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Évaluation des perceptions des patients psychiatriques médico-légaux auprès de professionnels de santé travaillant en santé mentale - 05/12/16

Doi : 10.1016/j.amp.2015.11.012 
Xavier Saloppé a, b, c, d, Benjamin Thiry e, h, Ronald Clavie f, Louis de Page g, Angélique Dugauquier f, Isaac Senyoni h, Hoang Thierry Pham a, , i
a Centre de recherche en défense sociale (CRDS), 94, rue Despars, 7500 Tournai, Belgique 
b Services psychiatriques, hôpital Saint-Amand-les-Eaux, 59230 Saint-Amand-les-Eaux, France 
c SCALab, CNRS UMR 9193, 59650 Villeneuve d’Ascq, France 
d Université de Lille, 59650 Villeneuve d’Ascq, France 
e Service psychosocial, prison de Forest, 52, avenue de la Jonction, 1190 Vorst, Belgique 
f Centre neuropsychiatrique Saint-Martin, 84, rue Saint-Hubert, 5100 Namur, Belgique 
g Centre hospitalier Jean-Titeca ASBL (Schaerbeek), 11, rue de la Luzerne, 1030 Schaerbeek, Belgique 
h Clinique psychiatrique, Vivalia La Clairière, 100, route des Ardoisières, 6880 Bertrix, Belgique 
i Mons, Belgique 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectifs

L’évaluation de la perception des professionnels de santé est nécessaire au regard de l’évolution de la politique des soins des patients internés favorisant leur intégration dans la société et dans le dispositif de soins classiques. Les stigmates peuvent avoir des conséquences dommageables quant à l’accompagnement des patients psychiatriques et médico-légaux autant pour les patients que pour les soignants. Cette étude, unique en Europe francophone, vise donc à étudier la perception des professionnels de santé quant à la notion de dangerosité/risque de ces patients, de la spécificité et l’intensité de leur suivi, leur réceptivité aux soins prodigués et enfin, la perception concernant leur stigmatisation.

Méthode

Deux cents professionnels de santé exerçant ou pas auprès de patients internés ont répondu à un questionnaire internet élaboré par nos soins et reprenant l’ensemble des domaines évoqués ci-dessus. L’âge moyen des répondants est de 40,26ans (écart-type=10,41) et s’étend de 20 à 87 ans. Les variables « type d’institution » (institution accueillant uniquement des patients médico-légaux/institution n’accueillant pas exclusivement des patients médico-légaux), « Fonction principale » (prestataires de services psycho-médico-sociaux qui sont continuellement en contact direct avec les patients/gestionnaires et coordonnateurs des services psycho-médico-sociaux sans contact direct avec les patients) et « sexe » ont été créées à des fins de comparaison de groupe.

Résultats

Dans l’ensemble, les professionnels de santé ne sont plutôt pas d’accord, voire pas du tout d’accord avec le fait que les patients médico-légaux enfreignent plus les règles institutionnelles, soient plus agressifs ou violents, présentent plus de symptômes comparativement aux patients non médico-légaux. La moitié des professionnels de santé perçoivent les patients médico-légaux comme nécessitant un suivi plus intensif avec des moyens spécifiques. Par ailleurs, moins de 50 % estiment nécessaire de diversifier les interventions, les trouvent difficiles à gérer dans l’unité de soin, opposants et moins réceptifs aux soins. Pour la majorité des soignants, l’obligation de soins est utile. La majorité des répondants perçoivent les patients internés comme étant plus stigmatisés comparativement aux autres patients. Par ailleurs, selon la variable « type d’institution », les professionnels de santé exerçant au sein d’une institution médico-légale considèrent que les patients médico-légaux sont plus stigmatisés comparativement aux patients non médico-légaux. Par ailleurs, ils les perçoivent comme nécessitant davantage de moyens spécifiques, présentant davantage de symptômes, étant moins réceptifs au traitement, enfreignant plus les règles institutionnelles et étant plus violents ou agressifs comparativement aux patients non médico-légaux. Le fait d’être en contact ou pas avec la patientèle médico-légale ne semble pas modifier leur perception. En revanche, les résultats mettent en évidence un effet de genre. En effet, les hommes perçoivent l’obligation de soin des patients médico-légaux comme étant plus utile au traitement et aussi plus efficace comparativement aux femmes. Ensuite, les hommes pensent que les patients médico-légaux sont plus difficiles à gérer au sein de l’unité de soin, enfreignent plus souvent les règles, sont moins réceptifs au traitement, s’opposent plus souvent au suivi et nécessitent plus de moyens comparativement aux répondantes. Enfin, les hommes ont tendance à les percevoir comme étant plus agressifs comparativement aux patients non médico-légaux. Enfin, les répondants plus jeunes perçoivent les patients internés comme étant davantage stigmatisés.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Objectives

