Article

PDF
Access to the PDF text
Advertising



Journal de radiologie
Volume 92, n° 6
pages 543-556 (juin 2011)
Doi : 10.1016/j.jradio.2011.04.006
Évolution du bassin et de la hanche « à travers les âges » : des primates à l’homme moderne
Evolution of the pelvis and hip throughout history: From primates to modern man
 

Figure 1




Figure 1 : 

Bassin d’un singe pronograde (singe gelada de la famille des cercopithécidés). Le pelvis et l’ilion (il) sont longs, étroits, le plan sacré de l’ilion et le sacrum apparaissent proportionnellement larges, comme chez les mammifères primitifs [5]. Le pubis (pu) est perpendiculaire à l’ilion. L’ischion (is) est développé.


Figure 2




Figure 2 : 

Squelettes de l’homme (c) et des grands singes de la famille des pongidés (a : orang-outan ; b : gorille ; d : chimpanzé). Cette photographie réalisée dans la galerie de l’évolution du Muséum d’Histoire naturelle de Paris montre une vue dorsale en situation de squelettes complets. Les ailes iliaques des pongidés sont larges, orientées frontalement, la région sacrée est étroite.


Figure 3




Figure 3 : 

Le pelvis des pongidés. Vues de face du bassin [5] : a : d’un orang-outan ; b : d’un gorille ; c : d’un chimpanzé. Vue de profil du bassin et de la hanche : d : d’un chimpanzé ; e : d’un orang-outan. Le pelvis des singes hominoïdes diffère de celui des cercopithèques et des mammaliens primitifs : les ailes iliaques sont proportionnellement plus larges, l’ischion plus court, le col de l’ilion plus grêle, la région sacrée plus étroite, la cavité pelvienne plus allongée, l’angle iliopubien est plus incliné ventralement (111–128°). L’os iliaque de ces grands singes présente également des particularités par rapport à celui de l’homme : la fosse iliaque est très peu creusée avec une orientation globalement frontale, le bord postérieur de l’ilion ne présente pas d’échancrure (absence d’échancrure sciatique). Le pelvis du gorille est remarquable par sa grande largeur au niveau des ailes iliaques, celui du chimpanzé par sa grande longueur à la fois au niveau de l’ilion et de l’ischion.


Figure 4




Figure 4 : 

Comparaison du bassin d’une femme pygmée (a, b, c) et de l’australopithèque « Lucy » (d, e, f) en vue de face (a, d), en vue postérosupérieure (b, e), en vue de profil (c, f) [5]. Le bassin de « Lucy » est remarquable par :

sa largeur, à la fois au niveau des ailes iliaques et de la cavité pelvienne ;
la brièveté du plan supérieur de l’ilion, avec une épine iliaque antérosupérieure qui présente une forme de bec caractéristique ;
l’aile iliaque qui a une orientation plus frontale, proche de celle des grands singes ;
un sacrum court, moins incliné et moins développé vers l’arrière (la projection sagittale du bassin est plus étroite) ;
un grand diamètre bi-acétabulaire ;
la gracilité du col de l’ilion et la petite taille des surfaces articulaires de la hanche ;
la longueur du pubis contrastant avec la brièveté de l’ischion ;
un rapprochement, comme chez l’homme, de l’articulation coxofémorale et de l’articulation sacro-iliaque (sacrum plus large que les grands singes) ;
l’articulation de la hanche beaucoup plus grêle, l’axe du col fémoral plus horizontal et non antéversé.


Figure 5




Figure 5 : 

Reconstruction VRT à partir d’un scanner réalisé sur le bassin d’une femme de 30ans et sur son fœtus quasiment à terme (huit mois et demi). a : vue d’ensemble ; b : détail sur le bassin du fœtus de profil ; c : bassin du fœtus de face ; d : bassin du fœtus de dessus ; e : comparaison avec une vue de profil du bassin de « Lucy ». Le pelvis d’un fœtus de cinq mois et demi possède des ailes iliaques très larges, l’ilion est plat et orienté transversalement, comme celui des primates non humains. Chez le fœtus à terme (comme dans l’exemple ci-dessus), le pelvis est proportionnellement plus étroit, l’aile iliaque est orientée dans un plan légèrement oblique et une inflexion s’ébauche dans sa portion antérieure, l’épine iliaque antérosupérieure est très proche du tubercule fessier (forme australopithèque).


