Évaluation du risque d’insuffisance rénale aiguë après une CHIP au cisplatine et identification de facteurs favorisants - 20/09/16
, D. Bazin-Kara 2, A. El Aatmani 1, M.A. Metten 3, J.B. Delhorme 4, B. Gourieux 1, C. Brigand 4Résumé |
Introduction |
Les néphropathies induites par le cisplatine sont bien décrites mais peu dans le contexte de chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP). L’objectif est d’évaluer le risque d’insuffisance rénale aiguë (IRA) après une CHIP au cisplatine et d’identifier les facteurs favorisants.
Patients et méthodes |
Étude rétrospective sur une cohorte de 60 patients ayant bénéficié d’une première CHIP au cisplatine entre juin 2006 et juin 2014. Le débit de filtration glomérulaire (DFG) pré- et postopératoire a été estimé par la formule MDRD adaptée à la technique de dosage de la créatinine sérique. La survenue d’une altération de la fonction rénale (AFR) a été définie selon les critères RIFLE. Des marqueurs de toxicité tubulaire ont également été recueillis.
Résultats |
Une AFR est observée chez 25 patients (41,7 %), dont 8 (13,3 %) en IRA. À 3mois, 10 patients (16,7 %) ont présenté une insuffisance rénale (IR) chronique et 3 (5,0 %) une IR terminale. Le sepsis (p<0,01), les antécédents cardiovasculaires (p=0,08), l’hypertension artérielle (p=0,07), l’utilisation d’antibiotiques à potentiel néphrotoxique (p=0,02), la dénutrition (p<0,01) et l’hypoalbuminénie préopératoire (p<0,01) sont associés à la survenue d’une AFR mais le type de sel de platine, le nombre de cures antérieures et l’envahissement péritonéal ne le sont pas. La survenue d’une AFR augmente la durée d’hospitalisation (p<0,01) mais ne modifie pas la survie. La classification du DFG préopératoire n’est pas modifiée par le MDRD désindexé de la surface corporelle.
Discussion |
Dans la seule étude évaluant l’impact d’une CHIP au cisplatine mené par Mohammed Breakeit et al. [1] sur 53 patients, une IRA a été observée chez 3,8 % des patients. Cette moindre incidence peut s’expliquer par un protocole d’hydratation à base d’albumine, séquestrant le cisplatine plasmatique, par une incidence plus faible de sepsis et de recours aux antibiotiques à potentiel néphrotoxique.
Conclusion |
La CHIP au cisplatine expose au risque d’IRA (13,3 %). Pour diminuer le risque de néphrotoxicité, il semble intéressant d’évaluer plus précisément la fonction rénale et tubulaire préopératoire, de réviser le protocole d’hydratation et d’éviter les antibiotiques à potentiel néphrotoxique. Une étude avec dosage plasmatique du cisplatine permettrait de connaître sa pharmacocinétique au cours des CHIP.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 12 - N° 5
P. 343-344 - septembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
