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Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
Volume 141, n° 10
pages 624-632 (octobre 2014)
Doi : 10.1016/j.annder.2014.05.007
Received : 24 Mars 2014 ;  accepted : 23 May 2014
Dermatoses et alopécie de la barbe et de la moustache
Beard and moustache dermatosis and alopecia
 

N. Kluger a, , M.-H. Jegou b, P. Assouly c
a Departments of dermatology, allergology and venereology, Institute of Clinical Medicine, University of Helsinki, Skin and Allergies Hospital, Helsinki University Central Hospital, Meilahdentie 2, PO Box 160, 00029 HUS, Finlande 
b Cabinet de dermatologie, 8, rue Jules-Ferry, 33290 Blanquefort, France 
c Centre Sabouraud, hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux, 75010 Paris, France 

Auteur correspondant.


Il est certain qu’une belle barbe, n’importe sa couleur, pourvu qu’elle soit épaisse, donne à la physionomie de l’homme un caractère de force et de gravité qui lui sied à merveille ; tandis que son absence imprime toujours au visage un air efféminé, tout à fait de mauvais augure.

Dulac E, Physiologie et hygiène de la barbe et des moustaches [1]

Moustaches et barbes ont connu diverses fortunes selon les peuplades et depuis l’Antiquité. Leur portée symbolique (signe de pouvoir, de statut social ou religieux, de sagesse, de virilité et de maturité sexuelle) s’est réduite [2]. La barbe et la moustache sont portées aujourd’hui comme des accessoires esthétiques, que l’on peut retirer ou modifier par un rasage ou une taille. Des facteurs professionnels peuvent aussi entrer en compte dans les impératifs de chacun.

De nombreuses dermatoses peuvent se localiser électivement sur ces zones chez l’homme. La région de la barbe peut aussi masquer des lésions sous-jacentes. Les dermatoses faciales n’ayant pas une spécificité propre à la barbe et à la moustache, de même que l’hypertrichose et l’hirsutisme ne seront pas abordées ici. Barbe et moustache seront réunies dans les différents paragraphes de cet article ; les dermatoses et les alopécies qui les affectent étant pour l’essentiel communes et d’expression équivalente. Sauf cas particuliers spécifiés, le terme « barbe » fera référence de la même manière à la moustache.

Les spécificités de la région de la barbe

La pilosité faciale terminale apparaît chez le garçon durant la puberté en même temps que les poils axillaires. Les androgènes stimulent la transformation des poils duveteux en poils terminaux, plus longs, plus épais et pigmentés [2]. Ils apparaissent d’abord au-dessus des extrémités de la lèvre supérieure puis s’étendent vers la zone médiane pour former la moustache ; c’est ensuite le tour des poils des joues et de la région médiane sous la lèvre inférieure. La pilosité de la barbe se complète enfin parallèlement à la pilosité pubienne.

Les poils de la barbe se distinguent des cheveux du cuir chevelu : les fibres ont plus de couches de cuticule, ils sont plus épais et une forme plus variable. Une barbe présente entre 6000 et 25 000 poils qui poussent de façon pluridirectionnelle. Le poil pousse de 0,27mm/j en moyenne jusqu’à atteindre une longueur moyenne de 30cm s’il n’est pas coupé. En réalité, cette capacité de croissance augmente avec l’âge jusqu’à 35–40ans, atteint un plateau puis décroît à partir de 70ans [3]. Chez l’homme, la croissance des poils de barbe est corrélée au taux plasmatique de 5 alpha-dihydrotestostérone (DHT) alors que la densité pilaire est corrélée aux taux de testostérone [4]. La testostérone stimule également la pilosité axillaire et pubienne dans les 2 sexes [2]. Des différences selon les origines ethniques sont toutefois à noter. Outre la différence de forme des poils liée à la section ronde, ovale ou ovale aplatie, la densité des poils est statistiquement inférieure notamment chez le sujet asiatique par rapport au sujet à peau blanche d’origine européenne.

La pousse de la barbe connaît un cycle saisonnier, étant plus rapide en été qu’en hiver en raison de variation des taux d’androgènes [5]. On note aussi des variations topographiques : ainsi les zones pileuses des joues et du cou ne sont pas similaires avec des différences d’angulation des poils et de rugosité de la peau ; l’irrégularité de la peau est due notamment à des petites surélévations au niveau du cou, qui la rendent plus pourvoyeuse en irritation et coupures [6]. C’est pour toutes ces raisons que les compagnies cosmétiques développent des produits de rasage et des systèmes de rasages sophistiqués, destinés à limiter leur impact traumatique [6, 7].

