Érythème induré de Bazin : étude anatomoclinique de 32 cas - 27/11/15
Résumé |
Introduction |
L’érythème induré de Bazin (EIB) est une vasculite nodulaire qui pose un problème quant à son origine tuberculeuse. Sa prise en charge thérapeutique reste donc mal codifiée. L’objectif de notre étude est de préciser les caractéristiques épidémio-cliniques et histologiques de l’EIB au Maroc, et de soulever les difficultés thérapeutiques par une comparaison de l’efficacité des anti-bacillaires versus la dapsone.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective menée de janvier 1990 à mai 2015 portant sur 32 cas d’EIB. Étaient retenues comme érythème induré de Bazin, les hypodermites nodulaires chroniques des membres inférieurs fistulisées ou non à la peau, avec à l’histologie un granulome inflammatoire de type lipophagique associé à une nécrose adipocytaire et une thrombose vasculaire.
Résultats |
Trente-deux cas étaient recensés. La moyenne d’âge de nos patients était de 37,3ans. Le sex-ratio était de 0,25 avec une prédominance féminine. Un contage tuberculeux familial était présent dans 9 cas. La durée moyenne d’évolution était de 20 mois. Tous les patients présentaient une hypodermite nodulaire chronique des membres inférieurs, fistulisée dans 13 cas et laissant des cicatrices pigmentées dans 20 cas. L’intradermo-réaction à la tuberculine était phlycténulaire chez 19 malades. L’histologie cutanée montrait un granulome inflammatoire de type lipophagique associé à une vascularite dans 13 cas. Une tuberculose extracutanée confirmée histologiquement était trouvée dans 3 cas. Vingt-six patients avaient reçu un traitement anti-bacillaire pendant une durée de 6 mois avec une guérison complète dans 14 cas et une absence d’amélioration ou une récidive des lésions dans 12 cas. Dix-huit patients recevaient la dapsone (100mg/j), parmi eux, les 12 cas d’échec thérapeutique aux anti-bacillaires. L’évolution sous dapsone était bonne sans récidive.
Discussion |
L’érythème induré de Bazin (EIB) est une affection rare sujette toujours à des controverses nosologiques. Il est considéré, par la plupart des auteurs, comme un état d’hypersensibilité à de multiples antigènes et en premier lieu au Mycobacterium tuberculosis. Toutefois, le bilan réalisé n’apporte souvent pas d’argument suffisant pour l’origine tuberculeuse des lésions cutanées. Sa prise en charge thérapeutique reste donc mal codifiée. Notre étude tente de préciser les caractéristiques épidémio-cliniques mais surtout de comparer l’efficacité du traitement anti-bacillaire versus la dapsone dans cette affection. La notion de contage tuberculeux récent, la positivité de l’IDR à la tuberculine ou encore l’association à une tuberculose extracutanée justifiait dans notre pays en particulier, un traitement anti-bacillaire. Dans le cas inverse, la dapsone peut constituer une bonne alternative thérapeutique. Cependant, une étude avec un échantillonnage plus grand serait souhaitable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Bazin, Érythème induré, Hypodermite nodulaire, Tuberculose, Dapsone
Plan
Vol 142 - N° 12S
P. S572 - décembre 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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