Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
Volume 137, n° 5
pages 408-415 (mai 2010)
Doi : 10.1016/j.annder.2010.03.008
Received : 17 February 2009 ;  accepted : 27 September 2009
Prise en charge du psoriasis de l’enfant
Management of childhood psoriasis
 

A. Clabaut, V. Viseux

la Société Française de Dermatologie Pédiatrique

Service de dermatologie, CHU d’Amiens-Sud, avenue René-Laënnec, 80054 Amiens cedex 01, France 

Auteur correspondant.
Introduction

Le psoriasis de l’enfant est une maladie inflammatoire chronique parfois sévère ; le psoriasis débute dans 30 % des cas avant l’âge de 16 ans [1]. L’atteinte cutanée du psoriasis est particulièrement visible, ce qui explique le retentissement social et psychologique qui en découle [2]. L’objectif du traitement des enfants psoriasiques est d’améliorer l’atteinte physique mais aussi la souffrance psychologique associée à la maladie, en évitant la survenue d’effets indésirables associés.

Facteurs favorisants chez l’enfant

Les facteurs favorisants suivants sont incriminés.

Prédisposition génétique

Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 36 à 64 % des cas chez l’enfant [3]. Le mode de transmission génétique reste l’objet de nombreuses hypothèses. Toutefois, la liaison entre le psoriasis et certains groupes HLA est maintenant clairement établie.

Deux types de psoriasis sont décrits sur la base de données épidémiologiques allemandes : le type 1, de survenue précoce (avant 40 ans), lié à un contexte familial de psoriasis et donc probablement génétique, présente une forte liaison à l’haplotype HLA Cw6. Le type 2, de survenue plus tardive, sans caractère familial, est plutôt lié à l’haplotype Cw2. Le type de psoriasis concernant l’enfant est donc celui de début précoce, présentant la liaison avec l’HLA Cw6 (locus 6p21). Il existe des associations moins clairement établies avec d’autres haplotypes.

L’étude irlandaise de Gudjonsson et al. portant sur 1006 patients confirme la survenue plus précoce et un tableau clinique plus sévère chez les patients porteurs de l’HLA Cw6. Cette étude montre une différence significative entre les patients homozygotes et les patients hétérozygotes : le risque relatif de développer la maladie est plus élevé (23 versus 8,8), l’âge de début est plus précoce (15 ans versus 17,8) et les antécédents familiaux de psoriasis sont plus fréquent (98 % versus 86 %). Il n’y a en revanche pas de différence significative de phénotype ou de sévérité entre les patients homozygotes et les hétérozygotes [4].

Deux hypothèses sont avancées concernant la nature précise du lien HLA Cw6-psoriasis :

la première considère la molécule HLA-Cw6 comme présentatrice de protéines pathologiques aux lymphocytes T CD8 de l’épiderme. Ces protéines pathologiques peuvent être des auto-antigènes ou des antigènes streptococciques par mimétisme moléculaire [5] ;
la seconde considère que les modifications du locus en 6p21 entraînent un déséquilibre dans la structure des gènes de voisinage, ceux-ci étant des gènes de susceptibilité à la maladie [6]. Des liens moins forts que pour le locus en 6p21 ont été établis pour les locus en 17q25, 4q34, 1p, 1q21, 3q21, 4q31, 19q13. Une étude chinoise récente portant sur 180 familles de patients porteurs de psoriasis a permis d’identifier un nouveau locus sur le chromosome 2p22.3-11.2 [7].

Facteurs environnementaux

La survenue du psoriasis ne dépend pas uniquement de facteurs héréditaires ou génétiques, mais également de facteurs exogènes. C’est ce que suggèrent les études réalisées sur des jumeaux homozygotes, danois et américains, révélant des taux de concordance inférieurs à 100 % (60 à 70 %) dans la survenue de la maladie [8, 9].

Les infections streptococciques

Les infections streptococciques sont un facteur déclenchant de psoriasis en gouttes. Elles sont également à l’origine, plus rarement, de psoriasis pustuleux ou de poussées de psoriasis en plaque.

Mécanisme incriminé

Les antigènes streptococciques, notamment la protéine M du streptocoque β hémolytique, seraient des super antigènes (exogènes) capables d’activer les lymphocytes T sensibilisés de l’épiderme [10].

Comme décrit précédemment, la molécule HLA Cw6 est suggérée présentatrice de cet antigène. Mais, même si l’incidence de Cw6 est beaucoup plus élevée chez les patients porteurs de psoriasis en gouttes ou plaques, il n’est pas systématiquement retrouvé chez les patients présentant une poussée de psoriasis avec infection streptococcique documentée. L’HLA Cw6, même s’il semble important dans le déclenchement d’un psoriasis après une infection à streptocoque, n’est donc pas indispensable [5].

Type de psoriasis associé aux infections streptococciques

Psoriasis en gouttes : c’est de 1916 que date la première publication associant les infections ORL à streptocoque β hémolytique aux poussées de psoriasis en gouttes [11]. Cette hypothèse a depuis été confirmée [12]. Le psoriasis en gouttes débute dans 30 % des cas vers l’âge de 15 ans et se révèle donc être une pathologie fréquente chez l’enfant [13]. L’incidence des infections ORL à streptocoque serait de 56 à 97 % dans le psoriasis en goutte [5]. L’infection streptococcique est classiquement démontrée par des prélèvements bactériologiques de gorge positifs ou des séroconversions streptococciques ;
psoriasis en plaques : une étude prospective sur un an portant sur 208 patients atteints de psoriasis chronique, âgés de 5 à 82 ans, confirme le rôle déclenchant des infections ORL streptococciques dans les poussées de psoriasis chronique en plaques [14] ;
psoriasis pustuleux généralisé : le psoriasis pustuleux généralisé est très rare chez l’enfant. Un cas de psoriasis pustuleux généralisé associé à une augmentation des ASLO chez un enfant de dix ans a été rapporté en 2003. Cette description semble aller dans le sens de précédentes observations suggérant une relation entre infections ORL streptococciques et psoriasis pustuleux [15].