La présence d’une barbe et d’une moustache confère une certaine protection de la peau sous-jacente au froid ou aux ultraviolets, toutefois modérée [8].

Ajoutées à la présence de la barbe chez l’homme, les différences entre la peau d’un homme et d’une femme sont les suivantes : derme plus épais, densité de collagène plus importante, sécrétion de sébum plus importante, distribution pilaire différente, seuil de transpiration abaissé, rapidité de cicatrisation [7]. Les facteurs environnementaux auxquels la peau est exposée peuvent se trouver différents entre les hommes et les femmes (travaux de force en extérieur, exposition aux UV, à la chaleur ou au froid). Enfin, la perception de la peau sensible est également moindre chez les hommes.

Le rasage

Le rasage de la barbe et de la moustache est le geste cosmétique le plus fréquent chez les hommes. Dans les pays occidentaux, le port de la barbe a décru depuis le XXe siècle, tandis que la pratique du rasage s’est développée. Une réapparition du port de la barbe chez les jeunes adultes est toutefois à noter depuis quelques années. L’apparition de nouveaux outils de rasage, comme les rasoirs multi-lames ou le rasoir électrique, les produits de rasage et leur facilité d’accès en tant qu’outils de consommation ont contribué à développer le rasage. Il est principalement réalisé pour des raisons socioculturelles, mais aussi car il s’agit d’un acte rituel initiatique et un facteur psychologique important chez l’adolescent lors de la puberté [9], les adolescents débutant le rasage vers 14–15ans [10].

Depuis près d’une dizaine d’années et l’apparition du concept de « métrosexuel », le marché de la cosmétique de l’homme s’est considérablement développé : produits avant-rasage, après-rasage, parfums, crèmes de soins. Le marché représentait 29 milliards de $ en 2010 [9].

À travers le monde, 70 % des hommes se rasent avec un rasoir à lame (rasage dit mécanique ou humide) et le rythme est de 4 ou 5 fois par semaine. On notera qu’en Chine le rasage électrique est le plus répandu [11]. Les techniques de rasage sont variées du fait des variations individuelles en termes de densité de la barbe, de rapidité de repousse et de répartition des poils. L’irritation liée au rasage est une plainte fréquente dans les pays développés [9].

La surface moyenne rasée est de l’ordre de 300cm2 et on dénombre 20 à 500 follicules pileux/cm2. L’épaisseur du poil de barbe impose 3 fois plus de force pour le couper qu’un cheveu ou un poil de jambe. La peau environnante est riche en aspérités, rendant la surface irrégulière et est également richement innervée. Le rasage peut entraîner inconfort et irritation (rougeur, coupures, sensations de picotement ou de tiraillement, sécheresse) [10]. Les problèmes infectieux sont à présent peu fréquents. La priorité pour les hommes est d’avoir un rasoir qui ne coupe pas la peau [6].

Le procédé de rasage fait intervenir 3 acteurs : le poil, la peau et le rasoir et cache un problème complexe [10]. Les difficultés sont liées à la dureté des poils, leur orientation variée, les irrégularités du relief de la peau, les cornéocytes qui desquament et constituent des obstacles pour le rasoir.

L’avant-rasage

L’avant-rasage prépare le poil et la peau pour le rasage. Il vise à limiter la friction, optimiser le rasage au plus près et minimiser dans le même temps le traumatisme. L’hydratation du poil durant 3minutes permet de réduire par un facteur 2,5 la force nécessaire à la coupe. Durant le rasage, la peau doit être protégée de la lame par une tension mécanique et une lubrification. Les produits de rasage (mousses, gels) sont principalement constitués de surfactants, auxquels sont ajoutés des polymères linéaires de haut poids moléculaire. Ils maintiennent les poils hydratés et réduisent la friction de la lame sur la peau en la lubrifiant. Les microtraumatismes cutanés sont ainsi réduits et la fonction barrière de la peau préservée. Les microlésions, la xérose, une inflammation superficielle s’accompagnent de sensations d’irritation (« feu du rasage ») avec picotements, sensations de brûlures et démangeaisons.

Les soins après-rasage

Les soins après-rasage consistent à appliquer de l’eau plus fraîche, puis un émollient. Ils visent à minimiser les stimulus sensoriels et restaurer la fonction barrière de la peau [10].

