Incompatibilités médicamenteuses physico-chimiques en unités de soins intensifs : état des lieux et mise en place de mesures préventives - 22/03/17
, A. Faudel 1, L. Sarfati 1, G. Iroir 2, C. Rioufol 1, 3, A. Lepape 2, S. Parat 1Résumé |
Introduction et objectifs |
Les incompatibilités physico-chimiques médicamenteuses (IPCM), particulièrement dans les unités de soins intensifs (USI) où l’administration concomitante de plusieurs médicaments par voie intraveineuse (IV) est une pratique courante, constituent un risque avéré d’évènement indésirable dans la prise en charge médicamenteuse du patient. L’objectif de cette étude est d’évaluer la fréquence des IPCM en USI, de déterminer les médicaments les plus souvent impliqués et de mettre en place des mesures d’amélioration pour limiter leur survenue.
Méthodes |
Une étude observationnelle prospective a été réalisée sur 3 mois dans l’USI de l’hôpital Lyon Sud (France). Tous les patients hospitalisés plus de 24heures et pour lesquels au moins 2 médicaments IV étaient prescrits ont été inclus. Pour chaque patient ont été relevés : les médicaments IV administrés, les heures et durées d’administration et la lumière de la voie veineuse utilisée (distale/médiane/proximale). Après identification des paires médicamenteuses, une recherche des IPCM et l’identification des pH de chaque molécule a été réalisée grâce à divers outils et bases des données existantes (Theriaque®, Trissel's Handbook, Stabilis®…).
Résultats |
Cinquante patients ont été inclus et 189 paires de médicaments, impliquant 84 médicaments différents, ont été identifiées. La fréquence des IPCM était de 12 % (23 paires sur 189). La voie distale était concernée par 70 % des IPCM. Un médicament sur 2 impliqué dans les IPCM était un anti-infectieux. Pantoprazole (30 %), midazolam (26 %) et hémisuccinate d’hydrocortisone (22 %) étaient les plus fréquemment retrouvés dans les IPCM. La paire incompatible la plus fréquente (16 %) était hémisuccinate d’hydrocortisone et midazolam. Au total, 78 % des IPCM concernaient des médicaments à pH extrêmes : 43 % un médicament acide seul, 31 % un médicament basique seul et 4 % une association acide-base.
Discussion et conclusions |
Au vu des résultats, des mesures préventives ont été mises en place : un code couleur identifiant les médicaments à pH extrêmes dans l’armoire à pharmacie, une sensibilisation des équipes soignantes et médicales sur les médicaments les plus souvent concernés et la mise à disposition d’outils pour prévenir et identifier les IPCM (schémas séquentiels d’administration et tableaux de compatibilités adaptés aux médicaments). L’impact des mesures mises en place fera l’objet d’une prochaine étude visant à diminuer la fréquence des IPCM en USI. Les IPCM pourraient être prévenues par divers moyens impliquant la participation du pharmacien.
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Vol 52 - N° 1
P. e18 - mars 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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