Évaluation d'une intervention multiple pour implanter des recommandations nationales : le cas de la contention physique passive en gériatrie - 02/03/08
I. Vedel [1 et 2],
L. Lechowski [3],
M. De Stampa [3],
P. Aegerter [4],
I. Simon [1 et 2],
V. Pedrono [1 et 2],
C. Lazarovici [1 et 2],
C. Mauriat [1 et 2],
J. Ankri [1 et 2],
B. Cassou [1 et 2]
Voir les affiliations| pages | 8 |
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Résumé |
Position du problème |
Il existe un intérêt croissant pour la production de recommandations. L'Agence nationale de l'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes) a publié des recommandations pour un meilleur usage des contentions physiques chez la personne âgée en octobre 2000, car cette pratique est couramment répandue en milieu gériatrique alors qu'elle comporte des risques. Mais ces recommandations ne sont pas appliquées. Une intervention multiple visant à améliorer leur application a été menée au sein d'un hôpital gériatrique parisien et évaluée par une étude épidémiologique.
Méthodes |
L'intervention comportait la diffusion de matériels éducatifs, d'une fiche de prescription spécifique et des formations. L'implantation des recommandations a été évaluée grâce à une étude de type série chronologique en trois points (avant l'intervention, juste après et un an après l'intervention) sur trois échantillons indépendants représentatifs de la population hospitalisée : étude de l'application des recommandations à partir d'indicateurs recueillis dans les dossiers des patients et observation du statut des patients hospitalisés en termes de contention.
Résultats |
Il existe une amélioration de l'application des cinq recommandations après l'intervention : le taux de prescription des contentions mises initialement de 8,7 %, est de 57,4 % un an après la fin de l'intervention, de même l'inscription du motif des contentions mises augmente de 3,5 à 35,3 % un an après la fin de l'intervention. Trois autres recommandations non appliquées initialement (discussion bénéfice/risque, surveillance des contentions et information des patients), le sont dans 19 à 34 % des cas un an après l'intervention. Malgré une meilleure application de ces recommandations, la prévalence de la contention reste stable aux trois temps (environ 70 %). Cette divergence de résultat peut s'expliquer, d'une part, par les caractéristiques des recommandations, plus ou moins concrètes et précises, d'autre part, par la complexité de la pratique concernée, la pratique routinière et le mythe de son efficacité solidement ancrés, et enfin, par les modalités de l'intervention.
Conclusion |
L'intervention multiple a permis d'implanter des recommandations nationales sans pour autant avoir d'impact sur le recours à la contention. Une nouvelle intervention davantage axée sur les alternatives à la contention permettra de compléter ce travail.
Abstract |
Background |
There is a growing interest in developing guidelines. The French Agency for accreditation and Evaluation (Anaes) published in October 2000 guidelines on the use of restraint in geriatric care settings because in spite of the risks this practice remains widespread in that type of care setting. A multifaceted intervention was conducted in a Parisian geriatric hospital in order to improve the implementation of the published guidelines. An epidemiological study was conducted to assess the outcomes of this intervention.
Methods |
The intervention consisted in distributing educational materials and a specific prescription sheet, and in staff training sessions. A time series study was used to assess outcomes. The three time points were: before the intervention, just after the end of the intervention and one year later. Two dimensions were studied: implementation of the guidelines using markers collected from patients' charts and restraining practices noted in an observational study of hospitalized patients.
Results |
The results of the study suggest that five recommendations were followed better: restraint prescription (8.7 to 57.4%), writing in the patient chart the reasons for restraining (3.5 to 35.3%), follow-up prescription, assessment of potential benefits and risks for the patient and patient information (0% to 19–34%). Nevertheless, the prevalence of restraint and of devices employed (around 70%) remained unchanged after the intervention. The various outcomes of the intervention might be explained by the guidelines themselves, which were variably practical or precise. Moreover, the effect of certain factors directly related with the use of restraint, a routine practice strongly supported by myths about its efficacy, as well as factors related to intervention design may merely have prevented any decrease in the use of restraint practices.
Conclusion |
Multifaceted intervention can favour implementation of certain national guidelines such as prescribing restraint, but can also fail in stimulating the implementation of others such as decreasing the prevalence of restraint in geriatric practice. Therefore the next intervention should emphasize alternatives to physical restraint practices.
Mots clés :
Recommandations
,
Contention physique
,
Pratiques professionnelles
,
Évaluation
,
Gériatrie
Keywords: Guidelines , Physical restraint , Professional practices , Assessment , Geriatric care
Plan
© 2006 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 55 - N° 2
P. 79-86 - avril 2007 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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