AOD : prudence d’utilisation chez le sujet âgé ? À propos d’un cas et revue de la littérature - 08/04/16
, A.R. D’almeida b, M. Leclercq c, C. Carolet a, A.-A. Zulfiqar cRésumé |
Introduction |
Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont des médicaments récents, prescrits dans la prise en charge des fibrillations auriculaires non valvulaires. Mais leur généralisation sans surveillance engendre des effets indésirables dans les populations gériatriques.
Méthodes |
Nous illustrons cette thématique par un cas clinique.
Résultats |
Un patient de 91ans, aux antécédents de fibrillation auriculaire permanente anticoagulée par dabigatran, est adressé aux urgences pour une altération de l’état général accompagné de rectorragies de faible abondance. À l’examen clinique le patient est tachypnéique avec un murmure vésiculaire diminué aux deux bases ; une pneumopathie basale droite est diagnostiquée. Des hémorroïdes internes et externes sont constatées au toucher rectal. Le bilan biologique ne montre pas de déglobulisation mais une insuffisance rénale aiguë, d’allure fonctionnelle. Le bilan biologique est complété par un dosage des facteurs de coagulation VII et V, respectivement à 16 % (normale entre 30 et 200 %) et 25 % (normale entre 70 et 200 %) ; et un dosage spécifique de l’activité anti-IIa par le dabigatran, évalué à 426ng/mL. En tenant compte de l’heure de la dernière prise (environ 24h), le taux de dabigatran sanguin était 19,36 fois plus importante que la concentration résiduelle normale. Une prise en charge thérapeutique a été initiée (réhydratation parentérale, antibiothérapie) et un arrêt du dabigatran a été réalisé. Le patient hospitalisé, dans un service de médecine, n’a plus eu de rectorragies, et la fonction rénale s’est corrigée.
Conclusion |
Les patients ayant des atteintes rénales à des stades modérées doivent être surveillés de manière régulière afin d’éviter des complications hémorragiques cataclysmiques en lien avec un surdosage en anticoagulants oraux d’action directe. Leur utilisation chez le sujet âgé doit être la plus précautionneuse possible.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction |
Direct oral anticoagulants (DOA) are newer drugs prescribed in the treatment of non-valvular atrial fibrillation. But their generalization leads to undesirable effects in geriatric populations.
Methods |
We illustrate this theme by a clinical case.
Results |
A patient of 91 years, with a medical history of permanent atrial fibrillation treated by dabigatran, was addressed to the emergency unit for an alteration of the general state, accompanied by rectal bleeding. Clinical examination revealed a tachypneic patient with decreased breath sounds at both bases; a right basal pneumonia is found; internal and external haemorrhoids are found on rectal examination. Laboratory tests did not find any blood loss but acute renal failure with functional etiology. The biological assessment was completed by an assay of coagulation factors VII and V, respectively to 16% (normal between 30 and 200%) and 25% (normal between 70 and 200%) and a specific assay of anti-IIa activity by dabigatran estimated to 426ng/mL; taking into account the time of the last dose (about 24hours), blood dabigatran rate was 19.36 times higher than normal residual concentration. A therapeutic treatment was initiated (parenteral rehydration, antibiotics) and dabigatran has been stopped. The patient was hospitalized in a medical ward and has not presented rectal bleeding; renal function was also corrected.
Conclusion |
Patients with kidney damage in moderate stages should be monitored regularly to avoid cataclysmic bleeding complications due to an overdose of DOA. Their use in the elderly should be as cautious as possible.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : AOD, Sujets âgés, Insuffisance rénale aiguë, Déshydratation extracellulaire, Surdosage
Keywords : DOA, Elderly, Acute renal failure, Extracellular dehydration, Overdose
Plan
| ☆ | Cet article appartient à la série « Cardiologie ». |
Vol 28 - N° 1
P. 21-25 - mars 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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