Localisation initiale de l’infection streptococcique en cause

L’angine à streptocoque est en cause le plus souvent [12]. Il faudra également rechercher d’autres localisations d’infection streptococcique initiatrice. Un cas de psoriasis en gouttes chez un enfant de trois ans, associé à une infection streptococcique péri-anale, a été décrit en 2007, ce cas concordant avec au moins six observations antérieures du même type [16].

Place du traitement par antibiothérapie ou amygdalectomie

Le rôle initiateur des infections streptococciques dans le psoriasis de l’enfant ayant été démontré, l’utilisation d’une antibiothérapie adaptée, voire l’amygdalectomie semblent être justifiées. Cependant, aucune étude contrôlée versus placebo n’ayant été réalisée, leur utilisation pour améliorer le psoriasis reste controversée. Il semble que l’utilisation de l’antibiothérapie puisse être envisagée dans les cas de psoriasis sévères résistants aux traitements topiques, avec toutefois un risque d’effets secondaires et de résistances bactériennes à prendre en compte. La chirurgie n’est discutée qu’en cas de psoriasis sévère, résistant aux traitements locaux bien conduits et à l’antibiothérapie, avec une preuve sérologique ou clinique d’une infection streptococcique récidivante sous-jacente [17].

Les infections virales

L’infection par le VIH peut induire ou exacerber un psoriasis chez l’adulte [18]. Un cas de psoriasis du tronc chez une enfant de cinq mois infectée par le VIH a également été rapporté [19]. Certaines études récentes suggèrent une association entre le psoriasis et certaines infections virales telles que l’hépatite C, l’infection à papillomavirus humain, à herpès simplex virus, à virus varicelle zona, de même que l’infection à cytomégalovirus. Le parvovirus B19 a également récemment été incriminé chez l’adulte [20]. Chez l’enfant, une étude portant sur 26 enfants atteints de psoriasis comparés à 15 enfants atopiques, révèle une fréquence de portage du papillomavirus humain dans les squames des lésions psoriasiques plus élevée chez les psoriasiques que chez les patients atopiques. Cela suggèrerait, pour les auteurs, une association psoriasis-PVH chez l’enfant, indépendante de la forme clinique [21].

La vaccination par le BCG

Un cas de psoriasis en gouttes survenu une semaine après une vaccination antituberculeuse a été décrit chez un enfant de sept ans aux antécédents familiaux de psoriasis (père et oncle). L’association dans ce cas pourrait être fortuite ou rapportée à la réaction immunitaire entraînée par ce vaccin vivant atténué [22].

La maladie de Kawasaki (MK)

Dix cas d’association psoriasis-maladie de Kawasaki (MK) ont été décrits en 2000 dans une étude américaine portant sur 476 enfants atteints de psoriasis. Cinq enfants ont présenté un psoriasis lors de la phase aiguë de MK, compliquée pour quatre d’entre eux d’une atteinte coronaire. Les cinq autres avaient un psoriasis en gouttes dans les suites de la maladie [23]. Cela suggère, pour les auteurs, une gravité de l’association psoriasis-MK à sa phase aiguë.

Un cas de psoriasis pustuleux à la phase aiguë de la MK suivi d’un psoriasis en gouttes dans les semaines suivantes a été décrit en 2003. Aucune atteinte coronarienne n’a été retrouvée [24]. Un cas récent de psoriasis en plaques dans les suites d’une MK chez un enfant de deux ans a également été décrit [25].

Le stress

Il est reconnu comme facteur aggravant du psoriasis de l’enfant [26]. Cela est confirmé par une étude californienne portant sur 223 enfants et 484 adultes (stress déterminé par un questionnaire), comparant les psoriasis débutants de l’enfant et de l’adulte [27].

Les traumatismes

Dans l’étude précédemment citée [27], il est rapporté que le phénomène de Koëbner après traumatisme est plus fréquent chez l’enfant que chez l’adulte (49,6 % chez l’enfant contre 38,9 % chez l’adulte).

Particularités cliniques
Selon le type de psoriasis

Le psoriasis commun (vulgaire) en plaques nummulaires est le plus fréquent. Il représente 70 % des cas dans une étude de 1999 [28]. Il correspond à la forme la plus fréquente (34 % des cas) dans une étude australienne portant sur 1262 enfants [29]. Les squames peuvent être moins épaisses que chez l’adulte, perdant leur aspect micacé habituel. Les lésions peuvent être plus petites et moins épaisses ;
le psoriasis en gouttes représente en moyenne 30 % des formes cliniques. Les lésions petites, multiples prédominent sur le tronc, les racines des membres et épargnent généralement le visage et les faces d’extension des membres. La durée moyenne de la dermatose est de trois mois mais elle atteint parfois un an ou plus [30]. Des résurgences sont possibles dans les trois à cinq ans suivant la première poussée [31] ;
le psoriasis pustuleux est plus rare. Moins de 200 cas ont été décrits dans la littérature [32].
Contrairement à l’adulte, le psoriasis pustuleux de l’enfant n’est généralement pas précédé de psoriasis vulgaire [33]. Il survient plus volontiers chez le garçon, le plus souvent durant la première année de vie et une association avec la dermatite séborrhéique est remarquée [15].
le psoriasis congénital : une revue récente de la littérature, incluant neuf patients, met en évidence quelques différences entre le psoriasis congénital et celui de l’enfant. En effet, la prévalence des antécédents familiaux est moindre, les lésions épargnent les fesses du nouveau-né et le pronostic apparaît moins bon [34] ;
l’érythrodermie psoriasique reste exceptionnelle.

Selon la localisation du psoriasis
Le psoriasis du visage

Le psoriasis du visage est plus fréquent chez l’enfant que chez l’adulte [35]. L’atteinte des paupières et des joues peut simuler un eczéma, tout comme celle du sillon rétro-auriculaire [29]. L’atteinte du nez et des lèvres provoquée par le mouchage est un équivalent du phénomène de Koëbner.

