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On vous demande, sachez répondre - 01/04/17

Doi : 10.1016/j.actpha.2017.02.002 
Caroline Radan a,  : Docteur en pharmacie, Élodie Vigne b : Docteur en pharmacie
a 11 rue Deguison, 23000 Guéret, France 
b Rue Lusigny de la Guéronnière, 19470 Le Lonzac, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Cette rubrique, “questions de comptoir”, est conçue pour vous apporter des éléments de réponse éclairée face aux multiples questions que vous posent quotidiennement vos patients au comptoir de l’officine, dans le vaste domaine de la santé.

Contraception orale et oubli de prise

Cela fait plusieurs fois que j’oublie ma pilule. Comment y penser chaque jour à heure régulière ?

La réponse du pharmacien
Penser à prendre sa pilule contraceptive à heure fixe est très important pour une efficacité optimale. Il est possible d’associer le moment de la prise à des gestes quotidiens simples : le café du matin ou l’infusion du soir, en déposant la pilule à côté de la tasse ; le brossage des dents, en la plaçant à côté du dentifrice ; le maquillage ou le démaquillage, en la conservant près de sa trousse. Il convient toutefois de bien garder la plaquette hors de portée des enfants.
Une autre solution consiste à programmer une alarme sur son téléphone portable ou à utiliser une application dont certaines gèrent même les décalages horaires liés aux voyages. Il est important de conserver dans son sac à main une plaquette d’avance et son ordonnance pour gérer les imprévus et se faire délivrer sa pilule dans n’importe quelle pharmacie en France. Enfin, si les oublis s’avèrent trop fréquents, il convient d’envisager avec son gynécologue ou sa sage-femme une contraception moins contraignante comme le dispositif intra-utérin (DIU), l’implant, l’anneau ou le patch contraceptif.

Injections d’insuline

J’ai un diabète de type 2 et le médecin m’a prescrit de l’insuline. Comment s’utilise-t-elle ?

La réponse du pharmacien
Les différents types d’insuline ne s’injectent pas au même endroit [1] : les lentes dans les cuisses et le haut des fesses, les intermédiaires au niveau des bras et les rapides préférentiellement sur le ventre. Une injection superficielle provoque une libération retardée et celle réalisée dans le muscle une libération accélérée. Idéalement, l’insuline s’injecte dans le tissu sous-cutané profond, à côté d’un muscle. Il est tentant de choisir une aiguille courte mais la dose risque alors de ne pas être entièrement administrée. Avant l’injection, une peau souillée doit être lavée avec de l’eau savonneuse, puis séchée. Il n’est pas nécessaire d’utiliser de l’éthanol mais, le cas échéant, le patient doit respecter le temps de séchage du produit pour éviter toute injection de micro-organismes et d’alcool. La forme stylo jetable facilite le processus. L’aiguille ne doit être utilisée qu’une seule fois, avant d’être placée dans une boîte à déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri). Enfin, la rotation des sites d’administration est importante afin d’éviter les lipodystrophies. Les patients ayant un diabète de type 2 insulino-requérant ne doivent souvent réaliser qu’une injection quotidienne. Ils peuvent l’effectuer dans une même zone (abdomen ou cuisse) mais doivent observer une rotation en quadrant, dans le sens des aiguilles d’une montre (deux sites sur chaque cuisse), et respecter, entre chaque zone d’injection, un espace d’au moins 1 cm.
[1] Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et des innovations thérapeutiques (Omédit). Bon Usage des insulines et de leurs stylos. module_administration_insuline_4.html

Efficacité et conservation des antiseptiques

Existe-t’il un antiseptique efficace qui reste actif longtemps après ouverture ?

