Expositions professionnelles en agriculture et risque de cancer de la vessie : résultats de la cohorte Agrican - 02/06/16
, Severine Tual 2, Clementine Lemarchand 2, Anne-Valerie Guizard 3, Michel Velten 4, Elisabeth Marcotullio 5, Isabelle Baldi 6, Benedicte Clin 1, Pierre Lebailly 2Résumé |
Contexte et objectif |
Il existe peu de données de la littérature sur le risque de cancer de la vessie en lien avec l’exposition à différentes activités agricoles. Or, les agriculteurs peuvent être (ou avoir été) professionnellement exposés à des cancérogènes vésicaux (par exemple l’arsenic, utilisé par le passé en France, comme pesticide). Notre étude avait pour objectif d’étudier les associations entre plusieurs activités et tâches agricoles, et le risque de cancer de la vessie.
Matériels et méthodes |
L’étude a été réalisée au sein de la cohorte AGRIculture et CANcers, importante cohorte prospective française de sujets affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA). Les cas de cancer de la vessie ont été identifiés par croisement avec les registres de cancers, à partir de leur entrée dans la cohorte (2005–2007) jusqu’au 31 décembre 2009. Les données sur les expositions agricoles (5 élevages, 13 cultures et 2 à 5 tâches par secteur) étaient recueillies par le questionnaire d’inclusion. L’analyse statistique a utilisé un modèle de Cox, ajusté sur le sexe et le tabagisme.
Résultats |
Parmi les 148 051 agriculteurs inclus, 179 cas incidents de cancer de la vessie ont été identifiés. Le risque de cancer de la vessie était augmenté pour la culture de légumes en plein champ (HR=1,89, IC95 % [1,20–2,99]), avec une relation durée-effet (≥30ans : HR=2,54, IC95 % [1,11–5,83], p-tendance=0,02) et une interaction avec le sexe (HR=4,22 chez les femmes, IC95 % [1,72–10,40], p-interaction=0,05). Des risques augmentés existaient pour les cultures sous serres (HR=1,95, IC95 % [0,95–4,01]), les semis de pois (HR=1,84, IC95 % [0,93–3,64]), les semis de betterave (HR=1,64, IC95 % [0,92–2,94]), plusieurs tâches impliquant l’utilisation de pesticides, en particulier le traitement de semences (HR=1,24, IC95 % [0,77–1,99]) et les activités et tâches potentiellement exposantes à l’arsenic, par application directe de pesticides (HR=1,49, IC95 % [0,81–2,76]) ou par les tâches de ré-entrée (HR=1,63, IC95 % [0,79–3,39]).
Conclusions |
Notre étude soulève la question d’un lien entre cancer de la vessie et certaines cultures (légumes en plein champ et sous-serres) ou tâches (semis de pois et de betteraves), pour lesquelles d’autres analyses sont nécessaires pour identifier les nuisances à risque. Nous avons aussi produit des résultats suggérant une élévation non significative de risque de ce cancer suite à l’exposition aux pesticides arsenicaux, par leur utilisation ou le contact avec les végétaux traités.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Agriculture, Cancer de la vessie, Pesticides, Expositions professionnelles
Plan
Vol 77 - N° 3
P. 497 - juin 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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