The evaluation of the perception of health professionals is necessary in view of the changing political care of forensic patients to ensure their integration in society and in the conventional care system. Stigma can have damaging consequences for the accompanying psychiatric and forensic patients for both patients and health professionals. This study is unique in French-speaking region and aims to study the perception of health professionals regarding the concept of danger/risk for these patients, specificity and intensity of monitoring, their responsiveness to patient care and finally the perception about stigmatization.

Methods

Two hundred health professionals practicing or not to forensic patients responded to an Internet questionnaire developed by us and covering all the domains mentioned above. The average age of respondents was 40.26 years (SD=10.41, range: 20 to 87). The variable “type of institution” (institution welcoming exclusively forensic patients/institution doesn’t welcoming exclusively forensic patients), “principal function” (psychological, medical and social service providers who are continually in contact with patients/managers and coordinators of psychological, medical and social services without direct contact with patients) and “sex” have been created in group comparisons.

Results

Overall, health professionals are likely to disagree if at all agree with the fact that forensic patients break more institutional rules, be more aggressive or violent, have more symptoms than non-medical patients legal. Half of health professionals perceive forensic patients as needing more intensive care with specific ways. Furthermore, less than 50 % consider it necessary to diversify the interventions, perceive as difficult to manage in the care unit, opposite of care and less receptive to care. For most health professionals, obligation of treatment is helpful. The majority of respondents perceive forensic patients stigmatized as compared to other patients. According to the variable “type of institution”, health professionals working in a forensic institution consider that forensic patients are more stigmatized than no forensic patients. Moreover, they perceive them as requiring more specific ways, have more symptoms, less responsive to treatment, more break institutional rules and more violent and aggressive than no forensic patients. Being in contact or not with forensic patient not seem to change their perception. For cons, the results show a gender effect. Indeed, men perceive the obligation of treatment for forensic patients as being more useful and efficient compared to women. Then, the men think that forensic patients are more difficult to manage in the care unit, often violate the rules, are less receptive to treatment, oppose more often to care as compared to women. Finally, men perceive them as being more aggressive compared to no-forensic patients. Finally, the younger respondents perceive forensic patients as more stigmatized.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Belgique, Dangerosité, Obligation de soins, Professionnel de santé, Psychiatrie médico-légale, Représentation sociale, Stigmatisation

Keywords : Belgium, Dangerousness, Duty of care, Forensic psychiatry, Health professionals, Social representation, Stigma


Plan


 Cette recherche a été réalisée avec le soutien du Ministère de la Région Wallonne, Santé Affaires Sociales et Égalité des Chances. Contact : xavier.saloppe@crds.be. 0032.69.64.65.70. CRDS, 94, rue Despars, 7500 Tournai, Belgique (www.crds.be/). Les auteurs remercient l’ensemble des participants et des membres du Groupe de Travail Circuit de Soins Internés (GTCSI) pour leur collaboration.


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Vol 174 - N° 10

P. 825-831 - décembre 2016 Retour au numéro
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