Il représente la localisation la plus fréquente de psoriasis chez l’enfant (38 % des cas) [29]. De plus, 98 % des enfants atteints de psoriasis des langes disséminé dans cette série ont une atteinte faciale de leur maladie.

Le psoriasis du cuir chevelu

Le psoriasis du cuir chevelu est également très fréquent, se traduisant par une zone squameuse épaisse pouvant entraîner une chute réversible des cheveux [30] (fausse teigne amiantacée). On peut également observer un casque squameux et micacé.

L’atteinte des membres

L’atteinte des membres est très fréquente selon une étude chinoise récente portant sur 277 enfants (50 à 65 % des cas) [36].

L’atteinte du tronc

L’atteinte du tronc est fréquente et les localisations sont similaires au psoriasis du tronc de l’adulte.

L’atteinte palmoplantaire

L’atteinte palmoplantaire survient dans environ 4 % des cas chez l’enfant [29]. Elle se traduit dans 35 % des cas par une acropulpite sèche, sensible et fissuraire [28]. Elle se manifeste plus rarement par une pustulose palmoplantaire, associée ou non à une atteinte unguéale. À noter que dans l’étude de Morris et al., les cas de pustulose palmo-plantaire de l’enfant surviennent dans 68 % des cas avant l’âge de cinq ans [29].

Le psoriasis inversé

Le psoriasis inversé prend le même aspect que chez l’adulte. Une atteinte des petits plis ou du conduit auditif externe peut aider à le distinguer d’une candidose.

Le psoriasis des langes

Le psoriasis des langes (Napkin psoriasis) reste la forme de psoriasis la plus fréquemment observée chez l’enfant de moins de deux ans sous forme isolée ou secondairement extensive [29]. Il évolue vers un psoriasis étendu dans 5 à 25 % des cas [37].

Le psoriasis unguéal

Une étude portant sur 201 enfants porteurs de psoriasis unguéal révèle une incidence de cette maladie de 37,8 % [38]. Cette atteinte est plus fréquente chez les garçons. Les dépressions en dés à coudre sont retrouvées le plus fréquemment, suivies de l’onycholyse. La forme unguéale peut précéder, accompagner ou succéder au psoriasis cutané. Le psoriasis unguéal est plus fréquent en cas d’atteinte articulaire ou cutanée digitale [39].

L’atteinte buccale

Initialement, il a été avancé que la langue géographique était plus volontiers associée au psoriasis pustuleux [40], mais deux cas de langue géographique associée à un psoriasis non pustuleux ont été récemment décrits [41]. La langue géographique est en fait maintenant considérée comme une atteinte buccale du psoriasis, puisqu’elle est quatre fois plus fréquente chez les enfants atteints de psoriasis que dans la population générale [42].

L’atteinte articulaire

L’arthrite psoriasique touche environ 8 % de la population avec psoriasis cutané mais est exceptionnelle chez l’enfant. Son pic de fréquence se situe à la puberté avec une survenue plus précoce chez les filles.

Options thérapeutiques
Les topiques

Le traitement par topiques est proposé en première intention. Il est important d’informer l’enfant et les parents sur la maladie et son traitement afin de permettre la meilleure observance possible.

Les dermocorticoïdes

Ils représentent le traitement de première ligne. Leur classe est adaptée au site à traiter et à l’âge. Leurs effets cutanés à long terme, notamment l’atrophie cutanée, incitent à ne les utiliser qu’en cure courte, avec substitution rapide par d’autres topiques (comme les dérivés de la vitamine D) [43] et à éviter certaines localisations que sont les plis de flexion, le visage ou la région génitale [44].

En cas d’application prolongée, des cas d’inhibition de l’axe hypotalamo-hypophysaire par passage systémique ont été rapportés, du fait de l’importance de la surface corporelle de l’enfant rapportée à sa taille [45]. Un arrêt progressif de l’application des dermocorticoïdes est préconisé afin d’éviter un rebond du psoriasis [46].

Les analogues de la vitamine D (calcipotriol [Daivonex®], tacalcitol [Apsor®] et calcitriol [Silkis®])

Ils n’ont pas l’AMM en France pour une utilisation pédiatrique, mais sont couramment utilisés, sauf le calcitriol.

Le calcipotriol

Son utilisation est recommandée dans le psoriasis vulgaire atteignant moins de 40 % de la surface corporelle. Il peut être utilisé chez l’enfant de plus de deux ans en cure courte à condition d’éduquer les parents et enfants sur la dose maximale à ne pas dépasser en fonction de l’âge, afin d’éviter toute répercussion sur le métabolisme phosphocalcique [47, 48]. Dans les études cliniques réalisées chez l’enfant, la dose maximale de 100g par semaine que l’on utilise chez l’adulte n’est jamais atteinte. La dose maximale appliquée dans ces études est de 50g entre six et 12 ans et 75g entre 12 et 16 ans. La quantité raisonnable maximale semble proche de 45g/m2 par semaine [49].

Une étude prospective multicentrique a été réalisée sur 77 enfants âgés de deux à 14 ans, traités par calcipotriol ou placebo en deux applications par jour, sans dépasser 42,4mg/m2 par semaine, sur une surface maximale corporelle de 30 %. Elle conclut à une réduction significative de l’érythème et des squames, sans réduction significative de l’épaisseur des plaques. Le PASI est diminué de 52 % dans le groupe traité, après huit semaines de traitement [50].

L’utilisation conjointe de dermocorticoïdes, notamment lors de l’initiation du traitement, permet de majorer son efficacité et de réduire les irritations cutanées [51]. L’effet irritant étant plus prononcé dans les plis de flexion, on évite d’utiliser ce produit pour ce type de localisation.

Le tacalcitol

Une étude comparant le Daivonex® à l’Apsor® semble révéler une efficacité et une tolérance comparable des deux produits chez l’adulte [52]. Cependant, les données concernant leur usage en pédiatrie restent limitées.

Le calcitriol

À notre connaissance, aucune étude n’est disponible concernant son utilisation chez l’enfant.

