Utilisation du ferinject en cardiologie : analyse des pratiques professionnelles - 28/02/19
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Résumé |
Introduction |
Le carboxymaltose ferrique (CMF) est une des formes injectables du fer. La posologie est calculée en fonction du poids et du taux d’hémoglobine, et la dose totale doit être administrée en 2 injections à une semaine d’intervalle si elle est supérieure à 1g. Il est indiqué dans l’anémie par carence martiale, qui est une affection courante chez l’insuffisant cardiaque (IC) associé ou non à une anémie. Le CMF réduit les symptômes, en particulier la dyspnée, et les hospitalisations tant en nombre qu’en fréquence. Les recommandations de l’European Society of Cardiology (ESC) préconisent du CMF lorsqu’une ferritine sérique est inférieure à 100μg/L ou entre 100 et 299μg/L avec un coefficient de saturation de la transferrine inférieur à 20 %. La consommation de CMF ayant fortement augmenté ces dernières années, avec un coût non négligeable, l’AP–HP a décidé de créer un groupe de travail afin d’éditer de nouvelles recommandations. Ce travail a pour but de réaliser une évaluation des pratiques professionnelles dans les services de cardiologie de notre hôpital.
Matériels et méthode |
Une étude rétrospective a été menée du 1er janvier à fin juillet 2018 sur l’ensemble des prescriptions de CMF dans les 6 unités de cardiologie. Les données suivantes ont été récoltées à partir des dossiers médicaux informatisés : sexe, poids, hémoglobine, présence d’une IC, bilan martial, chirurgie, posologie et dose administrée de CMF. Les patients sans dossier médical informatisé ont été exclus.
Résultats et discussion |
Au total 193 patients, tous présentant une anémie, ont reçu du CMF(sex-ratio :1,56) : 92 patients IC, 38 une carence martiale, 45 en post-opératoire, 18 sans indications. Concernant les patients IC 57 avaient une carence martiale et 29 aucun bilan ferrique préalablement réalisés (31,5 %). La principale indication des patients non IC était la chirurgie (44,6 %).
Concernant la prescription de CMF 43,5 % des patients ont reçu la dose totale et ce taux passe à 15,8 % pour les patients devant recevoir une dose supérieure à 1g. Les patients non IC mais ayant eu une chirurgie ont le plus haut taux d’administration de seconde dose avec 35,5 % (n=22/45).
Conclusion |
Cette étude a mis en évidence un important mésusage du CMF. Le complément d’administration pour les doses de plus de 1g n’est pas souvent réalisé. Diverses causes sont possibles : la sortie précoce du patient, une remontée rapide de l’hémoglobine.
Aussi 9 % des patients ont reçu du CMF sans indication et 31,5 % des patients IC n’ont pas eu de bilan martial, ce qui ne suit pas les recommandations de l’ESC. A noter nombreux sont les patients qui ont été opérés pour lequel on peut penser que des transfusions ont été réalisées. Or une injection de CMF pourrait conduire à une surcharge en fer.
Ces différents points seront à rediscuter avec les prescripteurs au cours du groupe de travail.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Insuffisance cardiaque, Carence martiale, Fer injectable
Plan
Vol 54 - N° 1
P. 86-87 - mars 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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