La main catatonique - 27/03/18
Résumé |
Parmi les troubles du mouvement la catatonie est classée dans les hypokinésies bien qu’elle s’accompagne souvent de dyskinésies ou de parakinésies. Les contours sémiologiques sont variables mais centrés sur un noyau clinique comportemental et moteur. Actuellement elle a un statut syndromique autonome. L’étiologie peut être d’origine psychiatrique, organique ou iatrogène. De nombreux symptômes s’associent sans trouble de la conscience : l’adynamie et la stupeur, le mutisme, le refus actif du contact verbal et non verbal, le maintien postural de repos en des postures plus ou moins expressives et inadaptées avec maniérisme, compliance excessive, maintien des attitudes imposées lors de la mobilisation passive des membres, notamment supérieurs et au niveau des mains comme dans nos cas cliniques. Peuvent s’associer des phénomènes d’écho (échopraxie, échomimie, écholalie), une rigidité, une verbigération, un repli sur soi, un refus alimentaire. Des mouvements anormaux sont souvent présents, lents, stéréotypés s’apparentant aux mouvements carphologiques. Des troubles neurovégétatifs sont possibles. L’association de trois ou quatre de ces symptômes, selon que l’on souhaite favoriser la sensibilité ou la spécificité, permet d’établir le diagnostic avec une bonne fiabilité. La physiopathologie mettrait en cause un dysfonctionnement dopaminergique central. Les troubles de l’humeur constituent le cadre nosographique le plus fréquent des syndromes catatoniques. Les causes organiques représentent 10 % à 65 % des étiologies suivant les séries. Dans les catatonies organiques, trois étiologies peuvent être retenues : les causes neurologiques (épilepsie, tumeurs, traumatismes, syndromes parkinsoniens, infections, maladies inflammatoires notamment les encéphalites limbiques auto-immunes), les causes métaboliques, les causes toxiques ou iatrogènes s’apparentant au syndrome malin des neuroleptiques. La catatonie létale en est une forme clinique caractérisée par une obnubilation de la conscience, une agitation psychomotrice intense, diurne et nocturne, une insomnie totale, des perturbations somatiques sévères. La catatonie est donc l’association simultanée chez un même patient de troubles moteurs apparentés à un syndrome parkinsonien, de troubles thymiques atypiques, de troubles du comportement de type frontal. La prise en charge symptomatique du syndrome catatonique, autrefois létal, repose sur l’administration de benzodiazépines ou sur l’électroconvulsivothérapie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Encéphalites, Mouvements anormaux, Catatonie
Plan
Vol 174 - N° S1
P. S172 - avril 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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