Grou et D Deschamps, elle était consacrée à la Sénologie.

Deux cents collègues y ont participé. Ce succès est probablement lié au thème choisi mais également aux besoins de Formation Médicale Continue.

Au cours de cette réunion, des fiches et un cahier de présence ont été mis en place. Une évaluation a été pratiquée en fin de séance.

Au cours de la réunion du Conseil d'Administration, le vendredi 30 mai, il a été décidé, suivant les conseils du Comité Excécutif de la SFR d'organiser notre délégation régionale en cinq sections administratives correspondant aux DRASS et aux Régions.

P Lautridou, 1er Vice-Président, est chargé de l'organisation et du suivi de cette nouvelle répartition. Il est en effet nécessaire que les responsables déposent les déclarations préalables d'existence auprès des Directions Régionales du Travail. Il a également été chargé de faire la nouvelle lecture des statuts pour les harmoniser aux options définies par le Comité Exécutif.

Le nombre des inscrits de l'Ouest en 1996 était de 353 personnes. Ceci nous a permis d'obtenir cette année, deux bourses SFR-RSNA qui ont été attribuées au Docteur Patin de Brest et au Docteur Péron de Caen.

Au cours de l'année qui vient de s'écouler, la SERMO a continué ses actions de promotion pour Vienne, ainsi que pour les DES et DIS avec reconnaissance des meilleurs mémoires : Docteur Yapo d'Abidjan, Docteur Chapenoire de Brest et Docteur Benchekroun d'Angers.

Le prix Jacques Simon couronnant la meilleure communication de la SERMO d'Automne (Nantes, septembre 1996) a été attribuée au Docteur Garcia de l'Hôpital d'Instruction des Armées de Brest.

Au cours de notre Réunion, le Doyen Issa Traore de Bamako a été nommé Membre d'Honneur de la SERMO et des témoignages de satisfaction ont été remis aux organisateurs de notre session.

Les prochaines réunions tiendront :

* le samedi 27 novembre à Angers. L'EPU sera réalisé par le Professeur Rymer sur l'organisation de la FMC en France ;

* le 6 juin 1988 à Bourges : le thème retenu reste l'ostéoarticulaire ;

* en septembre 1998, la SERMO se retrouvera à Brest ;

* nos correspondants Anglais de la SWRA ont déjà pris contact pour le rendez-vous de Bristol. Celui-ci se tiendra probablement en juin 1999.

La Société reste donc très active et continue à s'organiser, en particulier autour de la Formation Médicale Continue.

M Carsin

RÉSUMÉS

Repérage des lésions mammaires infra-cliniques : technique manuelle avec injection de colorant. À propos de 1000 cas de repérage

V Boute, C Lévy, H Crouet, J Lacroix, T Delozier (Caen)

De janvier 1985 à avril 1993, 1000 patientes ont bénéficié de l'exérèse d'une image mammographique infra-clinique suspecte. Le repérage a été réalisé le plus souvent (837 cas) par une technique manuelle simple sous contrôle mammographique.

La localisation précise de la lésion ainsi que sa profondeur sont définies au préalable grâce à 2 clichés orthogonaux de face et de profil. Une aiguille fine est alors introduite au niveau de la lésion, son extrèmité étant placée à l'intérieur ou strictement au contact de l'image incriminée.

La bonne position de l'aiguille est confirmée par 2 clichés de contrôle. Si nécessaire, une modification est apportée, toujours sous contrôle mammographique.

Lorsque l'aiguille est parfaitement en place, le colorant (beu de méthylène) est alors injecté à la fois dans la lésion et le long du trajet allant de celle-ci à la peau, facilitant ainsi le repérage lors de l'acte chirurgical. L'aiguille peut alors être retirée.

Cette technique de repérage est de réalisation simple, rapide, et le plus souvent parfaitement tolérée par la patiente, sans aucune prémédication préalable.

Dans cette série, l'image repérée correspondait le plus souvent à des microcalcifications (46 % des cas), parfois associées à une opacité et/ou une désorganisation de trame (14 %). L'exérèse d'une opacité isolée représente 14 % des cas.