L’association calcipotriol+dipropionate de bétaméthasone (Daivobet®)

Une étude portant sur 17 personnes comprenant enfants et adultes existe à notre connaissance [51], concluant a l’intérêt du Daivobet® par rapport au Daivonex®, dans les premières semaines de traitement d’une poussée de psoriasis vulgaire, pour diminuer notamment le risque d’irritation, ce que nous avons mentionné ci-dessus.

Dérivés salicylés

Ces traitements kératolytiques doivent être limités aux cas de psoriasis du cuir chevelu ou de la peau glabre avec squames épaisses et adhérentes. En effet, son utilisation doit être pesée et limitée à des zones peu étendues, chez un enfant âgé de plus de six ans, en raison d’un risque de passage systémique et d’acidose métabolique [39].

Préparations à base de goudron

Les goudrons de houille sous forme de produits cosmétique et d’hygiène ont été retirés du commerce en France en 1998 en raison du risque carcinogène lors de leur utilisation au long court. Les médecins peuvent toutefois les prescrire sous forme de préparations magistrales.

Le Caditar 35 % solution ® n’est habituellement pas utilisé chez l’enfant.

Cordoro rappelle que ce type de traitement est efficace et peu coûteux. Il peut être appliqué seul ou en association avec les dermocorticoïdes. Il ne faut, en revanche, pas l’utiliser sur peau irritée, ni en cas de psoriasis pustuleux ou érythrodermique en raison de son effet irritant et photosensibilisant [44].

Anthraline

Ce topique connu depuis de nombreuses années est utilisable à tout âge mais ne sera présent que sous forme de préparation magistrale ou dans l’Anaxéryl® (0,35 % d’anthraline). C’est une version synthétique d’une substance extraite de l’écorce d’un arbre (araroba) présent en Amérique du Sud et utilisée depuis des dizaines d’année pour traiter le psoriasis : l’acide chrysarobique. L’amélioration clinique obtenue est plus lente que celle obtenue avec les dermocorticoïdes, mais de plus longue durée. La pénétration du produit étant supérieure en peau lésionnelle et l’anthraline pouvant engendrer une irritation de la peau saine, les préparations sont plutôt utilisées en application de courte durée à forte concentration. Cela permet une bonne pénétration en peau lésionnelle et limite les effets secondaires (irritation, pigmentation) en peau périlésionnelle. Il est plutôt utilisé dans les kératodermies palmoplantaires ou le psoriasis en grandes plaques et est contre indiqué pour les lésions des plis, muqueuses ou sous occlusion.

Zvulunov et al. ont observé un groupe de 58 enfants âgés de deux à 15 ans, traités par dithranol (0,1 à 2 %), appliqué quotidiennement durant 30minutes. Une rémission est présente dans 81 % des cas, après une durée moyenne de traitement de deux mois. Des effets secondaires à type d’irritations sont présents dans 20 % des cas, n’occasionnant un arrêt du traitement que dans un seul cas [53].

Macrolides immunomodulateurs topiques (tacrolimus [Protopic®], pimecrolimus [Elidel®]

Ils n’ont pas l’AMM dans le psoriasis, mais en raison de l’absence de risque d’atrophie cutanée, leur utilisation a été envisagée et ils s’avèrent efficaces pour les sites sensibles tels que les plis [54], le visage [55, 56] et la région anogénitale [57]. Le risque de passage systémique est mineur.

Tazarotène

Ce topique utilisable chez l’adulte, n’a pas l’AMM chez les enfants et peu d’études cliniques sont disponibles pour cet âge. Diluvio et al. rapportent le cas d’une enfant de six ans, présentant un psoriasis unguéal sévère des mains. Elle est traitée par tazarotène 0,05 % en gel, en unguéal et péri-unguéal, quotidiennement durant huit semaines. Ce traitement permet une nette amélioration des ongles, associée à une repousse normale et une tolérance excellente du traitement [58].

La photothérapie UVB TL-01

Cette alternative est proposée chez les adolescents ayant un psoriasis étendu et résistant au traitement topique seul, en raison des effets secondaires que sont le risque carcinogène, le vieillissement prématuré de la peau à long terme, et le risque de brûlure à court terme. La photothérapie UVB TL-01 est alors proposée en première intention et en cure courte (20 séances). Elle donne alors de bons résultats selon une étude portant sur 77 enfants atteints de maladies cutanées inflammatoires, dont 35 atteints de psoriasis, âgés de quatre à 16 ans (63 % de rémission chez les enfants atteints de psoriasis, après en moyenne 17 séances) [59].

Jain et al. conseillent la photothérapie UVB TL01 dans les psoriasis modérés à sévères, si les traitements locaux sont inefficaces, avant de proposer les thérapeutiques systémiques. Leur étude porte sur 20 enfants de phototype IV, atteints de psoriasis en plaque ou en goutte touchant plus de 20 % de surface corporelle, âgés de six à 14 ans. Ils reçoivent en moyenne 25 séances (dose totale reçue de 1687 à 7509 mj/cm2). Après 12 semaines de traitement, le score PASI a été réduit d’au moins 70% pour 15 enfants, et d’au moins 90% pour 13 d’entre eux. L’effet secondaire relevé est un érythème modéré chez deux enfants [60].

La PUVA thérapie est aussi efficace que l’UVB thérapie TL01, mais n’est pratiquement plus utilisée [61].

Dans le psoriasis palmoplantaire, la PUVA thérapie locale est encore réalisée.

Le laser 308nm excimer

Une étude multicentrique portant sur 124 adultes atteints de psoriasis a permis de démontrer l’efficacité de ce traitement sur les plaques localisées de psoriasis [62]. Il traite plus rapidement les plaques en délivrant des doses plus élevées d’UVB ciblées que celles réalisées en cabine, tout en épargnant la peau saine.

Pahlajani et al. montrent une amélioration significative des lésions cutanées traitées par ce laser chez les adultes mais aussi les enfants dès l’âge de six ans. Les effets secondaires immédiats sont peu marqués mais ceux à long terme sont encore inconnus [63].

