Ce nourrisson est-il maltraité ? - 23/11/16
Résumé |
Introduction |
La syphilis congénitale résulte d’une transmission verticale de Treponema pallidum pendant la grossesse ou l’accouchement. Elle est rare mais doit rester présente à l’esprit du clinicien, d’autant que l’incidence de la syphilis est en augmentation depuis 2005.
Observation |
Un nourrisson de 4 semaines, de sexe féminin, était admis aux urgences pédiatriques pour une altération de l’état général, une fébricule, une éruption cutanée et une impotence des membres supérieurs. Elle était née au poids de 2700g à l’issue d’une grossesse de 40 SA, non-suivie sur le plan médical. À l’examen, l’enfant était algique et on notait une éruption papuleuse érythémateuse palmo-plantaire, du visage et du siège (Fig1 a, b, c). Des radiographies des membres supérieurs montraient des lésions interprétées initialement comme des fractures distales de l’humérus et de l’ulna droits et de l’humérus gauche faisant évoquer un syndrome de Silverman, d’autant qu’un complément d’examens radiographiques montrait des lésions métaphysaires distales des deux fémurs et proximales des deux tibias. Une échographie abdominale montrait une hépatomégalie modérée avec flèche hépatique de 7,2cm. Le diagnostic de syphilis congénitale était, cependant, suspecté devant l’extension des lésions cutanées et la présence d’un syndrome inflammatoire biologique avec une hyperleucocytose à 19 600/mm3 et une CRP à 102mg/L. La syphilis était confirmée par la sérologie, des IgM anti T. Pallidum en western blot, la mise en évidence de tréponème sur la biopsie cutanée par immunohistochimie et PCR (Fig. 2 a, b). Le LCR était normal avec un VDRL et une PCR négatifs. Un traitement par pénicilline G 50 000 UI/kg/8heures IV pendant 14jours a été réalisé avec une évolution favorable et une diminution du VDRL de 256 à 128 en un mois. Les sérologies de sa mère étaient en faveur d’une syphilis latente avec un TPHA positif et un VDRL positif à 8 sans IgM détectables. Elle était traitée par trois injections IM de 2,4 mU de pénicilline G.
Discussion |
La syphilis congénitale peut se compliquer de perte fœtale, de décès néonatal précoce et de séquelles graves neurologiques, ophtalmiques ou auditives chez les enfants survivants. Son incidence suit celle de la syphilis en général, avec une diminution dans les années 1990 et une réascension depuis 2005 en Europe et aux États-Unis. Entre 2012 et 2015, le CNR a eu à expertiser 32 suspicions de syphilis congénitale, avec 9 cas confirmés par PCR. Le passage transplacentaire survient le plus souvent à partir de 16 SA, justifiant l’intérêt du dépistage systématique et du traitement au premier trimestre, qui réduit de 90 % le risque de mortalité périnatale. Newman et al. estimaient que seulement 70 % des femmes enceintes en Europe étaient correctement dépistées et traitées.
Conclusion |
Les dermatologues et les pédiatres doivent être sensibilisés à la réascension de la syphilis congénitale et doivent savoir évoquer le diagnostic devant des lésions cutanées suspectes avec atteinte osseuse.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Maltraitance, Syphilis congénitale, Treponema pallidum
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.004. |
Vol 143 - N° 12S
P. S290 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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