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L’antibiothérapie suppressive, une réalité thérapeutique : à propos de 73 cas d’infection de prothèses articulaires - 22/11/15

Doi : 10.1016/j.revmed.2015.10.306 
V. Meyssonnier 1, , V. Zeller 1, Y. Kerroumi 2, S. Marmor 3, N. Desplaces 4, J.M. Ziza 5
1 Médecine interne, centre de référence des infections ostéoarticulaires, GH DCSS, 125, rue d’Avron, Paris, France 
2 Centre de référence des infections ostéoarticulaires, GH DCSS, 125, rue d’Avron, Paris, France 
3 Chirurgie orthopédique, centre de référence des infections ostéoarticulaires, GH DCSS, 125, rue d’Avron, Paris, France 
4 Laboratoire de microbiologie, centre de référence des infections ostéoarticulaires, GH DCSS, 125, rue d’Avron, Paris, France 
5 Médecine interne-rhumatologie, hôpital de la Croix-Saint-Simon, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’antibiothérapie suppressive (ABS) prolongée par voie orale est une alternative à un traitement curateur médicochirurgical des infections de prothèse articulaire en cas de contre-indication médicale ou refus par le patient du traitement chirurgical en vue de contrôler l’infection. L’objectif de cette étude est de décrire les patients éligibles à ce traitement, les modalités thérapeutiques et l’évolution sous traitement.

Patients et méthodes

Étude rétrospective incluant les patients ayant une infection de prothèse articulaire documentée traitée par antibiothérapie suppressive.

Résultats

Entre 2004 et 2014, 73 patients ont été inclus, d’âge médian de 82ans [46–94] pour une infection de prothèse articulaire (43 hanches, 27 genoux, 2 épaules et 1 infection hanche–genou) fistulisée dans 38 % des cas. Vingt-neuf (42 %) patients avaient1 facteur de risque d’infection. Le score ASA était3 pour 73 % d’entre eux. Les bactéries en cause étaient : 24 % de streptocoques (n=17), 21 % de Staphylococcus aureus (n=15 dont 5 SAMR), S. epidermidis (n=7 dont 5 SEMR), entérobactéries (n=12), Propionibacterium acnes (n=5), Enterococcus faecalis (n=4), autres (n=13). L’indication de l’ABS était pour 48 patients (66 %), une contre-indication médicale à la chirurgie ou à l’anesthésie générale, pour 18 (25 %) un refus de la chirurgie et pour 7 un état osseux non favorable à un traitement chirurgical optimal. Douze patients ont été exclus de l’analyse car le suivi a été3 mois.

Parmi les 61 patients analysés, 55 (90 %) ont reçu un traitement intensif initial, par voie intraveineuse puis par voie orale à posologie élevée, d’une durée médiane de 8 semaines, IQR [4–12]. Les antibiotiques utilisés étaient : bêtalactamine (cloxacilline, cefalexine ou amoxicilline) (n=38, 62 %), clindamycine (n=8), cotrimoxazole (n=7), fluoroquinolone ou cycline. Trois patients ont eu initialement un drainage chirurgical non curatif.

À la dernière consultation de suivi, (durée médiane de traitement=21,5 mois), l’infection était contrôlée chez 44 (72 %) patients ainsi que la douleur articulaire chez 42 patients, dont 39 patients sous antibiothérapie en cours et 5 patients suivis après arrêt de l’antibiothérapie au bout de 1 à 4ans de traitement. Chez les 17 patients restants, le traitement a été arrêté pour effets secondaires de stade 1 ou 2 (n=6), réouverture de fistule (n=5), nouvelle infection (n=3), douleur non contrôlée (n=1). Deux patients ont finalement accepté un traitement chirurgical curateur.

Chez les 24 patients ayant1 fistule à l’initiation du traitement, 12 ont vu leur(s) fistule(s) se refermer dans un délai maximal de 6 mois.

Conclusion

L’ABS est une réalité thérapeutique en alternative au traitement chirurgical curateur notamment chez le patient très âgé. Elle permet un contrôle de l’infection et de la douleur dans plus de deux tiers des patients. Elle mérite d’être comparée à une simple abstention thérapeutique et mieux évaluée au niveau de son impact sur la qualité de vie des patients.

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Vol 36 - N° S2

P. A79-A80 - décembre 2015 Retour au numéro
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