Les traitements systémiques

Le traitement systémique est réservé aux enfants ayant une atteinte psoriasique sévère et réfractaire aux traitements topiques et aux UV.

Rétinoïdes : acitrétine (Soriatane®)

Ruiz-Maldonado et al. préconisent une posologie initiale de 0,3 à 1mg/kg par jour jusqu’à obtention d’une amélioration significative. La posologie est ensuite progressivement diminuée à 0,2mg/kg par jour jusqu’à rémission. Le traitement est alors poursuivi encore deux mois après cette rémission [39, 64]. Chez l’enfant, il existe un risque de trouble de la croissance par épiphysiodèse précoce [65] et d’ostéoporose. Ce traitement est donc conseillé en cure courte, sans cependant de recommandation précise. En cas de prescription sur de longues périodes, une ostéodensitométrie annuelle doit être réalisée [43]. L’acitrétine est utilisée en monothérapie ou est associée aux traitements topiques ou aux UVB TL01 [66].

Méthotrexate (Novatrex®)

Son action antiproliférative touche préférentiellement les cellules à renouvellement rapide (cellules tumorales, psoriasis). Le méthotrexate a également une action anti-inflammatoire et immunomodulatrice. Il est principalement utilisé pour traiter les arthropathies psoriasiques. Il n’a pas l’AMM chez l’enfant. La posologie recommandée est de 0,2 à 0,7mg/kg par semaine à administrer à un enfant présentant une poussée sévère, résistante aux topiques et UV avec un relais par ces mêmes thérapeutiques, plus conventionnelles, dès que possible [66].

Une étude récente portant sur 24 enfants, âgés de 2,5 à 14 ans, atteints de psoriasis sévère (résistant au traitement local, érythrodermique, pustuleux généralisé ou palmoplantaire sévère) révèle une bonne efficacité (diminution du PASI de 50 % en cinq semaines) associée à une bonne tolérance sur une durée moyenne de traitement de cinq mois. Cependant, l’expérience du méthotrexate pour traiter le psoriasis de l’enfant est très limitée et les effets secondaires peuvent être sévères, comprenant notamment le risque de fibrose hépatique et médullaire [67]. Une supplémentation folique est instaurée afin d’améliorer la tolérance hépatique et de diminuer le risque de nausée, pancytopénie et autres perturbations hépatiques, sans diminuer l’efficacité du traitement [66].

Ciclosporine A (Néoral®)

Cet agent immunosuppresseur agissant sur les lymphocytes T, est peu utilisé chez l’enfant dans cette indication. En cas d’échec des rétinoïdes, ce traitement peut être envisagé, dans le psoriasis non pustuleux, mais en cure courte étant donné sa néphrotoxicité, le risque d’hypertension artérielle et les risques encourus par l’immunodépression à long terme. Par ailleurs, ces effets secondaires sont également dose dépendant, la plus petite dose possible sur la plus courte durée possible est donc préconisée. Le traitement n’est jamais poursuivi plus d’un à deux ans. La dose initiale recommandée chez l’enfant est de 3 à 4mg/kg par jour en ne dépassant pas 5mg/kg par jour. Les traitements topiques sont poursuivis en association [68]. Ce traitement fait partie des traitements de première ligne du psoriasis pustuleux avec une rapidité et efficacité démontrées sur plusieurs cas [32].

Infliximab (Rémicade®)

C’est un anticorps monoclonal chimérique humain/souris qui se lie au récepteur du TNF-⍺. Menter et Cush décrivent le cas d’une enfant de 13 ans atteinte d’un psoriasis sévère traité par topiques, photothérapie, ciclosporine, méthotrexate et acitrétine ayant permis au mieux une faible amélioration de l’état cutané. Un traitement par infliximab a donc été commencé à la posologie de 3,3mg/kg avec injections à j1, j15 puis s6 puis toutes les huit semaines. Une nette amélioration clinique sans effet secondaire a alors été obtenue [69].

Une autre observation rapporte le cas d’un enfant de 11 ans atteint de psoriasis et d’arthrite psoriasique résistant au traitement par méthotrexate (10mg/m2 par semaine) associé à la ciclosporine (4mg/kg par jour). Une association initiale méthotrexate (10mg/m2 par semaine) et infliximab (5mg/kg par injection) puis un traitement d’entretien par infliximab a permis un bon contrôle des arthralgies et une amélioration de l’état cutané. Les injections ont, dans ce cas, été réalisées aux semaines zéro, trois, huit puis toutes les huit semaines [70].

Étanercept (Enbrel®)

Cet anti-TNF possède l’AMM pour le psoriasis modéré à sévère de l’adulte et de l’enfant dès l’âge de huit ans et la polyarthrite juvénile dès l’âge de quatre ans ainsi que la maladie de Crohn de l’enfant.

Une étude multicentrique récente concerne 211 enfants de quatre à 17 ans atteints de psoriasis en plaques traités par étanercept à une posologie de 0,8mg/kg par semaine sans dépasser 50mg/semaine, contre placebo. Une amélioration clinique significative est observée dès la deuxième semaine de traitement. Seuls quatre patients présentent des effets secondaires à type de gastro-entérites ou de pneumopathies [71].

Une seconde étude porte sur neuf patients âgés de huit à 18 ans traités par étanercept, une injection de 0,4mg/kg, deux fois par semaine ou 0,8mg/kg une fois par semaine pour les psoriasis généralisés. Sept patients présentent une nette amélioration clinique. Une mononucléose a nécessité une suspension du traitement [72].

Kress souligne l’intérêt de l’étanercept après un traitement par méthotrexate ou ciclosporine, ceux-ci ne pouvant être maintenus au long cours [73].

Ce traitement a également été instauré après inefficacité du méthotrexate, de la ciclosporine et d’intolérance aux rétinoïdes [74].

L’étanercept a également été utilisé avec succès chez une enfant de 22 mois, à la posologie initiale de 0,4mg/kg, deux fois par semaine puis 0,4mg/kg par semaine pendant au moins six mois [75].

