Utilisation des inhibiteurs de checkpoints chez les greffés rénaux - 17/09/18
, C. Dudreuilh 2, M. Tamain 3, N. Kanaan 4, E. Bailly 5, D. Legoupil 6, C. Deltombe 7, P. Perrin 8, R. Houot 9, C. Vigneau 1Résumé |
Introduction |
Les Inhibiteurs de checkpoints (ICP) ont révolutionné le traitement de plusieurs cancers (mélanome, lymphomes, cancer pulmonaire). Cependant, les essais cliniques ayant conduit à leur utilisation en pratique clinique ont toujours exclu les patients greffés d’organe solide devant le risque de rejet. Néanmoins, les patients greffés ont un risque accru de développer un cancer à cause des traitements immunosuppresseurs et des infections à virus oncogènes. Il existe quelques cas cliniques d’utilisation des ICP chez les patients greffés rénaux avec un taux de rejet bas (4 patients sur 9) [1]. Devant le potentiel biais de publication des cas cliniques, nous avons recensé l’ensemble des patients greffés rénaux traités par ICP en France et en Belgique afin de d’évaluer les effets des ICP chez cette population.
Patients/Matériels et méthodes |
Ont été inclus les patients greffés rénaux traité par ICP avec une survie du patient et/ou du greffon d’au moins 8jours après le début du traitement. Les centres de transplantation rénale ont été contactés pour recenser les différents cas et le CRF a été rempli par le néphrologue et/ou l’oncologue référent.
Observation/Résultats |
Nous avons identifié 7 patients en France et en Belgique. Ces patients ont été traité par un anticorps anti-CTLA4 (n=1) ou anti-PD1/PD-L1 (n=6) pour un mélanome (n=4), un carcinome pulmonaire (n=2) ou un carcinome à cellules de Merckel (n=1). Après l’utilisation du ICP, 3 patients ont présenté un rejet, en moyenne 2 mois après la première utilisation. Tous ces rejets ont été traités par bolus de corticoïdes et arrêt de l’ICP, 2 patients ont finalement perdu leur greffon avec retour en dialyse. Tous les patients n’ayant pas fait de rejet (n=4) avaient une corticothérapie au moment de l’utilisation du ICP contrairement aux autres. Finalement, la réponse oncologique est faible (n=1) et 5 patients sont décédés de la progression tumorale.
Discussion |
Notre série est la première concernant l’utilisation des ICP chez les greffés rénaux. Le taux de rejet est assez bas (43 %) avec un possible effet protecteur de la corticothérapie. En associant les observations de notre série avec les autres cas cliniques publiés, on observe qu’aucun patient traité par un anti-CTLA4 n’a présenté de rejet (n=4) contrairement aux patients (58 %, n=7/12) traité par un anti-PD1/PD-L (seul ou en association à un anti-CTLA4).
Conclusion |
Des registres prospectifs et/ou des études cliniques sont nécessaires afin d’évaluer le rapport bénéfice/risque de l’utilisation des ICP chez ces patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 14 - N° 5
P. 414-415 - septembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