Les dermatoses de la barbe
Pseudofolliculite de la barbe

La pseudofolliculite de la barbe (PFB) est une dermatose inflammatoire chronique courante favorisée par le rasage. Elle touche principalement les hommes avec des poils crépus, le plus souvent présentant un phototype élevé, principalement mais non exclusivement d’ascendance africaine. Son incidence serait de 94 % chez les patients dits « Afro-américains » contre 16 % chez les personnes d’origine européenne mal nommés : « caucasiens » [12]. Cette affection peut aussi se rencontrer chez les femmes qui se rasent ou s’épilent à la cire (sur le visage mais aussi au niveau axillaire ou pubien). On explique le déclenchement du phénomène par une coupe du poil trop court en dessous de l’épiderme et pénétration secondaire du derme par voie trans-folliculaire ou un poil trop long qui repique la peau après un court trajet extériorisé en boucle par voie extra-folliculaire. La PFB semble surtout liée à un polymorphisme commun localisé sur le gène K6hf (hair follicle companion layer-specific keratin K6h ) de la kératine qui constituerait un déterminant génétique à cette pathologie [13]. La PFD se présente sous forme de papules inflammatoires et des pustules, de la couleur de la peau ou hyperpigmentées, plus ou moins prurigineuses (Figure 1). Une évolution chéloïdienne est possible sur ce terrain.



Figure 1


Figure 1. 

Pseudofolliculite de la barbe.

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La prise en charge est complexe imposant l’arrêt du rasage jusqu’à la rémission, associé éventuellement à une antibiothérapie orale par tétracycline, une antisepsie locale, des traitements anti-acnéiques. La prévention de la récidive passe par l’éducation du patient avec : soit une abstention complète du rasage si cela est envisageable, soit l’utilisation d’une tondeuse qui coupe le poil au-dessus de son émergence et donne un rasage imparfait. Les crèmes, pâtes ou poudres dépilatoires (à base de sulfates de barium ou thioglycolate de calcium), parfois utiles et appréciées des utilisateurs, sont irritantes, peuvent être responsables de brûlures chimiques en raison d’applications trop rapprochées, ou d’un eczéma. Le cas échéant si une reprise du rasage est tentée, ce dernier devra être le moins traumatisant possible (un seul passage, produits adaptés) et devrait être quotidien pour éviter la pénétration extra-folliculaire du poil [14] mais ce fait est discutable et rarement durable. L’épilation laser peut être envisagée dans certains cas comme une ultime solution [15].

Poils incarnés

Le problème de l’incarnation des poils est fréquent au niveau de la barbe. Elle est favorisée par le caractère crépu ou bouclé des poils, et par l’orientation oblique des poils de la barbe par rapport à la peau. Un rasage mal réalisé en est souvent l’initiateur et une surinfection fréquente (Figure 2). Les poils incarnés sont parfois à tort assimilés à la PFB. Or si cette dernière peut en être la conséquence, elle reste une entité spécifique liée à un terrain génétique prédisposé. Les poils incarnés peuvent plus aisément ne pas récidiver après une prise en charge adéquate.



Figure 2


Figure 2. 

Pili incarnati (Collection Dr Catherine Boursier-Quetier, Blanquefort).

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Dermatoses allergiques

L’eczéma de contact dans la région de la barbe chez l’homme peut être lié à des allergènes en rapport avec le rasage, outre les facteurs moins spécifiques que nous n’aborderons pas.

Allergie aux produits de rasage

En 1994, Edman avait montré qu’alors le rasage s’accompagnait d’un risque multiplié par 2,9 d’allergie aux parfums [16]. Cela s’explique par les microtraumatismes répétés liés au rasage qui favorisent la pénétration des différentes substances parfumées appliquées (crème de rasage, après-rasage, savon, parfum). Nous n’avons retrouvé qu’une seule étude allergologique sur les produits de rasage. Il s’agissait d’une étude rétrospective allemande entre 1998 et 2002 des patients testés pour leurs parfums, déodorants et lotions de rasage. Trois cent vingt-cinq patients avaient été testés pour les produits de rasage (après-rasage parfumé le plus souvent), 307 avaient été testés non dilués et 18 avec des tests dilués, au total 14 avait un test faiblement (+) et 5 un test (++) ou (+++). Les produits positifs comprenaient le fragrance mix I, le baume du Pérou, l’huile de térébenthine, le lyral, le Oak moss absolute, l’hydroxycitronellal, l’huile d’Ylang-Ylang et la propolis [17].