Le geste chirurgical le plus souvent réalisé correspond à une tumorectomie simple (77 % des cas). Cependant, 17 % des patientes ont subi, d'emblée ou secondairement, un curage axillaire du fait de la confirmation de la malignité lors de l'examen histologique.

L'étude histologique définitive a permis de retrouver une lésion maligne dans 29 % des cas (49 % de carcinomes canalaires infiltrants, 44 % de CCIS et de 7 % de carcinomes lobulaires infiltrants).

Dans 20 % des cas, il s'agissait de lésions «frontières» (hyperplasie atypique pour 90 % d'entre elles et carcinome lobulaire in situ pour 10 %).

Enfin, en ce qui concerne les lésions strictement bénignes (51 % des cas), elles correspondaient le plus souvent à des lésions de mastose (60 %) et dans 25 % des cas à un fibro-adénome. Vingt et un cas de radial scar (4 %) ont été diagnostiqués.

Il est par ailleurs intéressant de noter les paramètres pronostiques particuliers des carcinomes infiltrants diagnostiqués dans cette série : près de 2/3 d'entre-eux sont de taille inférieure à 1 cm, et seulement 25 % sont associés à un envahissement ganglionnaire axillaire.

Les tumeurs de moins de 1 cm, N - et de grade I SRB représentent 34 % des cas.

Au total, cette série de 1000 cas de repérage, faisant appel le plus souvent à une technique manuelle avec injection de colorant, permet de rappeler la simplicité et la fiabilité de cette technique. La nature des images incriminées est précisée, ainsi que les résultats histologiques obtenus, cette étude détaillée permettant de préciser les progrès effectués dans le diagnostic préopératoire, avec une corrélation probable en terme de diagnostic de lésions précancéreuses ou de petites tumeurs de bon pronostic.

La maladie de Paget du mamelon. À propos de 27 cas traités au CAC de Caen

J Lacroix, V Boute, H Crouet, T Delozier, C Lévy (Caen)

Nous rapportons une étude rétrospective de 1985 à 1996 portant sur 27 cas de maladie de Paget du sein.

Dans tous les cas, l'examen clinique du mamelon a fait suspecter le diagnostic qui a été confirmé par la biopsie du mamelon.

L'âge moyen de la découverte est de 63 ans avec comme âges extrèmes 47 et 81 ans.

Dans notre série, la mammographie est considérée comme normale 1 fois sur 2.

Dans les autres cas, il a été observé 7 opacités et 10 fois des microcalcifications.

Toutes les femmes ont subi une mastectomie avc curage axillaire et il a été retrouvé à l'histologie 20 carcinomes intra-canalaires dont 6 multifocaux et 7 carcinomes canalaires infiltrants.

La survie à 5 ans est de 87 %.

Notre série sera confrontée aux données de la littérature.

Adénofibromes du sein et greffe rénale : une association parfois trompeuse

F Caillon, F Leauté, A Fondimare, F Moussally, B Dupas (Nantes)

Objectifs : montrer le retentissement de la greffe rénale et du traitement immunosuppresseur (Cyclosporine A) sur le développement d'une pathologie bénigne du sein = l'adénofibrome.

Matériel et méthode : cinq patientes de 15 à 50 ans avec greffon rénal depuis 2 à 5 ans et traitées par Cyclosporine ont été explorées par échographie (n = 5) ou mammographie (n = 4). Le bilan sénologique était réalisé à titre systématique (n = 2) ou motivé par la palpation de un ou plusieurs nodules (n = 3). Les lésions détectées ont été opérées (n = 4) biopsiées (n = 1) ou surveillées régulièrement (n = 9).

Résultats : les lésions décelées chez ces patientes correspondaient échographiquement à des lésions solides dont la majorité était évocatrice d'adénofribromes mais volumineux et récidivants (n = 9), de croissance rapide et de découverte récente avec un bilan antérieur négatif (n = 5). Ce qui a fait craindre dans certains cas le développement d'une lésion proliférante (phyllode, lymphome, carcinome ...). L'examen histologique pour les plus suspectes, ou le suivi régulier, ont confirmé la nature bénigne et adénofibromateuse de ces lésions.

Conclusion : la greffe rénale soit par le biais d'un dysfonctionnement hormonal, soit par l'action du traitement immunosuppresseur pourrait induire le développement d'adénofibromes du sein.

Cicatrices radiaires (Centres prolifératifs d'Aschoff) : revue de 50 diagnostics mammographiques

V Boute, H Crouet, Y Denoux, C Lévy, J Lacroix, T Delozier (Caen)

La cicatrice radiaire ou centre prolifératif d'Aschoff représente une entité histologique bénigne spécifique du sein. Elle associe un noyau fibro-élastosique entouré par une prolifératin ductale d'architecture stellaire, et comporte souvent des kystes, parfois en métaplasie apocrine, des foyers d'adénose et une hyperplasie des galactophores.

Dans une série consécutive de 1 000 lésions infracliniques du sein opérées entre 1985 et 1994, nous avons revu 50 dossiers où le diagnostic histologique de cicatrice radiaire a été porté (5 % des images opérées). Dans tous les cas, une relecture histologique a été réalisée ainsi qu'une relecture a posteriori du dossier radiologique lorsque cela a été possible (39 cas).

L'âge moyen des patientes est de 54 ans, avec une assez forte proportion de femmes jeunes (7 cas soit 14 % avant 40 ans). 3 patientes avaient des antécédents de cancer controlatéral ; 9 (18 %) des antécédents familiaux (1er degré 6 ; deuxième degré 3).

La répartition selon le côté et la localisation sont sans particularité. Une seule des lésions était palpable. L'aspect radiologique nous est apparu très variable. Il s'agissait d'une image stellaire dans 31 cas (62 %) mais aussi d'une opacité dans 9 cas (18 %) et dans 10 cas (20 %) de microcalcifications isolées. Le diagnostic de cicatrice radiaire n'avait été évoqué en préopératoire, sur les critères radiologiques que dans 11 cas (22 %).

L'analyse de l'image selon les critères de Tabar a été possible sur les 39 dossiers radiologiques revus. Dans 29 cas d'image stellaire, là encore, une grande variabilité des signes radiologiques est constatée avec un diamètre total de l'image de 5 à 40 mm, un centre toujours inférieur à 10 mm, un centre clair dans 22 cas (75 %) dense dans 7 cas (25 %), des spicules longs 18 fois (62 %) et courts dans 11 cas (38 %), une variabilité de l'image rencontrée 25 fois sur 29. Dans 5 cas d'opacité non stellaire, le diamètre de l'image allait de 5 à 15 mm, il existait 4 fois sur 5 des contours flous.

Des microcalcifications isolées traduisaient la cicatrice radiaire dans 10 cas sur nos 50 dossiers ; il s'agissait 6 fois sur 10 de microcalcifications de type 4 selon Legall, type 3 1/5, type 2 1/5. Les foyers comportaient 8 fois/10 plus de 10 et 2 fois/10 moins de 5 microcalcifications. Des microcalcifications ont également été retrouvées dans 17 des 29 images stellaires revues (59 %), le plus souvent de type 2 et dans 3 des 5 opacités revues. Les microcalcifications sont donc, au total, présentes dans 70 % des cicatrices radiaires étudiées. Elles ont pu être mises en évidence sur les coupes histologiques dans 7 cas.

Histologiquement, le foyer élastosique était unique sauf dans 3 cas. La lésion de cicatrice radiaire n'était pure que dans 22 cas (44 %) ; elle était associée à des lésions frontières, hyperplasie atypique ou CLIS 19 fois (38 %), à un carcinome canalaire in situ 5 fois (10 %) et à un cancer invasif 4 fois (8 %). Le cancer invasif était un cancer tubuleux dans 2 cas et un cancer lobulaire invasif 2 fois.

Aucune corrélation n'a pu être mie en évidence entre l'image radiologique et la malignité. En particulier, lorsque le diagnostic de radial scar avait été évoqué radiologiquement (11 cas), il était associé 1 fois à un cancer invasif, 1 fois à un CCIS et 4 fois à une hyperplasie atypique.

La pratique de mammographies systématique conduit de plus en plus sovuent au diagnostic de cicatrice radiaire. À l'occasion de la révision de ces 50 dossiers, nous voulons souligner l'extrême variabilité des signes radiologiques, les critères de Tabar n'étant présents qu'environ une fois sur deux. La présence de microcalcifications, peu soulignée dans la littérature, a été notée dans 70 % des cas, signe radiologique isolé dans 20 % des cas.

Si la signification pathogénique de la cicatrice radiaire porte encore à discussions, l'association à une lésion maligne, intracanalaire ou invasive, y compris des cancers lobulaires invasif est retrouvée dans 18 % des cas et aucun signe radiologique ne permet de le prévoir. La vérification histologique de ces images infracliniques du sein nous paraît devoir être systématique même lorsque le diagnostic a été évoqué radiologiquement.

Syndrome de Cowden : à propos d'un cas, revue de la littérature

A Carsin (1), C Marchetti (1), M Ben Hassel (2), C Carsin-Nicol (3)

(1. Département d'Imagerie Médicale et 2. Département de Radiothérapie du CAC Eugène Marquis

3. Unité de Neuroradiologie, Fédération d'Imagerie Médicale CHU Pontchaillou, Rennes)

Les auteurs rapportent le cas d'une femme de 43 ans qui présente une lésion tumorale cérébelleuse correspondant à un gangliocytome, dont l'imagerie est typique. La prise en charge de la patiente est orientée par la présence d'antécédents cervicaux et gynécologiques pelviens vers la recherche d'une pathologie plus complexe : le syndrome de Cowden, avec mise en évidence d'une néoplasie mammaire ainsi que d'anomalies digestives typiques. Chez la patiente, aucune modification cutanée n'était mise en évidence. Une enquête familiale est actuellement en cours. La présence d'un ensemble d'anomalies tumorales et/ou malformatives conforte la notion de maladie génétique pouvant s'exprimer de façon variable et rentrant dans le cadre nosologique des phacomatoses.

Les adénocarcinomes mammaires ronds

Th Bourhis, M-J Lefèvre, M Thoma, B Sénécail, F Texier, M Bellet (Brest)

Les cancers mammaires ronds représentent 10 % des cancers du sein. Deux tiers de ces cancers ronds correspondent à des adénocarcinomes canalaires invasifs.

Contrairement aux carcinomes médullaires et colloïdes de faible évolutivité, classiquement rencontrés chez la femme de plus de 60 ans, les adénocarcinomes mammaires ronds sont redoutables.

Ils peuvent se voir chez la femme jeune.

- Le plus souvent de grading III, ils sont alors de croissance rapide et ont un pouvoir métastatique élevé et échappent ainsi aux protocoles de dépistage des formes à croissance lente.

À l'examen clinique et à la mammographie, ils se présentent comme des kystes, alors qu'en échographie ils apparaissent comme une structure mixte, la part liquidienne dépendant du degré de la nécrose.

- De grading I, ils présentent habituellement une structure tissulaire homogène en échographie, et de ce fait peuvent être pris à tort pour des adénofibromes.

- Ils doivent être diagnostiqués rapidement par ponction et par exérèse chirurgicale. Le grading III en particulier représente une véritable urgence.

- Les pièges et difficultés du diagnostic seront ensuite discutés.

Bilan de deux ans d'assurance qualité technique en Ille-et-Vilaine dans le cadre d'une campagne de dépistage du cancer du sein

B de Korvin (1, 5), P Muglioni (2), J-N Le Frêche (3), G Durand (4, 5), A Ramée (1)

1. Département d'Imagerie Hôtel-Dieu Hôpital-Sud Pr Ramée Rennes ; 2. Société Apave de l'Ouest ; 3. Président de l'Association pour le dépistage du cancer du sein en Ille-et-Vilaine (Adecsi) ; 4. Cabinet de Santé Publique Icônes Rennes ; 5. Médecins Coordinateurs de l'Adecsi.

