Mucormycose sinusienne chez une patiente immunocompétente : à propos d’un cas et revue de la littérature - 20/03/16
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Résumé |
Introduction et objectifs |
Les mucormycoses sont des mycoses rares dues aux mucorales. Elles touchent surtout les patients immunodéprimés, notamment diabétiques, elles se voient également chez des patients immunocompétents donnant différents tableaux cliniques. Nous rapportons un cas de mucormycose du sinus maxillaire gauche survenu chez une patiente immunocompétente.
Matériel et méthodes |
F. H, âgée de 36ans s’est adressée au CHU d’Oran pour une sinusite du maxillaire gauche, évoluant depuis une année. Son état général est conservé, elle ne présente qu’une rhinorrhée claire unilatérale gauche. Elle a comme antécédents une rhinite allergique pour laquelle elle a reçu des corticoïdes locaux et la pose d’implant dentaire en regard du maxillaire gauche depuis un an. Le bilan biologique est normal avec une sérologie HIV négative. Le scanner objective une truffe aspergillaire, un comblement total du sinus maxillaire gauche avec un amincissement de la paroi. Un drainage du sinus est réalisé chez la patiente et le produit du drainage nous a été adressé. Le prélèvement, préalablement traité par un mucolytique, est soumis à l’examen direct à l’état frais, au grossissement ×40, suivi d’une mise en culture sur le milieu Sabouraud-chloramphénicol et Sabouraud–Actidione–chloramphénicol, répartis en trois tubes. Ces derniers sont incubés à deux températures (température ambiante, 37 ̊C) et observés quotidiennement.
Résultats |
L’examen direct montre la présence de filaments mycéliens épais non septés, ayant une ramification à angle droit. La pousse sur le milieu de Sabouraud–chloramphénicol sans Actidione est rapide dans tous les tubes. L’examen macroscopique révèle dès le deuxième jour d’incubation un aspect floconneux de la souche envahissant tout les tubes de culture dès la première semaine. La couleur des colonies est blanche au début devenant grise en vieillissant.
L’examen microscopique d’un fragment de colonies permet d’identifier le genre Rhizopus sp., sur la base de la présence des stolons, des rhizoïdes, des sporocystophores bruns bien différenciés, partants du nœud et un repliement en parapluie de la columelle sur le sporocystophore après rupture du sporocyste. Le résultat est remis au praticien qui opte pour un nettoyage chirurgical, suivi d’une surveillance clinico-radiologique. L’évolution est favorable à un an de recul.
Conclusion |
Il s’agit d’une mucormycose sinusienne maxillaire localisée non invasive, survenue chez une patiente immunocompétente après effraction dentaire en regard de la cavité sinusienne. L’évolution est favorable après nettoyage chirurgical sans recours aux antifongiques.
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Vol 26 - N° 1
P. 72-73 - mars 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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