Allergie au rasoir électrique

Ce type d’eczéma est devenu rare chez l’homme. Le nickel est le principal métal pourvoyeur d’eczéma de contact dont les sources sont bien connues du dermatologue. Feilzer et al. ont montré que les rasoirs électriques libéraient des particules de nickel, mais aussi possiblement du chrome, du palladium ou du platine [18]. Récemment, Thyssen et al. ont rapporté le cas d’un homme de 44ans présentant une dermatose chronique faciale prédominante aux joues en rapport avec un rasoir électrique [19]. Un test au diméthylglyoxime sur les lames du rasoir électrique et les épidermo-tests au sulfate de nickel étaient positifs. Le changement de rasoir s’accompagnait d’une rémission.

Infections de la barbe
Folliculites bactériennes

Hormis la classique folliculite à staphylocoque doré, les folliculites à Gram négatif (Klebsiella , Escherichia coli , Enterobacter , Proteus ) surviennent chez des hommes traités pour une acné de façon prolongée par des antiseptiques locaux ou des antibiotiques systémiques ou parfois apparemment de manière spontanée. Il peut s’agir de pustules péribuccales et péri-narinaires ou de nodules inflammatoires douloureux des joues. Un écouvillonnage des gites narinaires est recommandé. En cas d’acné, l’arrêt des antibiotiques, un traitement d’isotrétinoïne peuvent être proposés. Une antibiothérapie adaptée aux germes identifiés sur plusieurs semaines peut être nécessaire en cas d’identification de germe avec antibiogramme [20]. Un cas de folliculite décalvante avec atteinte de la barbe a été également rapporté [21].

Sans que l’on puisse infirmer ou affirmer son origine infectieuse, la dermatitis cruris pustulosa et atrophicans décrite en 1952 par Clarke au Nigéria est une entité mal connue. Il s’agit d’une dermatose pustuleuse prurigineuse des membres inférieurs, d’évolution chronique et résistante à tout traitement, évoluant vers une dépilation et une atrophie locale. Elle a principalement été rapportée dans les pays tropicaux. Elle touche principalement les hommes dans leur trentaine. Une atteinte de la barbe et de la moustache est notée respectivement dans 19 et 5 % des cas selon une étude indienne [22]. L’histologie est évocatrice d’une pustulose neutrophilique. L’étiopathogénie de cette dermatose reste obscure. Un staphylocoque doré est retrouvé dans plus de 85 % des cas, mais son rôle reste incertain. Cette entité se rapprocherait de la dermatose érosive des jambes et du cuir chevelu, cependant le terrain en est différent [23].

Mycoses de la barbe

Cette dermatophytie assez rare est principalement due à un champignon du genre Trichophyton (T. rubrum , T. mentagrophytes , voire T. tonsurans ), d’autres espèces peuvent aussi en être responsables soit sous la forme d’une dermatophytie superficielle classique, comme celle rencontrée sur la peau glabre, soit d’une folliculite pustuleuse et de placards inflammatoires (sycosis dermatophytique), voire de nodules ou d’abcès, ou de type kérion [24, 25, 26]. Elle touche exclusivement les hommes, davantage dans les zones rurales. La barbe est plus souvent touchée que la moustache. Le plus souvent il s’agit de dermatophyte zoophile et un contact animal doit alors être recherché, parfois anthropophile avec transmission par contact direct ou indirect, plus rarement géophile. Une corticothérapie locale malencontreusement prescrite peut avoir un effet aggravant. Le prélèvement mycologique confirme le diagnostic. La microscopie focale ex vivo le permettrait également en montrant les spores et/ou les filaments autour de la tige pilaire [27] (Figure 3, Figure 4).



Figure 3


Figure 3. 

Dermatophytie de la barbe.

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Figure 4


Figure 4. 

Candidose cutanée du visage.

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Folliculite herpétique

La folliculite herpétique de la barbe (ou sycosis herpétique) se présente sous la forme de lésions vésiculeuses puis croûteuses regroupées en bouquet, habituellement douloureuses et accompagnées d’adénopathies cervicales [28, 29, 30, 31, 32]. Il s’agit le plus souvent de réactivations herpétiques (HSV1 ou HSV2) disséminées à la faveur du rasage. La négativité des prélèvements bactériologiques et mycologiques doit faire suspecter une cause virale, mais la découverte de staphylocoque doré ou d’autres germes peut parfois entraîner une errance diagnostique [31]. L’échec des traitements conventionnels locaux doit également alerter. Un cytodiagnostic de Tzanck peut confirmer le diagnostic. Le traitement antiviral peut être oral (valaciclovir 500 mg×2/j) ou intraveineux par aciclovir, selon l’importance des lésions et le terrain [31].

