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Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction
Volume 37, n° 6
pages 554-558 (octobre 2008)
Doi : 10.1016/j.jgyn.2008.06.007
Received : 15 February 2008 ;  accepted : 18 June 2008
Audition fœtale. Mythe ou réalité ?
Fetal audition. Myth or reality?
 

D. Chelli , B. Chanoufi
Service de gynécologie obstétrique A, centre de maternité et de néonatalogie, La Rabta, 1007 El Jebbari, Tunis, Tunisie 

Auteur correspondant.
Résumé

L’acquisition des capacités sensorielles in utero a été pendant longtemps un sujet philosophique. Le but de cette revue de la littérature est de préciser les connaissances scientifiquement prouvées dans le domaine de l’audition fœtale. L’audition fœtale semble varier en fonction de l’âge gestationnel et des caractéristiques des sons émis. Elle commencerait chez l’être humain entre la vingt-sixième et la vingt-huitième SA. Le bruit placentaire, la voix de la mère et les sons produits par ses organes occupent une place importante dans le décor sonore fœtal au quotidien. Par ailleurs, plusieurs constatations rendent compte d’une mémorisation des expériences auditives par le fœtus, allant jusqu’à autoriser certains à utiliser le terme « d’apprentissage fœtal ». Le fœtus peut mémoriser non seulement la voix de sa mère mais aussi de sons plus complexes de l’environnement acoustique extra-utérin avec une capacité étonnante de discrimination. En outre, la plupart des études renforcent l’hypothèse d’une capacité d’intégration musicale implicite du cerveau humain.

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Summary

Fetal sensory abilities have been considered for a long time as a philosophical question. The aim of this review is to investigate the scientifically proven knowledge about fetal audition. Fetal audition seems to depend on gestational age and sound characteristics. The onset of human fetal hearing is observed at about 26–28 weeks gestational age. Noises from the placenta, the maternal organs and the maternal voice play a major role as current in utero auditory stimuli. Many studies demonstrate that the fetus forms memories of his hearing experiences allowing some authors to use the term “fetal learning”. The fetus can memorise not only his mother’s voice but also more complex acoustic external sounds with a big ability of discrimination. Moreover, most studies strengthen the hypothesis of an implicit musical ability of the human brain.

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Mots clés : Fœtus humain, Audition, Apprentissage fœtal, Musique

Keywords : Human fetus, Audition, Fetal learning, Music


L’acquisition des capacités sensorielles in utero a été pendant longtemps un sujet philosophique. Jusqu’au xixe siècle, l’idée générale était que le fœtus n’entendait pas et des scientifiques affirmaient qu’il ne saurait rien entendre pour la raison bien simple que son cerveau est inachevé. Pourtant, Aristote avait déjà anticipé que « le développement sensoriel était un processus silencieux chez le fœtus qui répondait graduellement au monde extra-utérin » [1].

Ce n’est que depuis les années 1960–1970 que les scientifiques s’intéressent véritablement à l’audition fœtale. Les premiers essais d’analyse des réponses fœtales aux stimulations sensorielles dans le domaine de l’audition ont été menés par les obstétriciens [2].

Depuis, bien des progrès ont été réalisés dans la compréhension de la sensorialité fœtale et il ne semble plus légitime de remettre en question la réalité d’une certaine forme d’audition fœtale. Cependant, de nombreuses questions restent incomplètement résolues constituant autant de champs de recherche passionnants et évolutifs.

Le but de cette revue de la littérature est de préciser les connaissances scientifiquement prouvées dans le domaine de l’audition fœtale. Nous nous proposons d’essayer de répondre à quelques questions.

À partir de quand le fœtus humain entend-t-il ? Qu’entend-t-il ? Quelles sont les conséquences de la perception auditive prénatale après la naissance ?

Développement de l’appareil auditif fœtal

Comme pour d’autres approches de la sensorialité fœtale, l’embryologie est fondamentale pour la compréhension des capacités auditives du fœtus car les données cliniques sont peu nombreuses et difficiles à recueillir.