Plusieurs autres anti-TNF-⍺ peuvent potentiellement être utilisés, mais l’étanercept est le seul à posséder une AMM dès l’âge de huit ans pour le psoriasis. Les effets secondaires actuellement les plus fréquemment décrits chez l’enfant sont : une réaction inflammatoire au point d’injection, des céphalées, des infections ORL, des nausées, vomissements, des douleurs abdominales et des éruptions cutanées (peu détaillées). Il reste très difficile d’évaluer les effets au long cours des anti-TNF chez l’enfant psoriasique étant donné le peu de cas traités, notamment en ce qui concerne les effets carcinogènes, les maladies démyélinisantes, le risque de tuberculose. Un cas de syndrome d’activation macrophagique a été rapporté chez l’enfant [76].

Conclusion

Le psoriasis de l’enfant est une maladie fréquente dont l’évolution est plus souvent favorable que chez l’adulte. Le traitement topique, indiqué en première intention, est souvent suffisant. On utilise, en premier lieu, la corticothérapie locale ou les dérivés de la vitamine D.

En cas d’inefficacité ou de récidive rapide et sévère, la photothérapie UVB TL-01 est indiquée en respectant les contre indications et l’âge de l’enfant et en limitant le nombre de séances.

Les traitements systémiques sont ensuite proposés avec en premier lieu l’acitrétine. En cas d’échec la ciclosporine, le méthotrexate sont alors discutés en suivant de façon très régulière l’enfant. De plus en plus l’etanercept est utilisé précocement dans l’arsenal thérapeutique car il a prouvé depuis quelques années son efficacité et sa bonne tolérance dans le psoriasis de l’enfant, alors qu’il était déjà utilisé auparavant dans d’autres indications (maladie de Crohn, polyarthrite chronique juvénile).

Conflit d’intérêt

Aucun conflit d’intérêt à déclarer.

