Conséquence de la hauteur de la coupe osseuse tibiale sur la laxité du genou dans le plan frontal : étude biomécanique cadavérique - 23/11/17
Consequences of tibial cutting height in the frontal laxity: A biomechanical cadaveric study
, Adrien Peltier, Romain Gaillard, Laurence Cheze, Elvire Servien, Philippe Neyret, Sebastien LustigRésumé |
Introduction |
Lors de la réalisation d’une prothèse totale de genou (PTG), plusieurs coupes osseuses sont nécessaires notamment au niveau du plateau tibial. L’influence de la hauteur de la coupe tibiale agit directement sur l’espace en flexion et en extension du genou. Nous avons analysé la laxité dans le plan frontal en fonction de la hauteur de la coupe tibiale, en extension et à différents degrés de flexion sur un genou cadavérique.
Matériel et méthodes |
Onze genoux cadavériques, conservés dans du bromopol, ont été inclus. Les critères d’exclusion étaient un antécédent de chirurgie du genou, une raideur en extension, un morphotype en varus ou valgus supérieur à trois travers de doigt, laxité frontale à l’examen clinique et chondropathie stade 4 à l’incision. Nous avons réalisé une arthrotomie transquadricipitale para-patellaire interne. Nous avons utilisé comme système de navigation amplitude « Amplivision », recalibré pour chaque cas, (précision<1mm pour les mesures de longueurs et<1° pour les mesures d’angles) afin de réaliser les coupes osseuses, et mesurer les laxités. Un crochet interne et externe a été fixé 25cm en dessous de l’interligne articulaire par deux vis bicorticales pour mesurer respectivement la laxité en varus et valgus. Un dynamomètre « KERN CH50 K50 », recalibré à chaque utilisation, était utilisé pour exercer les forces en varus/valgus, de façon orthogonale au tibia. Une première coupe tibiale a été faite à 6mm en dessous du plateau tibial externe. Puis, nous avons réalisé des coupes à 10, 14, 18 et 24mm. Nous avons mesuré la laxité frontale en varus et valgus en appliquant un moment de 10Nm. Ce paramètre a été mesuré à 0°, 30°, 60° et 90° de flexion, en plaçant un « spacer » entre le tibia réséqué et le fémur dont l’épaisseur correspond à la hauteur de coupe réalisée.
Résultats |
En extension, la laxité en valgus n’était pas influencée par la hauteur de coupe. En revanche, la laxité en valgus mesurée au degré de flexion 30, 60 et 90 était significativement augmentée de façon proportionnelle à la hauteur de coupe tibiale dont les coefficients de détermination de Spearman étaient respectivement de 0,213 (p<0,0001), 0,204 (p<0,001) et 0,268 (p<0,0001). La laxité en varus était plus importante que la laxité en valgus sans pour autant montrer une influence significative de la hauteur de coupe à n’importe quel degré de flexion.
Conclusion |
Cette étude montre une augmentation significative de la laxité en valgus en fonction de la hauteur de coupe tibiale à partir de 30° de flexion mettant en évidence des lésions ligamentaires interne tel que le ligament collatéral médial profond. Par conséquent, lorsqu’une coupe tibiale basse doit être réalisée, supérieure à 14mm (cas post-traumatique, reprise PTG), des prothèses à contraintes plus importantes devraient être envisagées.
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Vol 103 - N° 7S
P. S27 - novembre 2017 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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