Le pavillon et l’oreille externe permettant la transmission des sons à l’oreille moyenne sont individualisés dès dix semaines d’aménorrhée (SA). À sept SA, la trompe d’Eustache et la cavité tympanique sont formées. C’est là que l’énergie acoustique est transformée en énergie mécanique. En ce qui concerne l’oreille moyenne, le système cochléaire et le vestibule se différencient vers cinq à six semaines d’âge gestationnel. À sept ou huit semaines, les osselets commencent à croître. Les os de l’oreille moyenne atteignent leur taille complète vers 18 SA. Ils sont ossifiés et de taille adulte à 36 SA. L’oreille interne consiste en un tissu membraneux à l’intérieur d’un labyrinthe osseux. L’ossification survient lorsque chaque portion a atteint l’âge adulte. Les premières cellules auditives sont différenciées vers la onzième SA. La différentiation cellulaire des poils, la synaptogenèse et la ciliogenèse sont complètes vers 24 SA. La cochlée humaine semble fonctionnelle vers 18–20 SA. [2]. L’émergence du nerf auditif au niveau du SNC induit la multiplication des neurones qui projetteront l’information au cortex auditif. Ce processus se met en place à partir de 22 SA environs avec de grandes variabilités individuelles [1].

Au total, les structures anatomiques sont toutes en place entre le quatrième et le cinquième mois de grossesse. La maturation de l’oreille interne se terminerait durant le huitième mois [2].

Certes, l’intégrité de tout l’appareil auditif est nécessaire pour l’audition. Les capacités auditives dépendraient de la fonction cochléaire [1]. Cependant, certaines seraient attribuables à un processus sous-cortical pouvant expliquer, par exemple, la réactivité des fœtus anencéphales aux stimuli extérieurs [3, 4].

Évaluation des perceptions sonores fœtales

Différentes méthodes expérimentales ont permis d’appréhender l’audition fœtale. Les plus utilisées ont été les stimulations vibroacoustiques, directement transmises à l’abdomen maternel et les sons transmis par l’air ambiant, à distance de la paroi maternelle. La nature des réponses fœtales à ces stimuli est variable. Il s’agit principalement de réponses motrices de différents types et de modifications du rythme cardiaque fœtal à type d’accélérations ou de décélérations [2, 5].

D’autres études se sont intéressées à l’évaluation du fonctionnement sensoriel fœtal. Les axes de recherche principaux sont représentés par l’enregistrement des potentiels évoqués auditifs [2, 6] et l’étude des réponses neurochimiques tels que l’évaluation de l’activité cérébrale fonctionnelle par l’utilisation cérébrale du glucose. Cette dernière méthode a permis de mettre en évidence une augmentation de l’activité au niveau des structures auditives fœtales après stimulation acoustique [1].

Ces différentes méthodes ont permis d’apprendre que l’audition fœtale variait en fonction de l’âge gestationnel, du type de sons émis, de leur fréquence, intensité et du rythme.

Par ailleurs, les fœtus de sexe féminin sembleraient répondre plus tôt que ceux de sexe masculin aux stimuli acoustiques [7].

Résultats des études expérimentales

Le début de l’audition ne semble pas répondre à la loi du tout ou rien. Il existerait une sensibilité différentielle des fœtus aux sons en fonction de l’âge gestationnel, de la fréquence et de l’intensité d’émission des sons. Ainsi, pour des sons émis à 500Hz, les premières réponses ont été détectées à 23 SA ; dans la bande 100–500Hz, elles apparaissent vers 27 SA et à 31 SA pour les sons émis entre 1000 et 3000Hz [1].

Une étude de Gelman et al. [8] a déterminé qu’un son à la fréquence de 2000Hz déclenchait un accroissement significatif des mouvements fœtaux. Cette étude allait en confirmation avec d’autres qui avaient montré que le fœtus, en réponse à certains stimuli vibroacoustiques réagissait à partir de la vingt-sixième semaine par des accélérations cardiaques et autres réactions d’alarme, telles que : mouvements des bras, extension des membres inférieurs, détournement de la tête. Après la fin du stimulus sonore déclencheur peuvent survenir des bâillements [9].

Une augmentation du nombre des mouvements fœtaux a même été rapportée à 20 SA en utilisant des sons répétés en séries de pulsations de deux secondes [1].

