La chéilite leishmanienne : à propos de 5 observations - 27/11/15
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Résumé |
Introduction |
La leishmaniose cutanée (LC) est une dermatose parasitaire d’expression variée. Elle est fréquente en Tunisie. La localisation au niveau des lèvres buccales est rare. Quand elle est isolée, elle prête à confusion avec d’autres maladies réalisant de véritables pièges diagnostiques. Nous en rapportons 5 observations.
Observations |
Cinq cas de chéilite leishmanienne (CL) ont été étudiés. Les patients étaient âgés de 28 et 69ans avec un sex-ratio H/F de 2/3. Tous les patients étaient originaires du centre du pays où sévit le Leishamania major. La chéilite était isolée dans 3 cas, à type de macrochéilite homogène peu ou pas croûteuse dans 2 cas, rendant le diagnostic difficile, et ulcéro-croûteuse pour le troisième cas. Deux autres patients qui avaient une CL ulcéro-crouteûse étaient également porteurs de multiples lésions de LC au niveau de la face et des membres. La durée moyenne d’évolution était de 4,8 mois (de 3 à 7 mois). Les complications étaient à type de surinfection (un cas) et d’érysipèle de la face (un cas). Le frottis dermique montrait des leishmanies (deux cas). Dans 3 cas, le diagnostic était fait sur examen histologique à partir d’une biopsie cutanée qui montrait des granulomes dans tous les cas avec mise en évidence deux fois de leishmanies. Quatre patients étaient traités par antimoniate de méglumine (Glucantime®) en intramusculaire à la dose de 60mg/kg/j avec bonne évolution. La troisième présentait une contre indication. Il était alors traité par cryothérapie à raison de 2 séances par semaine. Le résultat esthétique était globalement acceptable.
Discussion |
La CL est une localisation exceptionnelle de LC. Ceci serait expliqué par le mouvement des lèvres qui empêcherait le vecteur de piquer la peau de cette région. Le diagnostic clinique peut être difficile quand la CL est isolée. Il est encore moins évident si la CL est à type de macrochéilite isolée homogène, diffuse, non ulcérée et très peu croûteuse comme s’était le cas de deux de nos patients. Le diagnostic de macrochéilite granulomateuse englobant une sarcoïdose, une maladie de Crohn, une tuberculose ou une macrochéilite de Mischer peut alors se poser. Cette difficulté diagnostique peut être responsable d’erreur et de retard diagnostiques. Chez 2 de nos patients les lésions évoluaient depuis plus de 6 mois.
Conclusion |
Il faut penser à une CL devant toute tuméfaction de la lèvre chaque fois que l’origine géographique l’oriente ou que la lésion ne fait pas sa preuve étiologique. Les complications infectieuses sont à redouter comme devant toute LC de la face. Le traitement par le glucantime par voie générale est justifié avec une bonne réponse et un résultat esthétique satisfaisant.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Chéilite leishmanienne, Leishmaniose, Macrochéilite
Plan
Vol 142 - N° 12S
P. S622-S623 - décembre 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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