Autres

D’autres infections comme les infections à Demodex, les fistules cutanées d’origine dentaire [33, 34] ou les actinomycoses cervico-faciales [35] peuvent se localiser électivement sur le site de la barbe.

Alopécie de la barbe
Absence de pousse des poils de la barbe dans le cadre d’une dépilation globale

Nous ne détaillerons pas les causes de pathologies qui pourraient être responsables d’une absence de pilosité ou d’une dépilation générale. Une peau froide, fine, sèche et une caroténodermie (pigmentation jaunâtre des sillons naso-géniens et palmo-plantaire) évoqueront dans le contexte une hypothyroïde ou un hypopituitarisme (Figure 5) [36].



Figure 5


Figure 5. 

Visage « poupin » et glabre chez un sujet présentant un hypogonadisme hypogonadotrope post-radiothérapie cervicale.

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L’absence privilégiée de pousse de la barbe est souvent remarquable chez les hommes. Ainsi sont à envisager les déficits congénitaux enzymatiques affectant la voie de métabolisme des androgènes ; le défaut de réduction de la testostérone en 5 alpha-DHT, comme lors d’un hermaphrodisme ou après castration, en fonction de l’âge de réalisation, est accompagné d’une absence ou d’une raréfaction de la pilosité. Les aneuploïdies sexuelles comme le syndrome de Klinefelter (47,XXY) ou d’autres plus rares (48,XXYY) s’accompagnent d’un hypogonadisme hypergonadotrophique et d’une raréfaction de la pilosité, d’un profil eunuchoïde et une gynécomastie [37].

Alopécies acquises
Alopécies non cicatricielles

La barbe peut être le siège électif de la pelade chez l’homme [38] (Figure 6). L’atteinte de cette zone n’est pas rare. Elle concernerait jusqu’à 27 % des hommes dans une étude turque [39].



Figure 6


Figure 6. 

Plaque de pelade du menton.

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La trichotillomanie, caractérisée par le trouble compulsif consistant à s’arracher les poils et d’en tirer une temporaire satisfaction [40], est classiquement une pathologie qui touche le plus souvent les enfants et des adultes jeunes, de sexe féminin, au niveau du cuir chevelu. La trichotillomanie des sourcils et des cils est plus rare [41], et l’est encore davantage pour la barbe : l’homme adulte aura tendance à se raser [40]. La trichotemnomanie, habitude consistant de manière dissimulée à couper les cheveux, ou les sourcils avec des ciseaux ou avec un rasoir [42] est aussi possible, mais reste théorique dans le cas présent.

Des cas d’alopécie totale transitoire de la barbe ont été observés après application de cidofovir topique dans le traitement de verrues ou de molluscum contagiosum du visage chez des patients VIH+ [43]. Une étude récente randomisée en double insu contre placebo montrerait une efficacité pour ralentir la repousse des poils de la barbe en cas d’application de cidofovir 3 % chez des sujets sains [44], mais ces résultats doivent être confirmés.

Alopécies cicatricielles

Alopécie post-traumatique

Les alopécies de la zone de la barbe peuvent être post-traumatiques par la destruction locale des follicules pileux (coupures, brûlures). Certaines coiffures de la barbe impliquant une traction importante (tresses) peuvent entraîner une alopécie locale de la barbe, à l’image des alopécies de traction du cuir chevelu, notamment chez les Sikhs qui ne se la coupent pas [45, 46].

Le lupus cutané chronique

Le lupus cutané chronique dans sa forme discoïde touche avec prédilection le visage et les zones pileuses, la zone de la barbe incluse [47]. Les lésions typiques associant des plaques hyperkératosiques, une hyperkératose folliculaire, une atrophie cutanée et une évolution dyschromique avec une alopécie cicatricielle des zones concernées si un traitement n’est pas mis en route (Figure 7).



Figure 7


Figure 7. 

Lupus chronique du visage avec atteinte rétroauriculaire et de la zone de la barbe.