Dans le cadre des campagnes de dépistage du cancer du sein, un contrôle qualité technique annuel et semestriel précis est demandé à chaque département par le CNP (Comité National de Pilotage) sur la base de reccommandations françaises du GIM (Groupe d'Imagerie Mammaire) ou de références européennes. Ces contrôles sont indispensables dans un souci d'uniformisation des radiographies, d'amélioration de leurs qualités pour détecter les plus petites lésions possibles et d'irradiation miminum des femmes dépistées. Ils ont démarré depuis 2 ans en Ille-et-Vilaine où une réflexion est menée au vu des problèmes pratiques soulevés par ces contrôles et de la correction possible ou non des anomalies rencontrées. Le bilan de ces contrôles est rapidement présenté.

Intérêt de l'analyse automatisée de clichés dans une campagne de dépistage

Y Rolland, B de Korvin, H Gestin, N Morcet, A Ramée (Rennes)

Département de Radiologie et d'Imagerie Médicale, Hôpital Sud (Rennes).

Dans le cadre de campagnes de dépistages, une aide à l'analyse de clichés est souhaitable. Elle n'est pas aujourd'hui réalisable, alors qu'une dizaine d'articles montrant l'intérêt de différentes méthodes d'analyse de texture ont déjà été publiés. Deux tâches principales sont réalisables : la segmentation des nodules ou des microclacifications, puis leur caractérisation en lésion béngine ou maligne. les résultats sont prometteurs pour un site clinique mais ne semblent pas pouvoir être facilement transposables. Les principaux facteurs limitants sont la nécessité de numériser les clichés, induisant des distorsions, l'absence de consensus sur les méthodes à utiliser (matrices de cooccurence, longueurs de plages, mesure de la dimension fractale...) ainsi que l'absence de représentation visuelle des résultats.

Il nous semble souhaitable de proposer une approche plus rationnelle avec une standardisation des acquisitions et de leur mode de numérisation en attendant de pouvoir disposer directement de données numériques. Il faut ensuite développer des consoles de traitement qui permettront d'évaluer les différentes méthodes à notre disposition.

Réflexions sur les cancers de l'intervalle apparaissant au cours d'une campagne de dépistage du cancer du sein

B de Korvin (1, 4), M-L Courtel (1), C Bohec (2, 4), J-N Le Frêche (3), A Ramée (1)

1. Département d'Imagerie Hôtel-Dieu Hôpital-Sud Pr Ramée Rennes ; 2. Cabinet de Santé Publique Icônes Rennes ; 3. Président de l'Association pour le dépistage du cancer du sein en Ille-et-Vilaine (Adecsi) ; 4. Médecins Coordinateurs de l'Adecsi

Depuis le 1er janvier 1995, une campagne de dépistage du cancer du sein a démarré en Ille-et-Vilaine dans le cadre des campagnes nationales à une incidence oblique tous les trois ans. Les premiers résultats à 2 ans de campagne semblent prometteurs (taux de participation proche de 50 %/ 5,9 cancers trouvés pour 1 000 femmes dépistées/ taux de positifs à 7,9 %). Comme cela était attendu, un certain nombre de cancers sont diagnostiqués cliniquement dans les 1 ou 2 ans qui ont suivi un test négatif (cancers de l'intervalle). Au vu de la littérature nationale et internationale, une réflexion sur les nombreux problèmes posés par l'analyse de ces cancers nous a paru indispensable. En effet, le suivi du taux de ces cancers est un indicateur important pour juger de la qualité et de l'efficacité des campagnes de dépistage en terme de diminution du taux de mortalité par cancer du sein.

La microbiopsie stéréotaxique en sénologie. Une alternative à la chirurgie ?

C Mayras, A-F Bertrand, N Dauver, G Bertrand, V Verrièle (Angers)

Objectifs : Limiter les exérèses chirurgicales chez des patientes présentant des lésions infracliniques mammographiques.

Matériels et méthodes : De mars 1994 à janvier 1997, 207 patientes ont subi des biopsies stéréotaxiques pour des lésions infracliniques mammographiques : opacités, microcalcifications en foyer peu suspectes. Pas de vérification chirurgicale envisagée de première intention. Appareils : Stéréotix et Sénographe DMR Général Electric. Biopty gun BARD puis BIP. Aiguilles : diamètre 18 G k juin 95, 16 G k novembre 96. 16 G pour opacités, 14 G pour microcalcifications. 3,5 prélèvements en moyenne (5 pour aiguilles 14 G). Biopsies pour 142 opacités et 74 foyers de microcalcifications.

Résultats : Prélèvements insuffisants 3 %. 216 examens biopsiques, 67 patientes opérées, les autres surveillées par mammographie à 6 mois puis annuelle. Résultats histologiques comparés : biopsies, pièces opératoires : 44 lésions malignes (carcinomes invasifs et in situ), 25 bénignes. Sensibilité 84 %, spécificité 88 %, VPP 95 %, VPN 65 %. Sensibilité et spécificité meilleures pour les opacités que pour les microcalcifications (faible nombre de prélèvements, aiguilles de 16 G au début de l'étude).

Conclusion : La microbiopsie stéréotaxique est une excellente méthode diagnostique en sénologie : grandes sensibilité et spécificité. Elle est une alternative à la chirurgie par ses faibles morbidité et coût. Elle pourrait être réservée aux patientes présentant des lésions peu suspectes ne méritant pas une exèrèse chirurgicale d'emblée.

Mots clés : Sénologie, microbiopsie.

Apport de l'IRM en pathologie mammaire quotidienne : expérience du centre René Gauducheau de Nantes

N Audan-Lafosse, N Tournemaine, C Digabel-Chabay, I Doutriaux-Dumoulin, M Ricaud-Couprie, M-T N'Guyen-Josien

Les buts de cette étude prospective sont de préciser le rôle et la place de l'IRM mammaire comme examen diagnostique de deuxième intention après les moyens sénologiques habituels et de vérifier la reproductibilité d'interprétation de cet examen.

Matériel et méthodes : 77 IRM mammaires ont été réalisées chez des patientes présentant les signes d'appel suivants : anomalie clinique, 18 cas (33,4 %), anomalie infraclinique (radiologique et/ou échographique) 59 cas (76,6 %), dont 40 foyers de microcalcifications isolés. 27 patientes sur 77 étaient suspectes de récidive locale d'un cancer mammaire traité.

L'appareil utilisé était un imageur 1 Tesla (Magnetom Impact*, Siemens). Le protocole d'examen, identique aux études de R Gilles et al., comportait une séquence spin écho T1 couvrant l'ensemble des deux seins, une série dynamique en coupes axiales de 3 mm centrées sur la zone pathologique, sans puis après injection de 0,2 mmol/kg de Gadolinium en bolus, et une dernière séquence identique à la première.

L'examen a été considéré positif sur l'existence d'une prise de contraste précoce, avant 1 mn 30 sec, visualisée grâce à la technique de soustraction d'images. Ces résultats ont été corrélés, soit aux données histologiques de la pièce opératoire dans 35 cas, soit à un suivi radioclinique d'au moins 6 mois dans 32 cas.

Tous les examens IRM ont été relus en aveugle par 4 radiologues, indépendamment l'un de l'autre, sans connaître les renseignements cliniques, selon une grille d'interprétation identique.

Résultats : 67 dossiers sont exploitables (9 IRM sont considérées comme illisibles en raison d'artefacts et 1 patiente a été perdue de vue). Nous retrouvons un taux de sensibilité de 66,6 % et un taux de spécificité de 76,7 %. Selon les signes d'appel, en cas de suspicion de récidive, les taux sont respectivement de 66,6 % et 83,3 % et pour un foyer de microcalcifications isolé, de 41,6 % et 73,3 %. Les concordances intra et interobservateur sont évaluées par le test kappa (k), estimée moyenne pour la concordance intra-observateur (k = 0,591), et de moyenne à bonne pour la concordance interobservateur (k compris entre 0,462 et 0,705), les divergences portant principalement sur l'interprétabilité de l'examen.

Commentaires : Nos résultats globaux s'inscrivent dans l'ensemble de la littérature, mais n'atteignent pas ceux de R Gilles et al., qui retrouvent 100 % de sensibilité pour le groupe suspect de récidive locale. L'IRM pratiquée pour un foyer de microcalcifications isolé apparaît peu sensible par rapport à un autre signe d'appel radiologique (41,6 % versus 91,6 %), par contre, il n'existe pas de différence significative concernant la spécificité. Notre étude fait apparaître une limite à la technique de soustraction d'images (non antérieurement rapportée par les auteurs) : 11,6 % des IRM lors du diagnostic initial et 19 % lors des relectures, sont considérées comme ininterprétables en raison des artefacts.

Conclusion : Si les performances globales et la concordance interobservateur sont bonnes, les limites de l'IRM mammaire dans notre étude sont le fort pourcentage d'examens illisibles à cause des artefacts techniques, l'existence de faux négatifs notamment dans le diagnostic de récidive locale, et les résultats peu encourageants pour la caractérisation d'un foyer de microcalcifications isolé.

Valeur diagnostique de la prise de contraste précoce à l'IRM des foyers de microcalcifications du sein (Étude préalable à propos de 12 cas)

L Moreau, E Asquier, Ph Bertrand, F Fauchier, F Wolman, Ph Rouleau (Tours)

But : Étudier la valeur diagnostique de la prise de contraste précoce des foyers de microcalcifications à l'IRM.

Matériels et méthodes : Une série préliminaire de 12 patientes ayant des foyers de microcalcifications allant des types II à V selon la classification de Le Gall ont bénéficié d'une IRM mammaire avant la chirurgie d'exérèse. L'IRM a été réalisée en coupes axiales de 4 mm d'épaisseur jointives, avec une antenne dédiée sein, en écho de gradient flash 3D sans puis toutes les minutes pendant 5 minutes après l'injection de Gadolinium. Les séquences à 1 mn, 2 mn et 5 mn après injection ont été soustraites. La référence pour le diagnostic de cancer du sein a été l'examen anatomopathologique de la pièce opératoire.

Résultats : 75 % des patientes (9/12) avaient une lésion néoplasique. La valeur prédictive positive de l'IRM a été de 75 %, la sensibilité de 66,7 % et la spécificité de 33,3 %. Pour 3 patientes qui avaient des lésions intracanalaires, l'IRM n'a pas montré de prise de contraste.

Conclusion : L'IRM n'a pas amélioré la valeur prédictive pour le diagnotic de lésion néoplasique. Cependant, il s'agit de résultats partiels qui ne permettent pas de conclure définitivement.

Intérêt de l'imagerie par résonance magnétique et de la tomodensitométrie dans l'évaluation du volume des néoplasies mammaires

N Watteau, L Moreau, Ph Bertrand, E Asquier, X Gallay, Ph Rouleau (Tours)

But : Apprécier l'intérêt de l'IRM et du scanner avec injection dans l'évaluation du volume des néoplasies mammaires.

Matériels et méthodes : Une série préliminaire de 10 patientes ayant un cancer du sein de plus de 3 cm de diamètre a été étudiée. Après 4 cures de chimiothérapie néoadjuvante, nous avons réalisé pour chacune un scanner et une IRM avec injection et mesuré le plus grand diamètre de la prise de contraste. Ces patientes ont toutes eu une chirurgie d'exérèse concomitante. La référence pour la taille tumorale a été la mesure anatomopathologique. Les corrélations ont été mesurées par le coefficient de corrélation.

Résultats : Les corrélations entre scanner-IRM (r=0,96, p< 0,0001) et scanner-anatomopathologie (r=0,78, p< 0,001) sont significatives. La corrélation IRM-anatomopathologie n'est pas significative.

Conclusion : Le scanner est intéressant dans l'évaluation du volume des néoplasies mammaires. L'IRM, bien que plus rapide que le scanner n'a pas démontré sa supériorité.

REFERENCE(S)


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