Adéquation aux recommandations nutritionnelles : un facteur protecteur vis-à-vis des symptômes dépressifs chroniques ou récurrents dans la cohorte française SU.VI.MAX - 10/02/17
, K. Assmann 1, ⁎, V. Andreeva 1, C. Lemogne 2, 3, 4, S. Hercberg 1, 5, P. Galan 1, E. Kesse-Guyot 1Résumé |
Introduction et but de l’étude |
Plusieurs études ont suggéré une association inverse entre qualité nutritionnelle du régime alimentaire et risques de dépression, qui est une cause majeure d’incapacité dans le monde. Nous avons étudié l’effet d’une meilleure adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises, mesurée par le Programme national nutrition santé-Guideline Score (PNNS-GS), vis-à-vis des symptômes dépressifs chroniques ou récurrents (SDR).
Matériel et méthodes |
Cette relation a été investiguée au sein de la cohorte Supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants (SU.VI.MAX) sur les participants ayant les données alimentaires nécessaires au calcul du PNNS-GS à leur entrée dans la cohorte (1994–1996), ainsi que les données sur la Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale (CES-D) à l’entrée et à la fin de SU.VI.MAX (2007–2009) (n=3328). Le PNNS-GS comprend 12 composantes alimentaires et 1 composante activité physique, et un PNNS-GS élevé signifie une bonne adéquation aux recommandations nutritionnelles. Les SDR ont été définis par une CES-D≥16 à l’entrée et à la fin de l’étude. Les odds ratios (OR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été estimés pour les différents quartiles (Q) du PNNS-GS et du mPNNS-GS (modified Programme National Nutrition Santé-Guideline Score, sans composante activité physique), et en utilisant les scores en continu (OR pour chaque point de score en plus), par des modèles de régression logistique. Les mêmes modèles ont été testés sur des scores PNNS-GS modifiés en retirant séquentiellement chacune des 13 composantes du score, afin d’investiguer si certaines composantes étaient responsables de l’effet observé.
Résultats et analyse statistique |
Dans notre étude, 10,1 % des participants (n=335) avaient des SDR, avec une prévalence plus forte chez les femmes. Après ajustement sur les différents facteurs de confusion potentiels, une relation inverse a été établie entre le PNNS-GS et les SDR, avec une tendance linéaire : OR Q4 vs Q1=0,42 (IC à 95 % : 0,29, 0,60 ; P de tendance<0,0001) ; OR par point supplémentaire de score=0,86 (IC à 95 % : 0,80, 0,92 ; p<0,0001). La même relation a été observée entre le mPNNS-GS et les SDR. L’analyse des 13 scores modifiés a révélé que la relation inverse entre scores PNNS-GS et SDR était toujours significative quelle que soit la composante manquante, avec des ORs par point supplémentaire de score tous significativement<1 (p<0,01).
Conclusion |
Dans cette étude prospective, une meilleure adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises était associée à un plus faible taux de SDR, et cette relation était due à la qualité globale de l’alimentation plus qu’à certaines catégories d’aliments, ou à l’activité physique. Cela suggère que ces recommandations sont pertinentes non seulement dans le but d’éviter les maladies chroniques liées à la nutrition, mais également en considérant le bien-être physique et mental en général. Cependant, d’autres études prospectives sont à effectuer afin d’établir la causalité de cette relation, qui est fortement bidirectionnelle.
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Vol 31 - N° 1
P. 64 - février 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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