Utilisation des inhibiteurs de checkpoints chez les greffés rénaux - 17/09/18

Doi : 10.1016/j.nephro.2018.07.371 
M. Lesouhaitier 1, , C. Dudreuilh 2, M. Tamain 3, N. Kanaan 4, E. Bailly 5, D. Legoupil 6, C. Deltombe 7, P. Perrin 8, R. Houot 9, C. Vigneau 1
1 Service de néphrologie, CHU Rennes, Rennes, France 
2 Service de néphrologie et de transplantation rénale, groupe hospitaliser Henri Mondor, Créteil, France 
3 Service de néphrologie, CHU Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France 
4 Service de néphrologie, cliniques universitaires Saint-Luc, université catholique de Louvain, Bruxelles, Belgique 
5 Service de néphrologie et de transplantation rénale, CHU Tours, Tours, France 
6 Service de dermatologie, hôpital Morvan, CHU Brest, Brest, France 
7 Service de néphrologie et de transplantation rénale, CHU Nantes, Nantes, France 
8 Service de néphrologie et de transplantation rénale, CHU Strasbourg, Strasbourg, France 
9 Service d’hématologie, CHU Rennes, Rennes, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les Inhibiteurs de checkpoints (ICP) ont révolutionné le traitement de plusieurs cancers (mélanome, lymphomes, cancer pulmonaire). Cependant, les essais cliniques ayant conduit à leur utilisation en pratique clinique ont toujours exclu les patients greffés d’organe solide devant le risque de rejet. Néanmoins, les patients greffés ont un risque accru de développer un cancer à cause des traitements immunosuppresseurs et des infections à virus oncogènes. Il existe quelques cas cliniques d’utilisation des ICP chez les patients greffés rénaux avec un taux de rejet bas (4 patients sur 9) [1]. Devant le potentiel biais de publication des cas cliniques, nous avons recensé l’ensemble des patients greffés rénaux traités par ICP en France et en Belgique afin de d’évaluer les effets des ICP chez cette population.

Patients/Matériels et méthodes

Ont été inclus les patients greffés rénaux traité par ICP avec une survie du patient et/ou du greffon d’au moins 8jours après le début du traitement. Les centres de transplantation rénale ont été contactés pour recenser les différents cas et le CRF a été rempli par le néphrologue et/ou l’oncologue référent.

Observation/Résultats

Nous avons identifié 7 patients en France et en Belgique. Ces patients ont été traité par un anticorps anti-CTLA4 (n=1) ou anti-PD1/PD-L1 (n=6) pour un mélanome (n=4), un carcinome pulmonaire (n=2) ou un carcinome à cellules de Merckel (n=1). Après l’utilisation du ICP, 3 patients ont présenté un rejet, en moyenne 2 mois après la première utilisation. Tous ces rejets ont été traités par bolus de corticoïdes et arrêt de l’ICP, 2 patients ont finalement perdu leur greffon avec retour en dialyse. Tous les patients n’ayant pas fait de rejet (n=4) avaient une corticothérapie au moment de l’utilisation du ICP contrairement aux autres. Finalement, la réponse oncologique est faible (n=1) et 5 patients sont décédés de la progression tumorale.

Discussion

Notre série est la première concernant l’utilisation des ICP chez les greffés rénaux. Le taux de rejet est assez bas (43 %) avec un possible effet protecteur de la corticothérapie. En associant les observations de notre série avec les autres cas cliniques publiés, on observe qu’aucun patient traité par un anti-CTLA4 n’a présenté de rejet (n=4) contrairement aux patients (58 %, n=7/12) traité par un anti-PD1/PD-L (seul ou en association à un anti-CTLA4).

Conclusion

Des registres prospectifs et/ou des études cliniques sont nécessaires afin d’évaluer le rapport bénéfice/risque de l’utilisation des ICP chez ces patients.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 14 - N° 5

P. 414-415 - septembre 2018 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Désensibilisation par immunoadsorption chez des patients hautement sensibilisés en attente d’une transplantation rénale de donneur décédé
  • C. Bureau, P. Galichon, Y. Luque, N. Ouali, E. Rondeau, C. Rafat
| Article suivant Article suivant
  • Infarctus splénique révélant une primo-infection à cytomégalovirus (CMV) chez une transplantée rénale : à propos d’un nouveau cas. Revue de la littérature
  • J.-P. Coindre, C. Boud’hors, S. Wacrenier, R. Crochette, F. Cinquantini, M. Coude, G. Piccoli

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.

Déjà abonné à cette revue ?

Elsevier s'engage à rendre ses eBooks accessibles et à se conformer aux lois applicables. Compte tenu de notre vaste bibliothèque de titres, il existe des cas où rendre un livre électronique entièrement accessible présente des défis uniques et l'inclusion de fonctionnalités complètes pourrait transformer sa nature au point de ne plus servir son objectif principal ou d'entraîner un fardeau disproportionné pour l'éditeur. Par conséquent, l'accessibilité de cet eBook peut être limitée. Voir plus

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.


Tout le contenu de ce site: Copyright © 2026 Elsevier, ses concédants de licence et ses contributeurs. Tout les droits sont réservés, y compris ceux relatifs à l'exploration de textes et de données, a la formation en IA et aux technologies similaires. Pour tout contenu en libre accès, les conditions de licence Creative Commons s'appliquent.