D’après les études expérimentales rapportées par Busnel et al. [10], des stimulations de haute intensité (au-delà de 105dB) peuvent générer des réponses à partir de 24 SA. Ces réponses seraient uniformément retrouvées à 28 SA, avec un effet somatocardiaque à ces stimuli représenté par une accélération de la fréquence cardiaque. Des stimuli entre 85 et 100dB induiraient des décélérations cardiaques. Chez les fœtus proches du terme (35–41SA) ainsi que chez les nouveau-nés, ces réponses seraient plus modulées par les caractéristiques du stimulus (intensité, fréquence, spectre, durée de intervalle interstimulus) et l’état d’alerte du fœtus.

Une recherche de Luz et al. [11, 12] a permis de mettre en évidence que le fœtus normal répondait aux bruits extérieurs même pendant l’accouchement. Il manifeste notamment des réactions d’alarme lors de la survenue de stimuli brefs.

Ainsi, les nombreuses études sur l’audition fœtale rapportées depuis les années 1980 ont souvent utilisé des stimuli non physiologiques, en particulier vibroacoustiques.

En pratique, bien des mères rapportent le fait que leur bébé a eu des réactions motrices importantes en rapport avec des bruits puissants dans l’environnement (programmes TV, films, concerts, etc.) [2].

L’audition chez l’être humain commencerait entre la vingt-sixième et la vingt-huitième SA, à la suite de la myélinisation axonale [13] et atteindrait son expression finale entre la cinquième et la dixième année de vie. [5]. Des réponses corticales auditives ont été enregistrées entre 28 et 34SA dans plusieurs études [6]. Pour d’autres auteurs, le début de l’audition fœtale humaine se situerait vers 30SA (±1) [14].

Environnement sonore naturel du fœtus

Le système auditif est fonctionnel dès le troisième trimestre de gestation. Mais, qu’entend le fœtus au quotidien ?

Abrams et Gerhardt [15] contribuent à montrer que la voix de la mère et les bruits produits par ses organes occupent une place importante dans le décor sonore fœtal. D’après les études de Querleu et al. [16], le bruit placentaire est prédominant dans le bruit de fond interne par rapport à celui du cœur maternel. Le niveau moyen du bruit de fond intra-utérin, loin du placenta, est de 28dB. Il a sa plus forte énergie à des niveaux de fréquence très bas en dessous de 40Hz [10].

Les sons provenant de l’environnement externe ne doivent pas être négligés. Utilisant le mouton comme modèle animal, Abrams et Gerhardt [17] montrent que les sons graves d’une contrebasse traversent la paroi abdominale sans déformation notable comme le prouve la comparaison des tracés enregistrés par un hydrophone placé près de la tempe du fœtus et ceux enregistrés par un microphone placé à proximité de l’instrument.

Des enregistrements intra-abdominaux montrent clairement que les voix sont audibles in utero et intelligibles pour des adultes à qui sont passés les enregistrements. La prosodie des paroles et les caractéristiques phonétiques peuvent être préservées. Par ailleurs, les niveaux de pression sonore ne semblent pas uniformes à l’intérieur de la cavité amniotique [2, 18]. Ils varient selon la distance par rapport aux sources sonores. La voix maternelle est la plus intense compte tenu de sa proximité. Elle émerge à 24dB contre 8–12dB pour les voies extérieures [2, 16]. La plupart des bruits externes supérieurs ou égaux à 60dB émis près de la mère sont transmis in utero. Quelle que soit l’intensité initiale du son, la perte de pression sonore est négligeable en dessous de 250Hz mais elle augmente avec la fréquence près de (20dB à 1000Hz) sans jamais dépasser 40dB pour les hautes fréquences dans la gamme des sons audibles par l’homme.

Exploration de la mémoire auditive prénatale

L’existence d’une mémoire auditive fœtale est évoquée depuis de nombreuses années.

La recherche expérimentale dans ce domaine est difficile, elle est axée sur trois voies.

La notion d’« habituation »

Elle a été décrite par Peiper depuis 1885 [1]. Elle est caractérisée par une réduction des mouvements fœtaux après stimulations sonores répétées. Elle suggère une mémoire fœtale auditive immédiate. Depuis, des études ont confirmé ce phénomène en se basant sur des modifications de la fréquence cardiaque, des mouvements fœtaux et sur l’observation du comportement fœtal en échographie. Ainsi, le fœtus et le nouveau-né semblent capables de retenir les caractéristiques acoustiques suffisamment longtemps. Certains auteurs ont même montré une corrélation entre la rapidité de l’habituation et les scores de développement durant l’enfance [19]. D’autres ont montré des réponses anormales chez des fœtus présentant des anomalies en rapport avec des grossesses à haut risque [13, 20].

Le conditionnement

Quelques études se sont intéressées au conditionnement classique chez le fœtus humain. Le principe est le même que celui des expériences de Pavlov menées sur le chien [21]. Le recours à des procédés de conditionnement aux sons suggère que la majorité des fœtus paraissent pouvoir développer in utero des mécanismes de discrimination effectifs qui leur facilitent l’appréhension du contenu sonore en postnatal. L’exposition prénatale au bruit semble pouvoir avoir un effet sur les performances néonatales. Les stimulations sonores rappelant les bruits intra-utérins semblent, par exemple, stimuler la succion et bercer les bébés pour les endormir [1]. Un autre exemple est celui de la relaxation maternelle et de la musique qui auraient pour effet un conditionnement fœtal après 20 expositions prénatales. La musique induirait un réveil calme chez les fœtus conditionnés [1, 21].

L’apprentissage par l’exposition

Il constitue le troisième axe de recherche. Une des études prospectives les plus intéressantes dans ce domaine, rapportée par James et al. [21] est celle de Decasper et Spence. La réponse néonatale a été évaluée chez 16 nouveau-nés dont les mères ont lu à haute voix des passages répétés deux fois par jour durant les six dernières semaines de grossesse par rapport à deux groupes témoins. Les bébés exposés en prénatal ont montré une réponse néonatale comportementale différente par rapport aux autres.

Plusieurs études utilisant des modèles d’exposition ont prouvé la réalité de l’apprentissage fœtal. Cependant, elles présentent plusieurs insuffisances méthodologiques. Nous avons retrouvé une seule étude randomisée [21] ayant démontré que l’exposition fœtale à un stimulus sonore complexe a pour conséquence une modification comportementale chez le fœtus et le nouveau-né. Les auteurs admettent avoir démontré l’apprentissage fœtal à un niveau très simple dans la forme du développement de l’habituation avec une exposition répétée à la musique. Arabin [1] trouve que les auteurs sous-estiment leur travail qui prouve beaucoup plus que l’habituation.

Conséquences pratiques de l’audition prénatale

L’ensemble des constatations rendent compte d’une mémorisation des expériences auditives par le fœtus, allant jusqu’à autoriser certains à l’utilisation du terme « d’apprentissage fœtal », pouvant influencer les préférences sonores postnatales [21].

Pour la plupart des auteurs, la naissance ne semble pas produire une situation de changement brusque des capacités prénatales d’apprentissage mais plutôt une continuité entre les capacités sensorielles pré- et postnatales.

Plusieurs aspects de l’apprentissage fœtal ont été recueillis.

Le fœtus peut mémoriser non seulement la voix de sa mère mais aussi de sons plus complexes (berceuses chantées, histoires racontées, répétées par la mère durant la grossesse), comme cela a été prouvé par l’effet inducteur d’endormissement positif obtenu par ces mêmes stimuli après la naissance [4, 5].

Ces études renforcent le concept de la mémorisation par le fœtus de l’environnement acoustique extra-utérin, de certains éléments acoustiques et, en particulier, des prosodies [1, 5]. Dans le même contexte l’exploration de l’audition fœtale a été explorée par rapport à la langue parlée. Une préférence de la langue maternelle native a aussi été observée à deux jours de vie. Certains auteurs ont même démontré une capacité de discrimination entre deux langues avec reconnaissance et réactivité à l’exposition à la langue maternelle chez des nouveau-nés de deux et quatre jours [5]. Cela suggère que l’enfant débute l’apprentissage des bases fondamentales de sa langue natale durant sa vie fœtale.

