Comment optimiser la communication écrite en rhumatologie ? SAED, ça aide ! - 02/12/25
, F. Majdoub, I. Slimene, L. Kharrat, D. Ben Nessib, H. Ferjani, D. Kaffel, K. Maatallah, W. HamdiRésumé |
Introduction |
La communication écrite entre professionnels de santé occupe une place centrale dans la pratique médicale en assurant la continuité et la sécurité des soins. La lettre de liaison en est l’un des principaux supports, permettant de transmettre des informations cliniques essentielles entre soignants. Sa qualité conditionne directement la coordination des prises en charge, notamment dans les maladies chroniques comme les affections rhumatologiques. Notre objectif était d’évaluer la qualité de la communication écrite en rhumatologie en se basant l’outil de communication « situation antécédents évaluation demande » (SAED) recommandé par la Haute autorité de Santé (HAS).
Matériels et méthodes |
Étude monocentrique transversale, menée dans un service de rhumatologie d’un centre de soins tertiaires. Les lettres de liaison adressées aux consultations externes ont été analysées sur la période de mai à juin 2025. La conformité a été évaluée selon l’outil SAED portant sur la synthèse, les antécédents, les éléments cliniques et la demande [1] . Nous avons également examiné la lisibilité, la qualité de la rédaction, la pertinence de l’orientation, ainsi que l’identification du patient et du médecin.
Résultats |
Nous avons analysé un total de 114 lettres de liaison. Soixante-treize lettres provenaient de médecins de première ligne (64 %) et 103 (90,4 %) du secteur public. Concernant leur contenu, une synthèse était présente dans 111 lettres (97,4 %), des antécédents médicaux dans 55 (48,2 %), une évaluation dans 24 (21,1 %) et une demande explicite dans 62 (54,4 %). Selon le score global SAED, 34,2 % des lettres obtenaient un score ≤ 1 et 16,7 % atteignaient le score maximal de 4. L’orientation a été jugée pertinente dans 65 cas (57 %) et l’identification du patient était mentionnée dans 102 cas (89,5 %). Sur le plan qualitatif, 42 lettres (36,8 %) présentaient une rédaction satisfaisante et la lisibilité a été jugée correcte dans 64 lettres (56,1 %). Enfin, 52 courriers (45,6 %) étaient rédigés sur des modèles pré-remplis et 3 (2,6 %) étaient tapés. L’utilisation de modèles pré-remplis était significativement associée à une moindre qualité des lettres : absence d’évaluation clinique (OR = 0,24 ; IC95 % : 0,08–0,70 ; p = 0,006), absence de demande explicite (OR = 0,35 ; IC95 % : 0,16–0,75 ; p = 0,006), motifs non pertinents (OR = 0,32 ; IC95 % : 0,15–0,69 ; p = 0,003) et mauvaise qualité rédactionnelle (OR = 0,27 ; IC95 % : 0,12–0,62 ; p = 0,001). À l’inverse, les lettres adressées par un médecin spécialiste étaient associées à une meilleure complétude et qualité : mention plus fréquente des antécédents (OR = 4,52 ; IC95 % : 1,88–10,85 ; p < 10 −3 ), présence d’une évaluation clinique (OR = 3,71 ; IC95 % : 1,38–9,95 ; p = 0,007), formulation d’une demande explicite (OR = 4,84 ; IC95 % : 1,94–12,03 ; p < 10 −3 ), meilleure qualité rédactionnelle (OR = 8,08 ; IC95 % : 3,25–20,05 ; p < 10 −3 ) et motifs d’orientation pertinents (OR = 4,88 ; IC95 % : 1,88–12,62 ; p = 0,001).
Conclusion |
La qualité des lettres de liaison en rhumatologie reste hétérogène. Les modèles pré-remplis sont associés à une perte d’informations essentielles, tandis que les lettres rédigées par des spécialistes sont plus complètes et pertinentes. L’outil SAED permet d’objectiver ces insuffisances et souligne l’intérêt de renforcer la formation à la rédaction médicale, notamment chez les médecins de première ligne. Cette approche contribuerait à améliorer la communication interprofessionnelle et la continuité des soins.
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Vol 92 - N° S1
P. A264-A265 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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