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Le lichen plan pilaire

Le lichen plan pilaire est une forme particulière de lichen avec un tropisme pour les follicules pileux et responsable d’une alopécie cicatricielle. Il s’associe plus rarement avec un lichen plan cutané. Une atteinte des autres zones pileuses (sourcils, barbe, pubis) est possible [48]. Une forme particulière et assez exceptionnelle de lichen plan pilaire a été individualisée sous une forme de lichen plan pilaire linéaire (linear lichen planopilaris of the face ) [49, 50, 51, 52]. Elle touche dans la majorité des cas des hommes d’âge mûr sous la forme d’une lésion linéaire acquise, asymptomatique, hyperpigmentée, et d’évolution atrophique suivant une des lignes de Blaschko du visage [52]. Dans plusieurs cas, cette lésion suit une ligne située au sein de la barbe et est responsable de papules érythémateuses folliculaires atrophiques avec dépilation locale. Le reste de l’examen clinique ne trouve pas de lésion de lichen par ailleurs. L’histologie et l’immunofluorescence permettent de distinguer cette entité d’un possible lupus. Un lichen striatus est aussi possible.

La pseudopelade de Brocq

À notre connaissance, seul un cas de pseudopelade de Brocq a été décrit chez un homme de 34ans touchant le cuir chevelu et la barbe avec une seule lésion de 4cm2 environ [53].

Les kératoses pilaires atrophiantes

Les kératoses pilaires atrophiantes (à évolution alopécique cicatricielle) sont responsables d’alopécies tout particulièrement localisées au visage : l’atrophodermie vermiculée où s’associent inflammation puis atrophie infundibulaire au niveau des joues en particulier ; la kératose folliculaire décalvante (de Siemens) qui notamment génère dans l’enfance une inflammation péripiliaire des sourcils laissant progressivement place à une alopécie, mais aussi au niveau de la barbe, avant d’affecter le cuir chevelu (Figure 8). La kératose pilaire rouge atrophiante (KPR), de transmission autosomique dominante se présente initialement sous forme de papules inflammatoires, parfois associées à une photophobie (Figure 9) [54, 55].



Figure 8


Figure 8. 

Kératose folliculaire décalvante de Siemens.

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Figure 9


Figure 9. 

Kératose pilaire rouge.

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La mucinose folliculaire

La mucinose folliculaire (ancienne « alopécie mucineuse ») est responsable d’une accumulation de mucine dans les follicules pileux et les glandes sébacées [56]. Elle se présente le plus souvent sous la forme de papules folliculaires responsables d’un spinulosisme, isolées ou confluentes en plaques indurées du visage, du cou ou du cuir chevelu laissant des plaques alopéciques, finement squameuses et peu érythémateuses. Elle touche le plus souvent l’homme. Des cas de dépilations de la zone de la barbe révélatrices de la mucinose ont été décrits [57]. Rappelons que le suivi au long cours de ces patients est nécessaire en l’absence de cause retrouvée en raison de son association au mycosis fongoïde [57].

Les processus sclérosants comme la sclérodermie systémique ou le syndrome de Parry-Romberg (atrophie hémifaciale progressive) s’accompagnent généralement d’une dépilation par atrophie des structures cutanées (alopécie cicatricielle secondaire) (Figure 10). Les principales causes d’alopécie de la barbe et de la moustache sont résumées dans le Tableau 1.



Figure 10


Figure 10. 

Dépilation de la barbe et de la moustache liée à un syndrome de Parry-Romberg.

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Autres dermatoses

La zone de la barbe et de la moustache est une des nombreuses localisations du vitiligo, facilitée par un phénomène de Koebner par frottement ou friction en rapport avec le rasage (moustache, barbe, cou). Une poliose y est souvent associée (Figure 11), retentissant de manière plus ou moins importante sur la qualité de vie selon les patients [58]. La co-localisation d’une pelade et un vitiligo est possible.



Figure 11


Figure 11. 

a : vitiligo de la zone de la barbe ; b : vitiligo avec poliose localisée de la barbe.

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Certaines folliculites non infectieuses touchent avec prédilection le visage, telle la folliculite pustuleuse à éosinophile d’Ofuji [59].

Enfin, diverses dermatoses peuvent avec prédilection présenter une traduction clinique sur le visage : psoriasis, sarcoïdose [60], lèpre, leishmaniose.

Conclusion

La région de la barbe et de la moustache constitue une zone singulière en raison de son hormono-dépendance, de sa densité en follicule pileux terminaux, de l’exposition aux ultraviolets modifiée en raison de ces mêmes poils, aux phénomènes spécifiques et répétés liés au rasage lui-même ou aux produits qui lui sont destinés. Barbe et moustache sont aussi particulières par l’importance de l’origine ethnique, des rites, des modes et des soucis esthétiques qui entrent en ligne de compte dans leur compréhension et leur prise en charge.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.

Références

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