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Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
Vol 134, N° 5  - mai 2007
p. 510
Doi : AD-05-2007-134-5-0151-9638-101019-200520025
Note de pharmacovigilance

Nicorandil et ulcération : de nouvelles localisations
Nicorandil and ulceration: new sites
 

J.-L. SCHMUTZ [1], A. Barbaud [1], P. TrÉchot [2]
[1] Service de Dermatologie, Hôpital Fournier, 36, quai de la Bataille, 54035 Nancy Cedex
[2] Laboratoire de Pharmacovigilance, Hôpital Central, 29, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 54035 Nancy Cedex.

Tirés à part : J.-L. SCHMUTZ, à l'adresse ci-dessus (1). jl.schmutz@chu-nancy.fr

Le nicorandil (Ikorel®, Adancor®) est un activateur des canaux potassiques, considéré comme un « ouvreur » à effet vasodilatateur, au même titre que le minoxidil. Le nicorandil possède de plus un effet NO-mimétique.

Rapidement et complètement absorbé au niveau du tube digestif, il n'a pas d'effet de premier passage hépatique. Il est d'autre part faiblement lié aux protéines plasmatiques (environ 25 p. 100) et possède un métabolisme essentiellement hépatique.

En dehors des aphtes et des ulcérations muqueuses qu'il peut induire, il faut noter parmi ses effets indésirables des céphalées (en début de traitement) mais aussi une vasodilatation cutanée.

Les premiers cas d'ulcérations avec le nicorandil ont été rapportés par deux équipes françaises en 1997. Il s'agissait alors d'ulcérations buccales [1 et 2]. Il a fallu attendre 2002 pour que Watson et al. [3] décrivent avec ce principe actif les premiers cas d'ulcérations anales chez cinq patients dont la symptomatologie évoluait depuis à peu près 3 mois lorsqu'ils étaient vus en consultation spécialisée.

En 2004, Passeron et al. [4] rapportaient un cas d'ulcération anale avec fistule chez un homme de 52 ans traité depuis 3 ans par nicorandil à raison de 30 mg × 2 par jour. Les premiers symptômes étaient apparus quelques semaines après l'introduction du nicorandil tandis que l'ulcération anale n'était diagnostiquée que 6 mois plus tard avec aggravation progressive de la symptomatologie jusqu'à la fistule. Malgré les traitements entrepris (chirurgicaux et médicaux), ce premier ulcère s'élargissait en même temps que se constituait à ses côtés un deuxième ulcère d'aspect identique (bords nets et fond propre). En l'absence d'autres étiologies, une hypothèse iatrogénique était évoquée et le nicorandil arrêté. Deux semaines plus tard, une nette amélioration était notée mais il fallait au total 12 semaines pour obtenir une guérison complète.

En 2005, deux nouvelles publications sur le sujet (relatives à trois cas, tous d'évolution favorable à l'arrêt du nicorandil) apportaient de nouveaux éléments quant à la localisation de ces ulcères.

Malik et al. [5] rapportaient deux cas : en premier celui d'une femme de 64 ans traitée pendant 3 ans par nicorandil à raison de 10 puis 20 mg × 2 par jour sans problème particulier. Lors de l'augmentation de la posologie du nicorandil à 30 mg × 2 par jour, on notait l'apparition en 6 à 8 semaines de larges ulcères localisés au niveau de la vulve, du périnée et en péri-anal.

Le deuxième cas était celui d'une femme de 81 ans traitée par nicorandil pendant 3 ans à raison de 30 mg × 2 par jour qui présentait depuis 8 mois une ulcération péri-anale puis une ulcération abdominale cutanée bordant une large partie d'un orifice de colostomie.

Enfin, Wong et al. [6] signalaient, chez une femme de 78 ans, obèse avec un important psoriasis inversé et traitée depuis 4 à 5 ans par nicorandil à raison de 30 mg × 2 par jour, l'existence de trois profondes ulcérations péri-anales associées à des ulcérations plus superficielles localisées dans les plis sous-mammaires, abdominaux et interfessiers.

Cet effet indésirable médicamenteux pourrait traduire l'expression cutanéo-muqueuse du nicorandil sur des sites préférentiels (muqueuses : buccale, anale...) et/ou fragilisés (orifice cutané de colostomie, psoriasis inversé...).

Une concentration plasmatique élevée du produit, capable d'induire un effet vasodilatateur local puissant, pourrait être un élément favorisant la constitution de cet événement.

Il est cependant étonnant qu'il ait fallu 10 ans pour qu'un tel effet indésirable se précise. La déclaration en pharmacovigilance et la publication de cas sont plus que jamais d'actualité.

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Références

[1]
Reichert S, Antunes A, Tréchot P, Barbaud A, Weber M, Schmutz JL. Major aphtous stomatitis induced by nicorandil. Eur J Dermatol 1997 ; 7 : 132-3.
[2]
Boulinguez S, Bedane C, Bouyssou-Gauthier ML, Cornee-Leplat I, Truong E, Bonnetblanc JM. Aphtose buccale géante induite par le nicorandil. Presse Med 1997 ; 26 : 558.
[3]
Watson A, Al Ozairi O, Fraser A, Loudon M, O'Kelly T. Nicorandil associated anal ulceration. Lancet 2002 ; 360 : 546-7.
[4]
Passeron T, Lacour JP, Mantoux F, Fabiani P, Dubois D, Ortonne JP. Chronic anal ulceration due to nicorandil. Br J Dermatol 2004 ; 150 : 394-6.
[5]
Malik R, Clark C, Blair R, Shaffrali FC, Holmes S. Chronic anal ulceration due to nicorandil. Br J Dermatol 2005 ; 152 : 809-10.
[6]
Wong T, Swain F, Calonge E. Nicorandil-associated perianal ulceration with prominent elastophagocytosis and flexural ulceration. Br J Dermatol 2005 ; 152 : 1360-1.


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