Références

Swanbeck G., Inerot A., Martinsson T., Wahlström J., Enerbäck C., Enlund F., and al. Age at onset and different types of psoriasis Br J Dermatol 1995 ;  133 : 768-773
Gupta M.A., Gupta A.K. Depression and suicidal ideation in dermatology patients with acne, alopecia areta, atopic dermatitis and psoriasis Br J Dermatol 1998 ;  139 : 846-850 [cross-ref]
Henseler T. The genetics of psoriasis J Am Acad Dermatol 1997 ;  37 : S1-S11
Gudjonsson J., Karason A., Antonsdottir A., Runarsdottir E.H., Hauksson V.B., Upmanyu R., and al. Psoriasis patients who are homozygous for the HLA-Cw*0602 allele have a 2.5-fold increased risk of developing psoriasis compared with Cw6 heterozygotes Br J Dermatol 2003 ;  148 : 233-235 [cross-ref]
Fry L., Powles A.V., Corcoran S., Rogers S., Ward J., Unsworth D.J. HLA Cw*06 is not essential for streptococcal-induced psoriasis Br J Dermatol 2006 ;  154 : 850-853 [cross-ref]
Dereure O., Guilhou J.J. Epidémiologie et génétique du psoriasis Ann Dermatol Venereol 2003 ;  130 : 829-836
Sun L.D., Yang S., Liu J.J., Ren Y.Q., Fan X., Xu S.X., and al. Follow-up analysis of 180 Chinese Han families: identification of a novel locus for psoriasis at 2p22.3-11.2 Br J Dermatol 2008 ;  158 : 512-517 [cross-ref]
Bandrup F., Holm N., Grunnet N., Hennibgsen K., Hansen H.E. Psoriasis in monozygotic twins: variation in expression in individuals with identical genetic constitution Acta Derm Venereol 1982 ;  62 : 229-236
Farber E.M., Nall M.L., Watson W. Natural history of psoriasis in 61 twin pairs Arch Dermatol 1974 ;  109 : 207-211 [cross-ref]
Bérard F., Nicolas J.F. Physiopathologie du psoriasis Ann Dermatol Venereol 2003 ;  130 : 837-842
Winfield J.M. Psoriasis as a sequel to acute inflammations of the tonsils: a clinical note J Cutan Dis 1916 ;  34 : 441-443
Telfer N.R., Chalmers R.J., Colman G. The role of streptococcal infection in the initiation of guttate psoriasis Arch Dermatol 1992 ;  128 : 39-42
Rogers M. Childhood psoriasis Curr Opin Pediatr 2002 ;  14 : 404-409 [cross-ref]
Gudjonsson J.E., Thorarinsson A.M., Sigurgeirsson B., Kristinsson K.G., Valdimarsson H. Streptococcal throat infections and exacerbation of chronic plaque psoriasis: a prospective study Br J Dermatol. 2003 ;  149 : 530-534 [cross-ref]
Cassandra M., Conte E., Cortez B. Childhood pustular psoriasis elicited by the streptococcal antigen: a case report and review of the literature Pediatr Dermatol 2003 ;  20 : 506-510 [cross-ref]
Ulger Z., Gelenava T., Kosay Y., Darcan S. Acute guttate psoriasis associated with streptococcal perianal dermatitis Clin Pediatr 2007 ;  46 : 70-72 [cross-ref]
Wilson J.K., Al-Suwaidan S.N., Krowchuk D., Feldman S.R. Treatment of psoriasis in children: is there a role for antibiotic therapy and tonsillectomy? Pediatr Dermatol 2003 ;  20 : 11-15 [cross-ref]
Johnson T.M., Duvic M., Rapini R.P., Rios A. AIDS exacerbates psoriasis N Engl J Med 1985 ;  313 : 1415
Carnero L., Betlloch I., Ramon R., Albares M.P., Guijarro J., Botella R. Psoriasis in a 5-month-old girl with HIV infection Pediatr Dermatol 2001 ;  18 : 87-89 [cross-ref]
Yazici A.C., Aslan G., Baz K., Ikizoglu G., Api H., Serin M.S., and al. A high prevalence of parvovirus B19 DNA in patients with psoriasis Arch Dermatol Res 2006 ;  298 : 231-235 [cross-ref]
Mahé E., Bodemer C., Descamps V., Mahé I., Crickx B., De Prost Y., and al. Papillomavirus (PVH) de type 5 et autres associés à l’épidermodysplasie verruciforme dans le psoriasis de l’enfant Ann Dermatol Venereol 2002 ;  129 : 949-950
Koca R., Altinyazar H.C., Numanoglu G., Unalacak M. Guttate psoriasis-like lesions following BCG vaccination J Trop Pediatr 2004 ;  50 : 178-179 [cross-ref]
Eberhard B.A., Sundel R.P., Newburger J.W., Baker A., Fuhlbrigge R.C., Burns J.C., and al. Psoriatic eruption in Kawasaki disease J Pediatr 2000 ;  137 : 578-580 [cross-ref]
Boralevi F., Barat P., Lepreux S., Stockman A.-L., Taïeb A., Léauté-Labrèze C. Psoriasis éruptif pustuleux et en gouttes survenant au cours de la maladie de Kawasaki Ann Dermatol Venereol 2003 ;  130 : 528-531 [inter-ref]
Yoon S.Y., OH S.T., Lee J.Y., Cho B.K. Plaque type psoriasiform eruption following Kawasaki disease Pediatr Dermatol 2007 ;  24 : 336-337 [cross-ref]
Krueger G., Duvic M. Epidemiology of psoriasis: clinical issues J Invest Dermatol 1994 ;  102 : 14s-18s
Raychaudhuri S.P., Gross J. A comparative study of pediatric onset psoriasis with adult onset psoriasis Pediatr Dermatol 2000 ;  17 : 174-178 [cross-ref]
Fond L., Michel J.L., Gentil-Perret A., Eve B., Montélimard N., Perrot J.L., and al. Psoriasis chez l’enfant Arch Pediatr 1999 ;  6 : 669-674 [cross-ref]
Morris A., Rogers M., Fischer G., Williams K. Childhood psoriasis: a clinical review of 1262 cases Pediatr Dermatol 2001 ;  18 : 188-198 [cross-ref]
Verbov J. Psoriasis in childhood Arch Dis Child 1992 ;  67 : 75-76 [cross-ref]
Nanda A., Kaur S., Kaur I., Kumar B. Childhood psoriasis: an epidemiologic survey of 112 patients Pediatr Dermatol 1990 ;  7 : 19-21 [cross-ref]
Xiao T., Li B., He C.D., Chen H.D. Juvenile generalized pustular psoriasis J Dermatol 2007 ;  34 : 573-576 [cross-ref]
Zelickson B.D., Muller S.A. Generalized pustular psoriasis in childhood: report of thirteen cases J Am Acad Dermatol 1991 ;  24 : 186-194 [cross-ref]
Lehman J.S., Rahil A.K. Congenital psoriasis: Case report and litterature review Pediatr Dermatol 2008 ;  25 : 332-338 [cross-ref]
Bernhard J.D. Clinical differences in juvenile versus adult-onset psoriasis Br J Dermatol 1996 ;  135 : 501-502 [cross-ref]
Fan X., Xiao F.L., Yang S., Liu J.B., Yan K.L., Liang Y.H., and al. Childhood psoriasis: a study of 277 patients from China J Eur Acad Dermatol Venereol 2007 ;  21 : 762-765 [cross-ref]
Neville E.A., Finn O.A. Psoriasiform napkin dermatitis – a follow-up study Br J Dermatol 1975 ;  92 : 279-285 [cross-ref]
Al-Mutairi N., Manchanda Y., Nour-Eldin O. Nail changes in childhood psoriasis: a study from Kuwait Pediatr Dermatol 2007 ;  24 : 7-10
Benoit S., Hamm H. Childhood Psoriasis Clinic Dermatol 2007 ;  25 : 555-562 [cross-ref]
Hubler W.R. Lingual lesions of generalized pustular psoriasis. Report of five cases and a review of the litterature J Am Acad Dermatol 1984 ;  11 : 1069-1076
Cambiaghi S., Colonna C., Cavalli R. Geographic tongue in two children with non pustular psoriasis Pediatr Dermatol 2005 ;  22 : 83-85 [cross-ref]