Figure 6




Figure 6 : 

Vue schématique du bassin et des membres inférieurs en station debout d’un chimpanzé (a), de l’australopithèque « Lucy » (b) et d’un homme (c) [5]. a : l’os iliaque du chimpanzé est large, haut, le sacrum est étroit. L’axe du membre pelvien (entre le centre de la tête fémorale et le centre de la cheville) passe très à distance du centre du genou (genu varum majeur). La démarche est instable, oscillante, coûteuse sur le plan énergétique ; b : le bassin de l’australopithèque est large, avec proportionnellement une distance entre les têtes fémorales plus importante que chez l’homme, ce qui implique dans le plan frontal une plus grande distance entre les deux genoux et les deux pieds (pieds écartés et orientés parallèlement). L’équilibre du pelvis en position bipodale est le même et aucune force n’est requise pour maintenir l’équilibre du bassin. La résultante des forces en compression exercées sur la hanche est équivalente chez l’homme et chez l’australopithèque, mais chez ce dernier l’articulation est beaucoup plus grêle, elle forme un angle beaucoup plus fermé avec l’axe du col fémoral par ailleurs plus long et non antéversé : la hanche est en porte-à-faux et donc nettement plus instable. Cela impliquait indirectement un mouvement de balance du corps d’un appui à un autre et une rotation accrue du pelvis en alternance avec les épaules.


Figure 7




Figure 7 : 

Perte de la lordose lombaire. a : cliché du rachis lombaire de profil ; b : vue clinique de cette patiente de 80ans. La perte complète de la lordose d’origine dégénérative implique un déplacement du centre de gravité vers l’avant, avec pour corollaire une modification de la statique du bassin, l’absence d’extension complète de la hanche et du genou entraînant une posture « plus archaïque », plus proche de celle du singe.


Figure 8




Figure 8 : 

Patiente de 75ans présentant depuis plusieurs mois des anomalies de la marche. a et b : la démarche de la patiente est « dandinante », avec une oscillation marquée des épaules vers le pied d’appui (double flèche) et un signe de Trendelenburg au niveau du bassin (double flèche en pointillés) ; c et d : les coupes IRM (c : axial ; d : coronal) en pondération T1 montrent une très nette dégénérescence graisseuse des moyens fessiers (*) grade 4 à droite et 3 à gauche. Pour compenser ce déficit musculaire des abducteurs, la patiente bascule son tronc et ses épaules de façon à aligner son centre de gravité avec celui de la hanche en appui, reproduisant la démarche adoptée par les singes dans le plan frontal.


Figure 9




Figure 9 : 

IRM du bassin d’un patient de 46ans trés sportif pratiquant la course à pied et présentant depuis deux mois des douleurs et une boiterie de la hanche gauche.

a : T1 coronal ; b : T2 STIR ; c et d :T1 gado Fat sat en coronal et en axial ; les anomalies sont décrites dans les réponses du texte du cas clinique et dans les légendes de la figure 12.


Figure 10




Figure 10 : 

Échographie concomitante avec une coupe coronale de la fesse gauche (a) et une coupe axiale (b). Description dans les réponses du cas clinique.


Figure 11




Figure 11 : 

Contrôle échographique à six semaines (description dans les réponses du cas clinique).


Figure 12




Figure 12 : 

Réponse de la figure 10. Petite collection en forme de croissant, en hyposignal T1, en hypersignal T2, de topographie intramusculaire, à la partie haute du moyen fessier ; la périphérie se rehausse et la prise de contraste dessine les fibres musculaires adjacentes (a, b, c, d, flèches blanches).

EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline