Tuberculose et maladies systémiques - 15/11/17
Résumé |
Introduction |
La tuberculose représente encore au Maroc un problème de santé publique. Son incidence est en augmentation chez les patients immunodéprimés que ce soit par infection VIH ou par traitement immunodépresseur. Chez les patients atteints de maladies systémiques (MS), l’infection tuberculeuse pose souvent des difficultés diagnostique en raison des modes de présentations cliniques particuliers qui peuvent mimer une poussée de la maladie et des complications des traitement antibacillaires par le billet des interactions médicamenteuses. Nous nous proposons d’étudier la prévalence et analyser les modes de présentations cliniques, biologiques, évolutifs, ainsi que les facteurs associés à l’infection tuberculeuse chez les patients atteints de maladies systémiques.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective d’une série de 258 malades suivis dans le service de médecine interne pour une maladie systémique entre décembre 2010 et décembre 2014. Les critères d’inclusions étaient : les patients ayant une tuberculose associée à une maladie systémique. La tuberculose était confirmée par l’étude bactériologique ou par la présence d’une lésion évocatrice de tuberculose sur une biopsie tissulaire (caséum et/au granulome gigantocellulaire) avec ou sans positivité bactériologique ou/et une clinique évocatrice avec traitement antibacillaire efficace. Les résultats ont été analysés en modèle univarié.
Résultats |
Quinze patients (8 hommes, 7 femmes), dont l’âge moyen était de 36 ans [25–57] ont vu leur maladie systémique se compliquer d’une tuberculose. Sept patients étaient suivis pour une maladie systémique, et traités par la prednisone dans six cas et par immunosuppresseurs dans six cas (azathioprine dans 4 cas, méthotrexate dans 2 cas). Le délai entre le début du traitement et la survenue de l’infection tuberculeuse était de 23 mois. Chez 8 patients, l’infection tuberculeuse était révélatrice de la maladie systémique. Le diagnostic était confirmé par la bactériologie seule chez 4 patients, par l’histologie seule chez 4 patients, par la bactériologie et l’histologie chez 2 patients et par un traitement d’épreuve efficace chez 4 patients. Le Quantiféron positif avait permis le diagnostic d’une tuberculose latente dans un cas. Huit (57 %) patients avaient une tuberculose pulmonaire et 6 (43 %) patients avaient une forme extrapulmonaire (3 ganglionnaire, une colique, une cutanée et une pleurale). Une patiente a présenté un syndrome d’activation macrophagique révélateur d’un lupus systémique compliqué d’une néphropathie classe IV. Les maladies associées à la tuberculose étaient : le lupus dans 6 cas, une maladie de Behçet dans 3 cas, une sarcoïdose dans 2 cas, une spondylarthrite ankylosante dans 2 cas, une sclérodermie dans un cas et une scléromyosite dans un cas. Sous traitement antibacillaire. L’évolution était constamment favorable sans séquelles. Les paramètres significativement associés au risque de tuberculose au cours des MS étaient le sexe masculin (p=0,037), la fièvre (p=0,012), les sueurs nocturnes (p=0,014), la baisse de la pression artérielle systolique (p=0,042), un taux de lymphocytes≤500E/mm3 (p=0,021) et l’augmentation des valeurs de l’ASAT et de la GG, p=0,047, p=0,005, respectivement.
Conclusion |
La prévalence de la TB au cours des MS est élevée dans notre série, et dominés par les formes pulmonaires. Les principaux facteurs de risque identifiés dans notre étude étaient le sexe masculin, la fièvre, la lymphopénie et l’augmentation de l’ASAT et de la GGT.
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Vol 37 - N° S2
P. A217 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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