Syndrome de Grzybowski - 23/11/16
Résumé |
Introduction |
M. Grzybowski décrit en 1950 une forme exceptionnelle de kératoacanthomes (KA) éruptifs multiples généralisés ou GEKA (Generalized Eruptive Keratoacanthoma), dont une trentaine de cas ont été rapportés depuis.
Observations |
Un homme de 50 ans consultait pour une éruption papuleuse diffuse et prurigineuse. Il avait été opéré 2 ans plus tôt d’un KA rétro-auriculaire récidivant. L’examen physique retrouvait : (1) des micropapules de 1 à 3mm, couleur chair, prurigineuses, photo-distribuées, parfois linéaires (Koebner) et réalisant sur la face un aspect de surcharge avec infiltration finement squameuse des paupières et du front, (2) d’innombrables papules folliculaires prédominant au tronc et aux membres, (3) des nodules de 5 à 10mm kératosiques, avec un aspect plus typique de KA, (4) des lésions nodulaires des paumes, kératosiques ou pseudo-kystiques, (5) une atteinte maculopapuleuse de la lèvre inférieure. L’histologie réalisée sur des lésions différentes était compatible avec un KA. Le diagnostic de GEKA était retenu. Le bilan éliminait une immunosuppression ou une néoplasie sous-jacente ; la recherche d’HPV par PCR était négative. Malgré de multiples traitements (acitrétine, méthotrexate, cétuximab, bexarotène, cyclophosphamide, cimétidine, cisplatine, 5-FU, alitrétinoïne) l’évolution était inéluctable notamment au niveau de la face avec constitution d’un aspect scléreux avec microstomie et ectropion majeur bilatéral dont le traitement chirurgical était réfuté (Fig. 1).
Discussion |
Notre revue de la littérature a colligé 34 cas associant de façon stéréotypée, début brutal, atteinte diffuse, innombrables lésions folliculaires, lésions nodulaires, histologie de KA et absence d’antécédents familiaux. La gravité est liée à l’atteinte palpébrale qui peut justifier d’une chirurgie précoce. Les rétinoïdes, en première intention et au long cours, sont probablement le traitement de choix. La présence chez notre patient d’une kératose folliculaire diffuse et d’une hyperkératose mamelonnaire proches de celles observées au cours de traitement par inhibiteur de BRAF (iBRAF) nous a fait réaliser une recherche d’activation de la voie ERK par western blot, sur extraits protéiques de peau totale obtenus à partir de biopsies cutanées du patient (1 : KA ; 2 : kératose pilaire ; 3 : peau saine) et d’un sujet témoin (T). L’activation paradoxale sous iBRAF de la voie des MAPK, avec hyperexpression de ERK phosphorylée est responsable des tumeurs kératinocytaires. Chez notre patient, cette hyperexpression était retrouvée en peau lésée et en peau saine sans surexpression du récepteur tyrosine-kinase, suggérant une activation constitutionnelle de la voie des MAPK (Fig. 2). Un traitement par MEK-inhibiteur (cobimétinib) a été débuté mais a dû être arrêté après 3 semaines en raison de la survenue d’une hémorragie méningée.
Conclusion |
L’exploration de la voie des MAPK dans le GEKA pourrait aider à la compréhension des mécanismes en cause et ouvrir des options thérapeutiques nouvelles comme les anti-MEK.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Syndrome de Grzybowski, Kératoacanthomes, MEK-inhibiteur
Plan
| ☆ | Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.004. |
Vol 143 - N° 12S
P. S383 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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