La suture nerveuse terminolatérale – une alternative sérieuse à la greffe conventionnelle des nerfs collatéraux digitaux - 28/10/15
, Nicolas Pauchard, François Dap, Gilles DautelRésumé |
La greffe nerveuse est le gold standard en matière de reconstruction des pertes de substance nerveuses digitales mais elle rencontre ses limites dans certaines indications (traumatisme pluridigital, conservation du doigt incertaine, etc.). De plus, elle est source de morbidité au niveau du site donneur. Les sutures nerveuses terminolatérales digitales représentent une alternative intéressante, dont les résultats décrits dans la littérature semblent encourageants, les séries sont cependant peu nombreuses. Les résultats fonctionnels des patients suivis dans notre service sont exposés. Sept cas de sutures nerveuses terminolatérales digitales chez 7 patients ont été recensés dans le service entre 2000 et 2012. Ce principe de suture correspond à une suture du segment de nerf distal, sur le nerf collatéral, après épineurotomie, indemne de tous traumatismes. Cinq patients ont pu être évalués rétrospectivement avec un recul moyen de 25 mois (âge moyen à l’intervention 42,8ans). Quatre patients ont été pris en charge en urgence et un patient en chirurgie programmée (névromes étagés). Les résultats sont présentés selon l’échelle de cotation British Medical Research Council (BMRC) modifiée MacKinnon Dellon incluant le 2PD de Weber. La douleur et une éventuelle morbidité du site donneur ont également été recherchées. Les scores BMRC étaient répartis ainsi - 1 patient avec un score S3, 3 S3+ et 1 S4. Le 2pd était inférieur à 10 millimètres pour 4 patients et supérieur à 15mm pour un seul patient. Aucune séquelle du site donneur n’a été constatée. Des dysesthésies ont été relevées chez 4 patients sur 5. La suture nerveuse terminolatérale est basée sur le bourgeonnement axonal collatéral. Le segment distal suturé induit ce bourgeonnement et la régénération nerveuse par chimiotactisme, neurotropisme et neurotrophisme. Les résultats sensitifs présentés par les patients de cette série sont encourageants compte tenu des lésions initiales, puisque tous ont retrouvé une sensibilité discriminative. La comparaison de cette petite série aux données de la littérature fait état de résultats semblables dans la qualité de la récupération sensitive évaluée par l’échelle de BMRC, et le 2pd. La seule complication par ailleurs retrouvée dans la littérature est un névrome du moignon proximal. Cette technique simple, rapide, reproductible et sans morbidité pour le site donneur doit être envisagée comme une alternative thérapeutique sérieuse à la greffe nerveuse conventionnelle en cas de perte de substance importante du nerf digital, non accessible à une greffe veineuse. Cette technique nécessite cependant une intégrité du nerf collatéral digital controlatéral.
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Vol 101 - N° 7S
P. S235 - novembre 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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