Tomodensitométrie colique dans le bilan d’anémie ferriprive - 15/11/17
Résumé |
Introduction |
L’anémie ferriprive chez les femmes ménopausées et les hommes doit conduire à des explorations digestives ; cependant, chez des patients fragiles, et particulièrement en médecine interne, la réalisation d’une coloscopie sous anesthésie générale est souvent difficile. Nous avons voulu faire l’état des lieux de la pratique des explorations coliques tomodensitométriques (coloscanner) dans le bilan des carences martiales.
Matériels et méthodes |
Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique pendant 2ans entre janvier 2013 et décembre 2014 au CHU de Clermont-Ferrand. Tous les patients ayant eu une exploration colique tomodensitométrique pour bilan d’anémie ferriprive pendant cette période ont été inclus. Les données biologiques initiales, les comorbidités et le résultat de l’examen radiologique ont été recueillis, ainsi que le devenir des patients dans l’année suivant l’examen.
Résultats |
Cent cinquante-six patients ont bénéficié d’un coloscanner sur la période étudiée, dont 74 (47,4 %) pour bilan d’anémie ferriprive. Parmi les patients avec carence martiale, la majorité était des femmes (59,5 %), l’âge moyen était de 77ans, plus élevé que pour les autres indications (65,5ans, p<0,001) et la présence d’une cardiopathie était également plus fréquente (60,5 % contre 25,6 %, p<0,001). Le coloscanner a été demandé pour échec d’une coloscopie antérieure dans 21 cas (28,4 %). L’hémoglobine moyenne au diagnostic était de 9,1g/dl et la ferritinémie moyenne de 25μg/L. La distension colique était suffisante pour l’interprétation chez 62 (84 %) patients. Ont été mis en évidence : une diverticulose isolée pour 21 patients (28,4 %), des polypes pour 9 patients (12,2 %), des masses ou épaississements d’allure tumorale chez 8 patients (10,8 %), confirmés ultérieurement chez 7 d’entre eux. Chez les 21 patients ayant eu un échec de coloscopie antérieure, le coloscanner a permis le diagnostic d’un cancer. Aucune complication n’a été rapportée au décours de l’ensemble de ces examens. Dans l’année suivant l’exploration digestive, 33 (45 %) patients ont été hospitalisés (dont seulement 6 [8 %] pour récidive d’anémie ou hémorragie digestive), 7 patients sont décédés et aucun diagnostique de cancer n’a été fait a posteriori. L’hémoglobine à 1 an avait augmenté de 2,5g/dl en moyenne.
Conclusion |
Les patients nécessitant une exploration colique pour anémie ferriprive sont des patients âgés ayant, pour la majorité d’entre eux, une cardiopathie. Le coloscanner est une alternative fiable et peu invasive pour la recherche de cancer chez ces patients, permettant ainsi de sélectionner ceux pour qui le bénéfice d’une coloscopie classique devient supérieur au risque de l’anesthésie générale.
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Vol 37 - N° S2
P. A104 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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