Mahe E., Bodemer C., Pruszkowski A., Teillac-Hamel D., de Prost Y. Cyclosporine in childhood psoriasis Arch Dermatol 2001 ;  137 : 1532-1533
Léauté-Labrèze C. Traitement du psoriasis de l’enfant Ann Dermatol Venereol 2001 ;  128 : 286-290 [inter-ref]
Cordoro K.M. Topical therapy for the management of childhood psoriasis: Part 1 Skin Therapy Lett 2008 ;  13 : 1-3
Siklar Z., Bostanci I., Atli O., Dallar Y. An infantile cushing syndrome due to misuse of topical steroid Pediatr Dermatol 2004 ;  21 : 561-563 [cross-ref]
Lafitte E., Izakovic J. Psoriasis de l’enfant Rev Med Suisse 2007 ;  3 : 1100-1104
Bourke J.F., Mumford R., Whittaker P., Iqbal S.J., Le Van L.W., Trevellyan A., and al. The effects of topical calcipotriol on systemic calcium homeostasis in patients with chronic plaque psoriasis J Am Acad Dermatol 1997 ;  37 : 929-934 [cross-ref]
Park S.B., Suh D.H., Youn J.I. A pilot study to assess the safety and efficacity of topical calcipotriol treatment in childhood psoriasis Pediatr Dermatol 1999 ;  16 : 321-325 [cross-ref]
Darley C.R., Cunliffe W.J., Green C.M., Hutchinson P.E., Klaber M.R., Downes N. Safety and efficacy of calcipotriol ointment (Dovonex) in treating children with psoriasis vulgaris Br J Dermatol 1996 ;  135 : 390-393 [cross-ref]
Oranje A.P., Marcoux D., Svensson A., Prendiville J., Krafchik B., Toole J., and al. Topical calcipotriol in childhood psoriasis J Am Acad Dermatol 1997 ;  36 : 203-208
Ruzicka T., Lorenz B. Comparison of calcipotriol monotherapy and combination of calcipotriol and betamethasone valerate after 2 weeks’treatment with calcipotriol in the topical therapy of psoriasis vulgaris: a multicentre, double-blind, randomized study Br J Dermatol 1998 ;  138 : 254-258 [cross-ref]
Veien N.K., Bjerke J.R., Rossman-Ringdahl I., Jakobsen H.B. Once daily treatment of psoriasis with tacalcitol compared with twice daily treatment with calcipotriol. A double-blind trial Br J Dermatol 1997 ;  137 : 581-586 [cross-ref]
Zvulunov A., Anisfeld A., Metzker A. Efficacity of short-contact therapy with dithranol in childhood psoriasis Int J Dermatol 1994 ;  33 : 808-810 [cross-ref]
Steele J.A., Choi C., Kwong P.C. Topical tacrolimus in the treatment of inverse psoriasis in children J Am Acad Dermatol 2005 ;  53 : 713-716 [cross-ref]
Mansouri P., Farshi S. Pimecrolimus 1 percent cream in the treatment of psoriasis in a child Dermatol Online J 2006 ;  12 : 7 [cross-ref]
Brune A., Miller D.W., Lin P., Cotrim-Russi D., Paller A.S. Tacrolimus ointment is effective for psoriasis on the face and intertrigous areas in pediatric patients Pediatr Dermatol 2007 ;  24 : 76-80
Amichai B. Psoriasis of the glans penis in a child successfully treated with Elidel (pimecrolimus) cream J Eur Acad Dermatol Venereol 2004 ;  18 : 742-743 [cross-ref]
Diluvio L., Campione E., Paterno E.J., Mordenti C., El Hachem M., Chimenti S. Childhood nail psoriasis: a useful treatement with tazarothene 0.05% Pediatr Dermatol 2007 ;  24 : 332-333 [cross-ref]
Jury C.S., McHenry P., Burden A.D., Lever R., Bilsland D. Narrowband ultraviolet B (UVB) phototherapy in children Clin Exp Dermatol 2006 ;  31 : 196-199 [cross-ref]
Jain V.K., Aggarwal K., Jain K., Bansal A. Narrow-band UV-B phototherapy in childhood psoriasis Int J Dermatol 2007 ;  46 : 320-322 [cross-ref]
Van Weelden H., Baart de la Faille H., Young E., van der Leun J.C. Comparison of narrow-band UVB phototherapy and PUVA photochemotherapy in the treatment of psoriasis Acta Derm-Venereol 1990 ;  70 : 212-215
Feldman S.R., Mellen B.G., Housman T.S., Fitzpatrick R.E., Geronemus R.G., Friedman P.M., and al. Efficacity of the 308-nm excimer laser for treatment of psoriasis: results of a multicenter study J Am Acad Dermatol 2002 ;  46 : 900-906 [cross-ref]
Pahlajani N., Katz B.J., Lozano A.M., Murphy F., Gottlieb A. Comparison of the efficacity and safety of the 308nm excimer laser for the treatment of localized psoriasis in adults and in children: a pilot study Pediatr Dermatol 2005 ;  22 : 161-165 [cross-ref]
Ruiz-Maldonado R., Tamayo-Sanchez L., Orozco-Covarrubias M.L. The use of retinoids in the pediatric patient Dermatol Clin 1998 ;  16 : 553-569 [cross-ref]
Prendiville J., Bingham E.A., Burrows D. Premature epiphyseal closure – a complication of etretinate therapy in children J Am Acad Dermatol 1986 ;  15 : 1259-1262 [cross-ref]
Cordoro K.M. Systemic and light therapies for the management of childhood psoriasis: Part II Skin Therapy Lett 2008 ;  13 : 1-3
Kaur I., Dogra S., De D., Kanwar A.J. Systemic methotrexate treatment in childhood psoriasis: further experience in 24 children from India Pediatr Dermatol 2008 ;  25 : 184-188 [cross-ref]
Peireira T.M., Vieira A.P., Fernandes J.C., Sousa-Basto A. Cyclosporin A treatment in severe childhood psoriasis J Eur Acad Dermatol Venereol 2006 ;  20 : 651-656
Menter M.A., Cush J.M. Successful treatment of pediatric psoriasis with infliximab Pediat Dermatol 2004 ;  21 : 87-88 [cross-ref]
Rott S., Küster R.M., Mrowietz U. Successful treatment of severe psoriatic arthritis with infliximab in an 11-year-old child suffering from linear psoriasis along lines of Blaschko Br J Dermatol 2007 ;  157 : 191-192
Paller A.S., Siegfried E.C., Langley R.G., Gottlieb A.B., Pariser D., Landells I., and al. Etanercept treatment for children and adolescents with plaque psoriasis N Engl J Med 2008 ;  358 : 241-251 [cross-ref]
Hawrot A.C., Metry D.W., Theos A.J., Levy M.L. Etanercept for psoriasis in the pediatric population: experience in nine patients Pediatr Dermatol 2006 ;  23 : 67-71 [cross-ref]
Kress D.W. Etanercept therapy improves symptoms and allow tapering of other medications in children and adolescents with moderate to severe psoriasis J Am Acad Dermatol 2006 ;  54 : s126-s128
Safa G., Loppin M., Bousser A.M., Barbarot S. Etanercept in a 7-year-old boy with severe and recalcitrant psoriasis J Am Acad Dermatol 2007 ;  56 : s19-20
Fabrizi G., Guerriero C., Pagliarello C. Etanercept in infants: suberythrodermic, recalcitrant psoriasis in a 22-month-old child successfully treated with etanercept Eur J Dermatol 2007 ;  17 : 245
Papoutsaki M., Costanzo A., Mazzotta A., Gramiccia T., Soda R., Chimenti S. Etanercept for the treatment of severe childhood psoriasis Br J Dermatol 2006 ;  154 : 181-183 [cross-ref]



© 2010  Elsevier Masson SAS. All Rights Reserved.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline