Utilisation des pseudo-observations dynamiques pour estimer l’effet de l’aspirine sur le risque du cancer : étude à partir des bases de données médico-administratives françaises - 14/02/19
, Y. De Rycke a, M. Dalichampt b, D. Messika-Zeitoun c, J.-S. Hulot d, C. Estellat a, F. Tubach aRésumé |
Introduction |
L’aspirine à faible dose, a émergé depuis quelques décennies comme un des médicaments les plus prometteurs dans la prévention du cancer. Cependant, son effet protecteur sur le cancer n’est pas encore établi en raison de nombreux résultats discordants, des données limitées des essais randomisés et des limites méthodologiques des études observationnelles notamment le biais d’immortalité et le risque compétitif lié au décès. Ainsi l’objectif de cette étude était d’évaluer l’effet de l’aspirine sur le risque du cancer en appliquant un modèle dynamique permettant de tenir en compte du risque compétitif lié au décès sans cancer en présence de variables dépendantes du temps.
Méthodes |
Étude de cohorte historique avec un suivi du 01/01/2006 au 31/12/2015 à partir des données de l’échantillon généraliste des bénéficiaires, échantillon au 1/97e du Système national des données de santé. Au total, 111 025 personnes âgées de 50 à 80 ans au début de l’étude, sans cancer prévalent, ni dispensation prévalente d’aspirine en 2005 ont été inclus. Ces individus ont été suivis jusqu’au premier évènement parmi un cancer incident (l’évènement d’intérêt), un décès sans cancer (l’évènement compétitif), une sortie de l’EGB ou la fin de l’étude. L’exposition à l’aspirine était définie par une proportion de jour couvert (PDC)>=0,5 sur 12 mois consécutifs. Nous avons appliqué la méthode des pseudo-observations dynamiques pour estimer l’effet de l’aspirine sur le risque du cancer à 10 ans.
Résultats |
L’aspirine était associée à une réduction du risque de cancer à 10 ans (Hasard de Sous-Répartition SHR 0,81 [IC95 % 0,77–0,86]) avec un bénéfice supplémentaire pour chaque année supplémentaire de prise d’aspirine. L’aspirine était également associée à une réduction significative du risque du cancer de la prostate à 10 ans (0,79 [0,71–0,88]) et non significative du risque du cancer du sein à 10 ans (0,82 [0,54–1,26]).
Discussion/Conclusion |
Il s’agit de la première étude à démontrer un effet protecteur de l’aspirine à faible dose sur le risque du cancer en tenant en compte des principales limites méthodologiques des études antérieures.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Pharmaco-épidémiologie, Pseudo-observations dynamiques, Bases de données médico-administratives françaises, Aspirine, Incidence du cancer
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Vol 67 - N° S2
P. S91 - mars 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