La réponse du pharmacien
Les antiseptiques ne sont pas à l’abri d’être contaminés par des germes même si leur fonction est de lutter contre eux. Précisons auparavant que toute blessure doit être lavée avec de l’eau savonneuse avant application de désinfectant car les matières organiques (sang, sérum, protéine, etc.) peuvent diminuer leur efficacité. Pour avoir une idée de leur conservation, il faut se reporter aux notices d’utilisation présentes dans le conditionnement. L’activité de l’hexamidine (Hexomédine®) a l’avantage de ne pas être inhibée par le pus et les matières protéiques. Elle peut être conservée longtemps dans de bonnes conditions. En revanche, l’Hexomédine® transcutanée peut l’être seulement 15 jours après ouverture du flacon et cinq jours lorsque la partie traitée est directement plongée dans le flacon. Ces deux produits sont efficaces sur les bactéries et les levures. La povidone iodée (Bétadine®) a une bonne action antiseptique sur les bactéries et les Candida albicans. Elle se conserve six mois après ouverture. Il faut savoir que des applications répétées ne sont pas conseillées car elles peuvent engendrer une dysthyroïdie. La chlorhexidine (Biseptine®) est bactéricide mais moyennement virucide. La conservation après ouverture est de trois ans pour le flacon de 25 mL et de deux ans pour le flacon pressurisé de 100 mL. L’éthanol est encore souvent utilisé en tant qu’antiseptique même si cela n’est pas pertinent car il est légèrement bactéricide, virucide et fongicide ; en revanche, il est très actif contre Mycobacterium tuberculosis. L’efficacité de l’éthanol, à 70̊ mais surtout 90̊, diminue lorsqu’il est appliqué sur une plaie car il provoque une sortie de lymphe qu’il dégrade. Il présente un autre inconvénient, celui de dénaturer les protéines ; il est donc plus agressif et corrosif qu’un autre antiseptique. De plus, il est très volatil lorsqu’il est appliqué sur la peau, ce qui pénalise son action puisqu’une durée de contact d’au moins deux minutes avec les germes est nécessaire pour qu’ils soient détruits.

Radiothérapie et aromathérapie

Je vais avoir des séances de rayons et une amie m’a dit que les brûlures risquaient d’être importantes. Existe-t-il des produits pour limiter les effets indésirables de la radiothérapie ?

La réponse du pharmacien
La radiothérapie a énormément évolué mais même en irradiant une zone ciblée, il y a toujours des dommages collatéraux sur les cellules saines environnantes, ce qui engendre des effets secondaires. Bien sûr, ces effets varient en fonction de la zone irradiée, de la dose de rayons administrée, des individus, etc. Le plus commun d’entre eux est la radiodermite qui entraîne, quand elle est aiguë, un érythème œdématié, en général prurigineux. Une desquamation sèche et des sensations de brûlure peuvent également survenir. La plupart du temps, ce type de réaction ne laisse pas de cicatrice. Quand l’épiderme est détruit et le derme suintant, la radiodermite est dite “exsudative”. À ce stade, la cicatrisation est lente et peut laisser des séquelles. Enfin, elle est qualifiée de “chronique” lorsque les lésions ne cicatrisent pas correctement, avec apparition d’atrophie, de télangiectasies, de dyschromie, etc. Dans le pire des cas, cette réaction peut même entraîner un risque de cancer second cutané.
L’huile essentielle (HE) de Niaouli peut être une alliée intéressante car elle est radioprotectrice, cicatrisante et anti-inflammatoire [1]. Elle est déconseillée pour les personnes ayant ou ayant eu un cancer hormono-dépendant car elle possède une action estrogen-like. L’HE d’Arbre à thé est aussi radioprotectrice, cicatrisante et n’a pas d’activité hormon-like. Le patient doit mélanger deux gouttes d’HE de Niaouli et/ou deux gouttes d’Arbre à thé dans 5 mL d’huile végétale (amande douce…). Les oncologues conseillent de ne rien appliquer avant une radiothérapie. Par conséquent, les HE ne sont à utiliser qu’après la séance, puis trois heures après. L’application peut être renouvelée trois fois par jour jusqu’à amélioration.
[1] Giraud-Robert AM. L’huile essentielle de Niaouli (Melaleuca quinquenervia) dans la prévention des radiodermites du cancer du sein. Phytothérapie. 2004;3:72-6.

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Vol 56 - N° 565

P. 11-12 - avril 2017 Retour au numéro
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