Il a aussi été rapporté que les fœtus à terme pouvaient discriminer entre les voyelles et différencier les voix mâles des femelles [2]. Les fœtus différentieraient même entre la voix de leur mère et celle de femmes étrangères [22].

Des conditions clés sont requises pour l’apprentissage fœtal : la capacité d’audition, la détection du bruit à travers l’environnement amniotique et la capacité de mémorisation [1].

Certains auteurs ont exploré les réponses fœtales en cas de grossesses à haut risque, en particulier, en cas d’hypertension artérielle gravidique. Des différences subtiles dans le comportement fœtal ont été notées avec principalement un retard de réaction à la stimulation. Plusieurs hypothèses sont émises par les auteurs [13].

Musique et grossesse

L’effet bénéfique de la musique sur le bien-être de l’homme est actuellement indéniable. Les thérapies musicales ont été utilisées aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte avec des résultats très intéressants [23]. Cet effet ne serait-il pas le même pendant la vie fœtale ?

Beaucoup d’études expérimentales concernant l’audition fœtale se sont basées sur la stimulation par des sons musicaux.

Les nouveau-nés exposés à la musique de Mozart in utero et réexposés à cette musique en salle de naissance seraient plus tranquilles et moins agités [24].

Des effets musicaux spécifiques sont aussi rapportés. L’alimentation postnatale semble être améliorée par la musique de fond chez 90 % des nouveau-nés exposés à la même musique in utero [1].

Il est possible que des variations de timbre, des expressions de contrariété, d’anxiété ou des variations hormonales maternelles soient associées aux paroles ou à la musique et puissent évoquer certaines réactions chez l’enfant. Des études pilotes ont démontré une diminution des mouvements respiratoires fœtaux et un accroissement des mouvements globaux quand les mères écoutaient leur musique préférée à travers des écouteurs prouvant une certaine forme de conditionnement (mère détendue par la musique). Il est encore difficile de faire la part entre l’influence de l’émotion maternelle durant l’écoute et celle du son lui-même [25].

Arabin [1] rapporte une étude concernant des enfants chinois exposés à des stimulations musicales durant la grossesse et la période postnatale suivis, jusqu’à cinq à 12 mois du post-partum ayant eu des évaluations spécifiques de certaines acquisitions telles que la position assise, debout et la marche. Ces acquisitions auraient été observées plus tôt par rapport à un groupe témoin. D’autres études rapportées vont dans le même sens.

Cependant, l’interprétation des tests évaluant l’influence de la musique sur le développement ultérieur est sujette à des interprétations subjectives surtout quand l’information est recueillie chez les parents [1].

Les résultats de la plupart des études renforcent l’hypothèse d’une capacité d’intégration musicale implicite du cerveau humain [26].

Peut-on s’attendre à un effet éducationnel ou thérapeutique de l’audition fœtale ?

Actuellement, des programmes « d’instruction » pour les mères concernant la stimulation de leur fœtus ont émergé avant d’avoir des preuves scientifiques de leur efficacité sur la fonction cognitive postnatale et le développement neuromoteur. En fait, il a été démontré qu’un grand nombre de fonctions du système nerveux central dépendaient du statut de maturation faisant faire douter de la possibilité d’accélération de la maturation physiologique par une stimulation sensorielle à un âge fœtal précoce [1].

D’après toutes les études citées sur l’exposition fœtale aux sons, il semble que l’influence du comportement postnatal ne dépend pas seulement de l’effet sonore pur mais plus de la création d’un environnement propice pour le début d’une relation affective mère–enfant.

Conclusion

Au terme de cette revue de la littérature, on peut confirmer que l’audition fœtale est bien une réalité. Elle semble effective aux alentours du septième mois de grossesse chez le fœtus humain. Le fœtus est essentiellement exposé aux sons familiers de son environnement naturel mais il est aussi sensible aux stimulations sonores extérieures. Différentes études démontrent que le fœtus garde en mémoire ses expériences auditives prénatales. Celles-ci semblent, effectivement, conditionner les préférences sonores postnatales.

Cependant, ces capacités de mémorisation ne semblent pas pouvoir être exploitées, à l’heure actuelle, pour accélérer les fonctions cognitives chez le nouveau-né.

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