La spirantisation des consonnes occlusives chez les parkinsoniens - 02/03/08
J. Locco
Voir les affiliationsIntroduction. Pour les parkinsoniens dysarthriques la rééducation orthophonique entre dans les programmes d’amélioration des conditions de vie du patient. Mais comment la dysarthrie est-elle décrite dans la littérature ?
Objectifs. Cette étude traite de la réalité phonétique de la production de parole parkinsonienne. Elle a pour objectifs de remettre en question certaines descriptions basées sur des données de nature perceptive.
Méthodes. Nous voulions vérifier l’existence du phénomène de spirantisation (une occlusive devient une fricative) chez les parkinsoniens dysarthriques. 10 parkinsoniens participaient à notre étude, 5 sous traitement pharmacologique L-Dopa et 5 stimulés par électrode sous-thalamique. Ils produisaient une série de dissyllabes/apa/, /aba/, /ipi/, /ibi/ dont nous enregistrions les données acoustique et aérodynamique (débit et pression d’air buccal). Une phonéticienne effectuait une transcription phonétique et nous procédions à une description acoustique et aérodynamique de ces réalisations.
Résultats. Le traitement n’avait pas d’effet mesurable sur l’intelligibilité des consonnes au travers de ce test. Les scores d’indentification étaient plus élevés pour /p/ que pour/b/. Aucune perturbation ne concernait le trait de voisement. Les occlusives tendaient à être perçues comme des fricatives bilabiales ou des fricatives labio-dentales. Les analyses acoustiques et aérodynamiques décrivaient une fuite d’air pendant la tenue de l’occlusive et un problème de synchronisation des gestes articulatoires au relâchement de l’occlusion.
Discussion. La transcription phonétique reflète les difficultés articulatoires rencontrées par les parkinsoniens qui ont tendance à produire des fricatives. Cependant les occlusives cibles conservent leur lieu d’articulation et sont réalisées comme des fricatives qui ne font pas partie du système phonologique du français. L’occlusion est réalisée de façon partielle et/ou inconstante et affecte le trait de continuité de l’occlusive cible.
Conclusion. Les parkinsoniens présentent un problème de coordination des gestes articulatoires et/ou un dysfonctionnement de la dynamique respiratoire. Notre étude montre que le phénomène de spirantisation n’apparaît pas dans la dysarthrie parkinsonienne.
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Vol 163 - N° SUP4
P. 163-164 - avril 2007 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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